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Quelques points clés à retenir concernant « victoire pour Donald Trump et agonie de la liberté d’expression ? ».
À retenir
Capture Instagram @colbertlateshow
Le « Late Show » de Stephen Colbert, programme phare de la télé américaine, disparaît ce jeudi 21 mai 2026
• L’annulation de l’émission intervient après un règlement financier entre CBS et Trump, et soulève des questions sur l’influence du président sur les médias.
• La situation de Colbert n’est pas isolée, d’autres médias et journalistes font face à des pressions similaires, menaçant la liberté d’expression
Le rideau tombe. Après quasiment 11 ans d’existence, le Late Show tire sa révérence. Ce jeudi 21 mai, Stephen Colbert va présenter sa toute dernière émission sur CBS, un peu moins d’un an après l’annonce de l’annulation de ce programme phare de la télé américaine. Cette décision, motivée pour des raisons financières par la chaîne, avait profondément réjoui Donald Trump. Et pour cause, il en serait en partie à l’origine.
Le 18 juillet dernier, Stephen Colbert annonce sur son plateau que son émission va prendre fin. Dans un communiqué publié dans la foulée, la direction exécutive de CBS, à savoir George Cheeks, Amy Reisenbach, et David Stapf affirme que cette annulation du Late Show n’est « liée d’aucune manière que ce soit aux performances de l’émission, ni à son contenu, ou à ce qu’il se passe chez Paramount ».
Pourtant, le timing interroge : cette annulation intervient deux semaines seulement après que Paramount, maison mère de CBS, a versé 16 millions de dollars à la future bibliothèque présidentielle pour solder un contentieux judiciaire avec Donald Trump. Le Président accusait la chaîne d’avoir édité une entrevue de Kamala Harris pour la valoriser. Stephen Colbert, connu pour ne jamais avoir retenu ses coups contre le républicain, avait qualifié à l’antenne ce versement de « super gros pot-de-vin ».
Le droit à l’information remis en question
Donald Trump, de son côté, ne s’est pas privé de jubiler à l’annonce de la fin de ce talk-show de fin de soirée emblématique, après toutes ces années de vannes répétées à son encontre. « J’adore le élément que (Stephen) Colbert ait été viré. Son talent était encore inférieur à son audience ». Une satisfaction qui a même poussé Donald Trump à menacer directement Jimmy Fallon et Jimmy Kimmel, présentateurs du The Tonight Show et du Jimmy Kimmel Live !, deux autres programmes phare de la fin de soirée. « Le prochain sera Jimmy Kimmel, encore moins talentueux, puis Jimmy Fallon, faible et très peu sûr de lui », avait-il publié sur son réseau Truth Social. « La seule vraie question est : qui sera le premier à partir ? ».
Si l’annonce de la fin du Late Show secoue une partie des Américains, c’est qu’elle est symptomatique d’un problème plus large : celui d’une montée en puissance de la censure et d’une menace de plus en plus grandissante sur la liberté d’expression.
Mi-février, Colbert devait diffuser une interview de l’homme politique texan James Talarico, étoile montante du parti démocrate. La veille, la diffusion de l’interview a été annulée par la chaîne, et Stephen Colbert a affirmé que cela émanait de menaces émises par Brendan Carr, président de la Federal Communications Commission (FCC), équivalent de l’Arcom. Officiellement pour CBS, un problème de pluralisme à l’antenne qui pourrait être reproché. Officieusement pour Colbert, un ordre venu de la Maison Blanche.
Les talk-shows ciblés par Trump
Comme le rappelle Atlantico, la FCC fermait jusque-là les yeux sur les invités des late shows en raison de la règle « bona fide news » sur la liberté de la presse. En 2006, l’un des pères des late shows, Jay Leno, avait obtenu que son plateau entre dans ce cadre de droit à l’information, ce qui s’était tacitement étendu aux autres émissions du genre.
La FCC aurait, semble-t-il, révisé sa copie depuis l’arrivée de Brendan Carr, proche de Trump à sa tête. Et Stephen Colbert n’est pas le seul à en faire les frais. Le talk-show féminin The View est aussi dans le viseur. L’émission présentée notamment par Whoopi Goldberg et diffusée sur ABC est « investiguée » par la FCC depuis plusieurs mois, et soupçonnée là encore de ne pas respecter le pluralisme.
Donald Trump cible lui-même souvent le programme diffusé sur ABC, et ses voix, traitant par exemple de « dégoûtante et sale » l’actrice de Sister Act comme le rappelle IMDB. Pour cause, les animatrices n’hésitent pas en plateau à critiquer ouvertement la politique, les actions, les propos du président américain et par exemple sa précieuse salle de bal. Whoopi Goldberg a d’ailleurs droit à sa propre page sur le site de la Maison Blanche dans l’onglet « Medias Offenders », comprenez, les personnalités médiatiques, journaux et émissions qui « offensent » le président.
Difficile de ne pas non plus évoquer la pression mise sur Jimmy Kimmel en septembre. Suite à l’assassinat de Charlie Kirk, l’animateur du Jimmy Kimmel Live ! avait été suspendu une semaine durant, accusé d’avoir fait de la récupération avec la mort de l’activiste MAGA. Des centaines de personnalités avaient dit leur colère publiquement, des milliers d’anonymes s’étaient désabonnés de Disney+, qui détient ABC.
La liberté de la presse en question
Le phénomène dépasse d’ailleurs le cadre des talk-shows. Autre exemple s’il en est : le licenciement en février dernier d’un tiers des journalistes du Washington Post détenu par Jeff Bezos, proche de Trump. Cette annonce avait suscité un émoi dans le monde entier et déclenché une vague de soutien, en raison du symbole de que représente le « WaPo », journal dans les colonnes duquel a notamment été révélé le scandale du Watergate. Beaucoup avaient à cette occasion détourné la célèbre devise du journal « Democracy Dies in Darkness – La démocratie meurt dans les ténèbres ».
Même chose chez CBS News rachetée début 2025 par Paramount, propriété de Larry Ellison, un autre milliardaire de la tech proche de Trump. La ligne éditoriale a basculé, et la censure assumée : un reportage sur la prison CECOT du Salvador où atterrissent des migrants expulsés des États-Unis a été retiré de l’antenne (et finalement diffusé des semaines plus tard). Le même Paramount qui vient de s’offrir Warner Bros et par la même occasion HBO Max, Discovery+, TNT et la chaîne d’information CNN.
Finir en beauté
La liberté d’expression est, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en sursis. Le « cas Colbert » n’est donc pas isolé, même s’il est parmi les plus médiatisés. Et ça, l’animateur l’a bien compris et capitalise dessus depuis l’annonce de son départ.
Venu avec son CV imprimé en géant sur la scène des Emmy Awards, il multiplie depuis les happenings pour dénoncer son éviction. Dernier exemple en date le 18 mai : il est monté en haut des locaux de CBS en compagnie de David Letterman, prédécesseur de Colbert à la présentation du late show. Ensemble, ils ont jeté depuis le toit des meubles de l’émission, sur une cible représentant le logo de la chaîne.
Pour soutenir leur confrère, Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel et Steh Meyers ont tous les trois annoncé qu’ils ne seraient pas en direct le 21 mai, et que leurs chaînes respectives rediffuseraient à la place d’anciennes émissions. Une solidarité qui s’était déjà exprimée quelques jours après l’annonce de l’annulation, Jimmy Fallon, Jon Stewart ou encore Andy Cohen étaient venus sur le plateau du Late Show en signe de protestation contre cette décision.
Pour sa dernière émission, Stephen Colbert a prévu du lourd, et notamment une performance de Bruce Springsteen, voix ouvertement anti-Trump s’il en est. Un départ avec force et fracas donc, mais un départ quand même. Et un signal d’alarme qui résonne très fort aux États-Unis, venant égratigner un peu plus la liberté d’expression pourtant inscrite dans le 1er amendement de la Constitution.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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