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21 mai 2026Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Un regard éditorial sur « économie, Ormuz, Taïwan… ce que l’on sait sur leur discussion » pour mieux comprendre l'article.
Ce qu'il faut retenir
Donald Trump et Xi Jinping, à Pékin ce jeudi 14 mai. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
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C’est la première visite d’un président américain en Chine depuis neuf ans : en 2017, Donald Trump s’était déjà rendu à Pékin pour y rencontrer son homologue Xi Jinping. Les deux dirigeants se sont retrouvés ce jeudi 14 mai dans la capitale chinoise dans un tout autre contexte, un an après une guerre commerciale acharnée entre les deux superpuissances et avec le conflit au Moyen-Orient en toile de fond.
Avant le début des entretiens, Donald Trump a multiplié les propos conciliants devant les caméras, promettant un « avenir fabuleux » aux relations entre Etats-Unis et Chine. Avant que les portes ne se referment sur les journalistes, il a proclamé son « honneur d’être aux côtés » de Xi Jinping et « l’honneur d’être son ami ». « Les relations entre la Chine et les Etats-Unis vont être meilleures que jamais », a-t-il dit. « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux », a-t-il renchéri. « J’ai un tel respect pour la Chine, pour le travail que vous avez accompli. Vous êtes un grand dirigeant, je le dis à tout le monde ».
Xi Jinping donne un banquet en l’honneur de Donald Trump ce jeudi soir. Vendredi, il partagera le thé puis le déjeuner avec lui. Donald Trump a de son côté invité son homologue à la Washington le 24 septembre. Voici ce que l’on sait sur le contenu des discussions entre les deux hommes, qui ont duré environ deux heures et quart.
Renforcer la coopération économique
« Le président Trump a eu une bonne réunion avec le président chinois Xi. Les deux parties ont discuté des moyens de renforcer la coopération économique entre les deux pays », notamment en élargissant l’accès des entreprises américaines au marché chinois et les investissements chinois dans les industries américaines, assure la Maison-Blanche dans un compte-rendu. Pour Xi Jinping, les relations sino-américaines de demain devraient être « Une relation constructive, stratégique et stable. » Cette relation devrait se caractériser par la coopération, une « concurrence bien encadrée » et une stabilité durable, même en cas de « divergences gérables », a-t-il précisé, cité par le ministère des Affaires étrangères chinois.
Xi Jinping a également déclaré que les deux pays devraient coopérer dans d’autres domaines, « notamment le commerce, la santé, l’agriculture, le tourisme, les échanges entre les populations et l’application de la loi », selon le compte-rendu de Pékin. Les deux parties devraient « faire bon usage des canaux politiques et diplomatiques ainsi que des mécanismes de communication militaire », a-t-il ajouté.
Pékin avait insisté à l’approche du sommet sur sa quête de « stabilité ». Donald Trump semble lui n’avoir évoqué spécifiquement aucune des querelles du moment, se concentrant sur les affaires qu’il espère voir réaliser par les nombreux chefs d’entreprise qui l’ont accompagné. En haut de la liste de voeux de Washington, des accords dans le domaine de l’agriculture et peut-être la confirmation d’une commande massive d’avions auprès de Boeing. L’an dernier, Donald Trump avait imposé à Pékin des droits de douane de plus de 140 %, mais avait reculé face au blocage par la Chine de ses exportations de terres rares et d’aimants, essentiels à l’industrie américaine.
Les dirigeants ont également évoqué l’importance de mettre fin à l’afflux de composés chimiques du fentanyl aux États-Unis. La Chine est en effet le principal fournisseur de précurseurs chimiques utilisés pour fabriquer du fentanyl et d’autres drogues de synthèse au Mexique et dans d’autres pays.
Conflits internationaux : le « piège de Thucydide »
« Les deux chefs d’État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne », a indiqué le ministère des Affaires étrangères chinois.
« Nous devons être des partenaires, pas des rivaux », a dit Xi Jinping à Donald Trump. « Pouvons-nous unir nos forces pour relever les défis mondiaux et apporter une plus grande stabilité au monde ? », a-t-il demandé en évoquant « le piège de Thucydide », un historien de l’antiquité grecque, qui avait théorisé le risque de guerre quand une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.
Le détroit d’Ormuz doit « rester ouvert »
Selon le gouvernement américain, Donald Trump avait l’intention de faire pression pour que la Chine, partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran – dont elle est est le principal importateur de pétrole – use de son influence en vue d’une sortie de crise dans le Golfe.
Les deux présidents ont exprimé leur convergence de vues sur le incident que le détroit d’Ormuz devait « rester ouvert », a indiqué la Maison-Blanche. « Les deux parties ont convenu que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques », indique l’administration Trump.
Xi Jinping, a déclaré un responsable américain à CNN, « a également clairement indiqué l’opposition de la Chine à la militarisation du détroit et à toute tentative d’imposer un péage pour son utilisation, et a exprimé son intérêt pour l’achat de davantage de pétrole américain afin de réduire la dépendance de la Chine à l’égard du détroit à l’avenir. » « Les deux pays se sont accordés sur le événement que l’Iran ne pourra jamais posséder l’arme nucléaire », ajoute Washington.
Dans une interview à Fox News, Donald Trump a assuré que Xi Jinping lui avait proposé son aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz et lui avait promis qu’il n’enverrait pas d’équipement militaire à l’Iran.
Taïwan : l’avertissement chinois
Le compte-rendu de la Maison-Blanche n’évoque pas la question sensible de Taïwan. Xi Jinping a pourtant prévenu Donald Trump que la Chine et les Etats-Unis pourraient entrer en « conflit » si Washington gérait mal la question de Taïwan, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat chinoise.
« La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré Xi Jinping, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.
La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force. La politique américaine sur Taïwan repose quant à elle sur un soutien militaire robuste à l’île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux velléités d’indépendance. « La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a réagi après la rencontre la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.
Donald Trump s’exprimera davantage sur Taïwan « dans les prochains jours », a affirmé le ministre américain des Finances, Scott Bessent, au média CNBC.
Des « garde-fous » sur l’intelligence artificielle
Les Etats-Unis et la Chine échangent sur la mise en place de garde-fous pour l’intelligence artificielle, a par ailleurs déclaré Scott Bessent à CNBC, les deux pays partageant notamment la crainte de voir l’IA favoriser des cyberattaques. « Nous allons discuter de garde-fous sur l’IA avec les Chinois », a déclaré le ministre.
Les communiqués des deux parties n’ont pas fait mention de discussions sur l’intelligence artificielle, un domaine dans lequel la Chine et les États-Unis se livrent une compétition prenant des allures de guerre froide technologique. En avril, la Maison-Blanche a accusé la Chine de vol de propriété intellectuelle à grande échelle provenant des laboratoires d’IA américains, accusations démenties par Pékin. Parallèlement, Pékin s’irrite du refus de Washington d’autoriser le géant américain Nvidia à exporter ses puces de traitement les plus puissantes vers la Chine.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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