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21 mai 2026entre ombre et lumière, le sort des femmes transgenres au Népal révélé dans un film à suspense – franceinfo
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Un résumé rapide de « entre ombre et lumière, le sort des femmes transgenres au Népal révélé dans un film à suspense – franceinfo » selon notre rédaction.
À retenir absolument
C’est la première fois qu’un long-métrage népalais est présenté à Cannes en sélection Un certain regard. Un choc esthétique et culturel bienvenu et une grande fierté pour le réalisateur Abinash Bikram Shah. Ses comédiennes ont dansé leur joie lors de la séance photos.
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Temps de lecture : 4min
Présenté le mercredi 20 mai, Les Eléphants dans la brume est le premier film népalais à concourir à Cannes dans la sélection Un certain regard. Une reconnaissance pour ce petit pays d’environ 30 millions d’habitants. Enclavé entre l’Inde et le Tibet, le Népal abrite une soixantaine d’ethnies différentes et concentre les sommets les plus élevés de la chaîne de l’Himalaya, dont le mythique Everest.
Avant la projection, l’équipe du film est arrivée en chantant à la traditionnelle séance photo autour du réalisateur Abinash Bikram Shah. L’un des comédiens principaux portait une magnifique veste noire brodée de fleurs et d’éléphants. Deux actrices se sont même mises à danser, applaudies par les photographes, ajoutant un peu de vie et de joie à ce protocole parfois guindé. Le maître des horloges, en veste rose, n’a pas tardé à les remettre dans le rang – il a un timing à respecter – mais la petite chorale improvisée a continué à chanter.
« Tu as croisé des éléphants ou quoi ? » Au début du film (voir l’extrait ci-dessous), l’espiègle Apsara (Aliz Ghimire) tente vainement de ralentir la marche de Pirati (Pushpa Thing Lama) qui traverse d’un pas décidé une jungle épaisse. Elles vivent dans un village situé en lisière d’une forêt dangereuse, peuplée d’éléphants d’Asie. Des patrouilles s’organisent chaque nuit pour effrayer ces animaux et les tenir à distance. Un superbe paysage népalais, à la fois paisible et inquiétant, annonce un dépaysement total. Il ne sera pas celui qu’on avait imaginé en allant voir ce film, attirés par son titre énigmatique. Ses héros ne sont pas les éléphants mais des Népalaises transgenres appartenant à la communauté matriarcale Kinnar.
Dans une lettre adressée au festival, le réalisateur Abinash Bikram Shah, déjà récompensé à Cannes en 2022 pour un court-métrage, confie qu’il a « toujours été touché par la résilience des membres de la communauté Kinnar et leur notion de la famille qu’on se choisit, ce lien de parenté qui n’est pas un lien du sang, mais celui d’un besoin, d’une attention, d’un amour en partage. » Il raconte avoir eu l’idée de ce film en scrollant sur TikTok pendant le confinement. « Je suis tombé sur des vidéos où l’on voyait des femmes Kinnar s’amuser, être heureuses, écrit le cinéaste. Ce qui m’a frappé, c’est le contraste saisissant entre ces petits clips pleins de vie et la méchanceté des commentaires. Mais ça ne les empêchait pas de continuer à vivre sans se cacher. »
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L’héroïne du film Les Eléphants dans la brume, Pirati, est une femme transgenre que le gourou de la communauté Kinnar a intronisée « mère de foyer ». Active et volontaire, appréciée des habitants du village, elle veille sur ses trois filles adoptives, qui se chamaillent en permanence comme de vraies sœurs. La plus fragile, Apsara a connu les affres de la prostitution, comme de nombreux transsexuels du pays. Ces femmes se sont construit une famille, un cocon protecteur. Elles vivent en harmonie avec les villageois et participent aux battues nocturnes en forêt pour effrayer les éléphants.
L’amour va chambouler ce bel équilibre. Pirati tombe amoureuse d’un homme et projette de s’enfuir avec lui à Delhi. Apsara, la plus fragile de ses filles, le découvre. La jeune femme est terrifiée à l’idée de se retrouver sans sa mère. Peu de temps après, elle disparaît inexplicablement. Rongée par la culpabilité, Pirati se lance dans une longue quête pour retrouver sa fille perdue. Le film se transforme alors en enquête policière. Une plongée dans les milieux interlopes de la société népalaise, parmi ses déclassés. La transphobie et l’exclusion ne vont pas tarder à resurgir.
Le film reflète parfaitement l’ambiguïté vis-à-vis des membres de cette communauté. Ces femmes transgenres sont souvent rejetées en marge de la société mais elles sont aussi au Népal des figures spirituelles protectrices dont on cherche à s’attirer les bonnes grâces. Les femmes kinnar sont conviées à des mariages pour apporter leur bénédiction et chanter, comme elles l’ont fait devant les photographes du Festival de Cannes. « J’ai vu dans cette tension entre rejet et dépendance, quelque chose de profondément humain, poursuit Abinash Bikram Shah. Il arrive trop souvent qu’on les caricature ou qu’on les prenne en pitié. Je voulais en donner un regard plus vrai, les montrer dans toutes leurs contradictions, leur gentillesse et leur dignité. »
Pour le casting, le réalisateur népalais a fait appel à des acteurs issus de ces communautés matriarcales. « Cela confère une présence qu’on ne peut pas fabriquer », estime-t-il, se disant « profondément marqué par l’aventure« . Ce cinéaste a pour modèles des artistes attentifs aux vies ordinaires notamment le réalisateur indien Satyajit Ray, le Taïwanais Hou Hsiao-hsien, et la photographe Nan Goldin, à découvrir jusqu’au 26 juin au Grand Palais à Paris dans une riche exposition.
Quelle est notre place et que faut-il sacrifier pour devenir nous-mêmes ? Ce sont les questions essentielles posées dans ce film intense à l’univers parfois surréaliste. Le réalisateur espère que « cette histoire dissipera ne serait-ce qu’un peu du brouillard de nos préjugés ». Comme la brume s’évapore sur les éléphants.
Genre : Drame
Réalisation : Abinash Bikram Shah
Avec : Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarm
Directeur de la photographie : Noé Bach
Musique : Frédéric Alvarez
Produit par : Anup Poudel, Michael Henrichs, Paul Zischler, Leonardo Luiz Mecchi, Verona Meier, Tatiana Leite
Pays : Népal, France, Allemagne, Brésil et Norvège
Durée : 1h43
Sortie : 23 septembre 2026
Distribution : Les Valseurs, Arizona Distribution
Synopsis : Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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