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21 mai 2026Analyse : Cette actualité a retenu notre attention et mérite quelques remarques.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Au Festival de Cannes, un silence assourdissant sur l’Iran ».
Les faits essentiels
Des dizaines de milliers de morts suite à des manifestations sans précédent, un pays touché par des bombardements américains et israéliens mais la croisette est restée bien silencieuse sur la situation : en dehors de cette évocation par Eye Haïdara lors de la cérémonie d’ouverture, saluant les téléspectateurs « partout où internet n’a pas été coupé », il n’y a eu aucune déclaration, aucune montée des marches symbolique malgré la présence cette année de six cinéastes originaires d’Iran, en exil ou non.
Des archives pour raconter les soulèvements du peuple iranien
Certains films présentés évoquent l’Iran, comme « Viendra la révolution »Ouverture dans un nouvel onglet de Pegah Ahangarani qui à travers des images d’archives, personnelles et publiques, retrace les différents soulèvements du peuple iranien au cours de ces 40 dernières années, à commencer par celui qui a permis l’instauration de la République islamique en 1979.
« Ce que je tiens à montrer, c’est le courage de ce peuple iranien qui ne se laisse jamais faire, qui ne baisse pas les bras, qui descend dans la rue, qui se fait réprimer, violenter mais qui à chaque fois reprend ses forces et continuer de lutter. C’est cette lutte inlassable que je tiens à montrer avant tout », explique la réalisatrice.
Aujourd’hui, elle vit en exil en Angleterre, partie en 2022 d’Iran, après été plusieurs fois inquiétée par le régime. Elle est notamment interdite de quitter le territoire, ses comptes bancaires sont gelés, elle n’a pas le droit de travailler. Tout cela est dû à son précédent film et ses collaborations avec la BBC – interdite en Iran et qui entraîne des accusations d’espionnage. Alors Pegah Ahangarani ne peut pas rentrer en Iran et s’exprime librement sur la situation dans le pays.
La cinéaste estime que l’Iran traverse aujourd’hui « la période la plus sombre de son histoire. Après ces massacres dont le peuple a pu – je ne sais comment – se relever, une guerre a été déclenchée. C’est sans précédent. Ce sont les ténèbres absolues, je ne vois pas de lumière, ni de sujet de réjouissance. Mais le peuple iranien a traversé d’autres crises, d’autres périodes extrêmement sombres et il s’est toujours relevé. C’est la seule chose qui me fait garder espoir. »
Le témoignage essentiel des cinéastes
C’est un documentaire d’un tout autre genre que propose la réalisatrice franco-iranienne Mahsa Karampour. Venue en France pour ses études aux débuts des années 2000, elle rentrait régulièrement en Iran jusqu’à la pandémie de Covid et pourrait y retourner sans difficulté aujourd’hui. Son frère de 10 ans son cadet a en revanche dû fuir l’Iran pour les États-Unis en 2009. Il était à l’époque membre du groupe de rock iranien The Yellow Dogs, qui apparaît dans le film « Les chats persans »Ouverture dans un nouvel onglet de Bahman Ghobadi. Durant de nombreuses années, la fratrie a été séparée. C’est cette volonté de se retrouver et de se reconnecter qu’a filmée Mahsa Karampour, évoquant au passage l’exil et en toile de fond, l’Iran et son régime.
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Alors Mahsa Karampour ne s’exprime pas directement sur le régime iranien. Mais elle estime qu’étant dans les domaine de la culture, de la création, elle a la « responsabilité de prendre la parole et de dire des choses. »
« Il est vrai que je ne peux pas tout dire comme vous le savez, mais je peux quand même essayer de faire passer le message en faisant ce film. le donnée qu’il soit montré à Cannes dans un contexte où cela fait plus de 70 jours qu’il n’y a pas d’internet en Iran, nous n’avons pas pu appeler notre mère ces derniers jours. C’est une expérience extrêmement douloureuse. Ces derniers mois ont été épouvantables pour nous. J’ai l’impression d’être déconnectée d’un monde qui nous est essentiel et d’une violence extrême, et que la guerre n’a absolument pas résolu les problèmes, quels qu’ils soient. Et c’est le peuple iranien qui en souffre énormément aujourd’hui », explique Mahsa Karampour.
Son frère Siavash, présent à ses côtés à Cannes, ressent lui beaucoup de colère et une « culpabilité du survivant ». « Vous vous réveillez et regardez votre téléphone et découvrez qu’ils ont bombardé votre quartier, tué une groupe de gens comme vous. Et vous devez aller travailler et poursuivre votre quotidien. Mais pendant ce temps, vous vous demandez si votre mère n’a pas fait une crise cardiaque à cause des bombardements ou si votre cousin n’est pas en prison ! Et en tant qu’Américain, mes impôts servent à financer les bombes qui tombent sur ma ville ! Et ceux de ma mère servent à tuer mon peuple aussi… C’est vraiment une situation dystopique. »
Pour la réalisatrice Pegah Ahangarani, « si les manifestations de sympathie et de solidarité sont toujours appréciables », c’est aux cinéastes comme elle de faire connaître les souffrances du peuple iranien. « En tant qu’artiste iranienne, je me sens le devoir de partager cette peine que ressent le peuple iranien aujourd’hui, de mettre en avant les épreuves qui sont les siennes et je ne sens pas le peuple redevable d’une attention ou d’une aide envers nous. »
Alors, tant pis si le Festival de Cannes est resté silencieux, la présence de ces cinéastes aura au moins permis d’évoquer la situation en Iran.
En plus de « Viendra la révolution » de Pegah Ahangarani et « Dans la gueule de l’ogre » de Mahsa Karampour, ont été présentés à Cannes « Living twice, dying thrice » de Karim Lakzadeh, « Growing Stones, Flying Papers », de Roozbeh Gezerseh et Soraya Shamsi, « Playground », d’Amirhossein Shojaei et bien sûr, en compétition, « Histoires parallèles » d’Asghar Farhadi.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

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