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7 mars 2026L’eau au cœur de la bataille des municipales : régie publique ou gestion privée, les candidats profondément divisés
À Milla, la gestion de l’eau suscite des débats intenses entre candidats aux municipales avec des divergences qui portent sur la remunicipalisation et les implications financières.
Alors que la campagne pour les élections municipales bat son plein, la question de la gestion de l’eau s’est imposée comme un sujet de débat, révélant des divergences profondes entre les candidats. Car si tous s’accordent sur l’importance de cette ressource vitale, les solutions proposées pour l’avenir diffèrent radicalement.
Un héritage contraignant
Millau est aujourd’hui liée par un contrat de délégation de service public signé sous le précédent mandat, qui court jusqu’en 2032. Une situation qui limite les marges de manœuvre de la municipalité actuelle, mais qui n’empêche pas les candidats de se projeter.
Emmanuelle Gazel, maire sortante, défend une approche progressive. « Nous n’avons pas la main sur ce mandat, mais nous préparons la suite, comme nous l’avons fait pour la régie des parkings« , explique-t-elle, rappelant que l’eau est « notre bien commun « .
Pour Dalila Belaid-Artis, tête de liste de l’Alternative de gauche, cette attente est inacceptable. « Il nous semble hallucinant qu’à notre époque, des biens communs soient exploités par des multinationales au profit d’actionnaires », s’indigne-t-elle proposant dans son programme une tarification progressive de l’eau, avec un accès gratuit à un minimum vital (40 à 50 litres par jour et par personne). « Cet argent doit revenir aux habitants, pas à des actionnaires », martèle celle dont l’objectif est de faire de l’eau un droit fondamental, et non une marchandise.
La régie municipale : un modèle éprouvé
Millau n’est pas la première ville à s’interroger sur la gestion de l’eau. Plusieurs communes françaises ont déjà franchi le pas, avec des résultats souvent convaincants.
Paris, par exemple, a remunicipalisé son eau en 2010 après 25 ans de gestion privée, ce qui a permis une baisse de 8 % du prix de l’eau et une meilleure transparence, selon la Cour des comptes.
Grenoble, pionnière dès 2000, a réduit les tarifs et réinvesti les bénéfices dans la modernisation des réseaux. À Montpellier, la régie municipale a stabilisé les prix tout en améliorant la qualité du service.
Les réserves des opposants : complexité et coûts
Cependant, tous les candidats ne sont pas convaincus par ce modèle. Christophe Saint-Pierre, qui était aux affaires lors du renouvellement de la concession, reste opposé à un retour en régie. » La gestion de l’eau et de l’assainissement est un vrai métier, qui demande des compétences que nous avons perdues depuis le passage en régie en 1972″, explique-t-il. Pour lui, un éventuel retour en régie représenterait « un engagement financier insurmontable pour la collectivité », nécessitant « de lourds investissements et d’importantes charges de fonctionnement ».
Tout en reconnaissant l’intention, « louable » selon lui, lui estime que la ville n’a pas les moyens de l’assumer. « Nous nous sommes effectivement posé la question, mais les coûts initiaux, comme les embauches et les investissements, ainsi que la technicité de la gestion, rendent ce projet irréaliste à court terme », argue-t-il.
« L’eau, c’est la vie. On ne peut pas la laisser entre les mains de ceux qui en font une source de profit », insiste Dalila Belaid-Artis pour qui la question – dans un contexte de raréfaction patent – est avant tout éthique. « Il va falloir se restreindre, même les plus riches. Mieux vaut de l’eau dans le Tarn que dans des piscines. »

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