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7 mars 2026Pourquoi Yaël Braun-Pivet ne veut pas de commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Yaël Braun-Pivet photographiée à l’Assemblée nationale au mois d’avril (Illustration, photo STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Pas de ça chez nous. Ce mardi 10 février, Yaël Braun-Pivet s’est dite opposée à la création d’une commission d’enquête parlementaire portant sur le volet français de l’affaire Epstein, ce que propose la France insoumise. Il en va, selon la présidente de l’Assemblée nationale, de la séparation des pouvoirs.
« La commission d’enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice », a-t-elle expliqué sur Europe 1. Elle estime qu’il appartient à l’institution judiciaire de « faire toute la lumière » sur ce dossier tentaculaire, aux nombreuses ramifications dans l’Hexagone et impliquant entre autres l’ancien ministre de Culture Jack Lang ainsi que sa famille. Cette figure du monde culturel apparaît en effet à de nombreuses reprises dans la masse de documents dévoilés par la justice américaine, pour avoir largement joui de la générosité du sulfureux milliardaire.
« C’est assez terrifiant. Tout en reconnaissant la qualité de l’engagement et l’œuvre de Jack Lang en tant que ministre, je ne veux plus voir d’hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées », a poursuivi Yaël Braun-Pivet.
Plusieurs personnalités françaises citées
Cette sortie de la présidente de l’Assemblée intervient après que la France insoumise a réclamé le lancement d’une commission d’enquête sur ce dossier. Et plus que le rôle de l’ancien président de l’Institut du Monde arabe, LFI affirme vouloir se pencher sur les liens (réels ou supposés) entre Jeffrey Epstein et le Rassemblement national ou Emmanuel Macron. Comme nous l’écrivions il y a quelques jours, plusieurs personnalités françaises ont en effet vu leurs noms cités dans les dossiers Epstein. Sans que cela présume d’une quelconque proximité avec le milliardaire, ni de faits répréhensibles.
Sans surprise, la réponse formulée par la présidente de l’Assemblée nationale est loin de convaincre les insoumis. « L’ordonnance de 1958 est très claire : les commissions d’enquêtes parlementaires n’empiètent jamais sur des procédures judiciaires en cours. Yaël Braun-Pivet le sait et choisit donc le mensonge pour tenter d’empêcher les députés de se saisir de l’affaire Epstein », a réagi le député LFI Paul Vannier.
Même indignation exprimée par la présidente de son groupe, Mathilde Panot. « Pour empêcher la manifestation de la vérité, Yaël Braun-Pivet est une experte », dénonce l’élue LFI, en faisant le lien entre le rôle joué par la députée des Yvelines lors du début de commission d’enquête sur Alexandre Benalla en 2018, qui s’était terminée en eau de boudin. Alors présidente de la Commission des Lois, Yaël Braun-Pivet avait brandi les mêmes arguments qu’aujourd’hui pour limiter le périmètre des investigations des députés.
« Je rappelle que des procédures judiciaires sont en cours et que les débats parlementaires n’ont jamais eu vocation à empiéter sur les pouvoirs qui sont ceux de l’autorité judiciaire », faisait-elle déjà savoir, provoquant la colère des oppositions. Huit ans plus tard, l’argumentaire n’a pas changé. Notons toutefois qu’au moment où nous écrivons ces lignes, aucune enquête judiciaire sur l’affaire Epstein n’a été ouverte en France, si ce n’est sur le volet financier des relations liant Jack Lang au milliardaire. Ce qui, sur le fond, démonétise (plutôt) l’argument servi ce jour.

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