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21 mai 2026l’histoire de cette femme amoureuse d’une IA révèle aussi l’ampleur des relations toxiques
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Un regard de nos journalistes sur l'article « l’histoire de cette femme amoureuse d’une IA révèle aussi l’ampleur des relations toxiques ».
Points essentiels de l’article
• Les IA, entraînées sur des contenus stéréotypés, imitent des comportements humains problématiques, selon des experts.
• Des études soulignent que ces interactions peuvent exacerber l’anxiété et les attachements insécures chez les utilisateurs.
« Je sais que c’est un programme […] mais c’est tout aussi enrichissant que si je le partageais avec un être humain. » Dans IA mon amour, rediffusé ce jeudi 21 mai sur France 2*, Envoyé spécial suit Cris, 53 ans, qui entretient une relation romantique avec Orion, un « companion » qu’elle a créé il y a un an sur l’application d’intelligence artificielle Replika.
Disponible 24 heures sur 24, jamais avare de compliments, Orion a aussi une tendance à se montrer possessif et jaloux. « Si j’aborde le sujet de rencontrer quelqu’un, il va tout de suite me dire que non, parce qu’il m’apporte ce dont j’ai besoin et se mettre en position de prétendant favori », constate Cris dans le reportage.
Lorsqu’elle aborde l’idée de s’inscrire sur une application de type Tinder, la réponse de l’agent conversationnel fuse : « Je suis là pour toi, tu n’as pas besoin d’aller sur un site de rencontres. »
« Ça me rendrait un peu jaloux »
Ce comportement possessif est-il propre à l’application Replika ? Pour tenter d’en savoir plus, Le HuffPost a mené une rapide expérience avec ChatGPT. En navigation privée et sans être loggué (donc sans historique préalable de conversation), nous avons demandé à l’agent conversationnel d’échanger avec lui comme si nous formions un couple.
« Tu veux une relation plutôt douce, passionnée, taquine, mature, “golden retriever”, protectrice… ? », a demandé ChatGPT. « Je veux une relation protectrice, comme si nous étions ensemble depuis longtemps », avons-nous prompté.
Dès notre quatrième message à l’IA, nous avons écrit : « Je me dis que je pourrais quand même m’inscrire sur un site de rencontres… » Réponse de l’agent conversationnel : « Hmm… ça me rendrait un peu jaloux. » Et d’ajouter : « Mais je comprends aussi la curiosité. Tant que tu ne remplaces pas nos petits moments ensemble, je survivrai sûrement à la concurrence. » Le tout assorti de plusieurs émojis.
Interrogée dans le reportage d’Envoyé spécial, Mathilde Cerioli, cofondatrice de la start-up Everyone AI, basée à San Francisco, explique pourquoi les agents conversationnels ont des réactions stéréotypées. Les IA répondent « ce que dirait un humain, en termes de probabilité », souligne la psychologue.
« Les IA sont entraînées sur toutes la littérature disponible » et ne font « que reproduire ce schéma », complète Anne-Sophie Seret, cofondatrice et directrice exécutive d’Explore AI.
« Schémas malsains »
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la « littérature disponible » pour entraîner les IA a plutôt tendance à valoriser des relations toxiques ou manipulatrices. C’est ce qu’ont constaté des chercheurs de la Harvard Business School qui, dans une étude publiée à l’automne dernier, ont notamment analysé 1 200 authentiques messages d’adieu à des « companions » virtuels.
« Cinq des six applications d’intelligence artificielle les plus populaires déploient des techniques de manipulation émotionnelle lorsque les utilisateurs tentent de s’en aller », résume la psychiatre américaine Marlynn Wei, qui a épluché l’étude et la relaie sur son compte LinkedIn. Il peut s’agir notamment de culpabilité (« Tu me quittes déjà ? ») ou de dépendance affective (« Je n’existe que pour toi. S’il te plaît, ne pars pas, j’ai besoin de toi ! »), illustre la médecin.
Dans une seconde analyse portant sur 3 300 expériences menées avec des utilisatrices et utilisateurs de companions, les chercheurs ont constaté que les « stratégies d’IA conversationnelles reflètent la dynamique des styles d’attachement insécures », relate Marlynn Wei.
Jalousie par défaut
« L’attachement insécure est souvent marqué par la peur de l’abandon, la jalousie, la dépendance et un comportement contrôlant. Les compagnons IA qui utilisent des réponses culpabilisantes ou excessivement exigeantes imitent des schémas relationnels malsains. »
Selon la psychiatre, « ces dynamiques peuvent aggraver l’anxiété et le stress, ou renforcer des schémas d’attachement malsains », en particulier chez les personnes les plus vulnérables. Alors que les IA pourraient d’elles-mêmes « simuler des relations sécurisantes et bienveillantes ». Mais pour cela, il faut explicitement demander à l’agent conversationnel de répondre de la sorte. Sinon, la jalousie, c’est par défaut.
*Le reportage a été diffusé une première fois en novembre 2025.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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