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7 mars 2026Ce maire LFI ciblé par une « attaque néonazie » à son meeting, la gauche lui apporte son soutien
ARMAND GESQUIERE / Hans Lucas via AFP
Le maire de Faches-Thumesnil Patrick Proisy, ici dans son bureau en 2025.
La violence redouble d’intensité dans cette campagne des municipales. Vendredi soir, ce sont les colistiers de Patrick Proisy à Faches-Thumesnil (Nord) qui en ont fait les frais. Alors que le maire sortant, candidat à sa réélection, tenait un meeting dans cette commune de 18 000 habitants, une quinzaine d’hommes cagoulés est entrée pour perturber l’événement. Ils auraient notamment brandi des pancartes aux messages provocateurs tels que « LFI hors de nos mairies » ou « Justice pour Quentin » et auraient jeté de la farine, du faux sang et des canettes sur la centaine de participants.
Selon plusieurs témoins, dont le maire, ces militants sont membres de Nouvelle Droite, un groupuscule d’extrême droite lié au théoricien identitaire Alain de Benoist. Sur X, l’édile écrit voir été ciblé « par une quinzaine de fascistes cagoulés du groupe Nouvelle Droite » dans ce qu’il appelle une « attaque néonazie ». Membre de La France insoumise, il raconte que le service d’ordre du mouvement a alors agi avec « un sang froid exemplaire ».
Auprès d’Ici Nord, la préfecture indique que la police a été appelée et que quatre personnes ont été interpellées. Contacté par le HuffPost, le parquet de Lille n’a à cette heure pas répondu aux sollicitations.
Patrick Proisy, lui-même victime de jet de farine, a expliqué quelques heures plus tard à l’AFP que « la municipalité, c’est vraiment le champ de base de la démocratie ». Il est convaincu de la nécessité de « ne pas se laisser attaquer dans les villes ».
Aussitôt, les réactions de soutien au candidat se sont multipliées et l’extrême droite a tout de suite été pointée du doigt. Jean-Luc Mélenchon fait part de sa « reconnaissance admirative pour les camarades du service d’ordre insoumis qui ont protégé les participants ». Pour Manuel Bompard, « la condamnation de ces violences doit être unanime ». Le coordinateur de La France insoumise estime que « notre démocratie doit être débarrassée de ces groupuscules dangereux ». La demande est la même du côté du député Aurélien Le Coq, présent au moment des faits, qui considère que Nouvelle Droite doit être dissous.
« Les nervis néonazis »
« Encore un meeting de La France insoumise attaqué par des fascistes », s’agace la députée Aurélie Trouvé. L’ex-porte parole d’Attac y voit les effets « de la diffamation de notre mouvement, orchestrée par l’extrême droite et relayée par beaucoup d’autres ». Thomas Portes pointe, lui, « les nervis néonazis » qui ont « tenté d’attaquer un meeting de La France insoumise », et estime que c’est le résultat de « la complaisance de [Laurent] Nuñez et du gouvernement Lecornu qui laissent les nazis défiler dans les rues ».
Mais les marques de soutien sont venues au-delà des seuls rangs insoumis. Ainsi, le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a apporté sa « solidarité à Patrick Proisy et tous les participants à sa réunion publique perturbée par des néofascistes ». Lucie Castets, candidate de gauche à la mairie du XIIe arrondissement de Paris et soutien d’Emmanuel Grégoire, a elle aussi exprimé son « soutien à Patrick Proisy et aux militants agressés ». « La violence d’extrême droite se répand partout en France. C’est intolérable », ajoute-t-elle. L’ex-députée LFI Raquel Garrido affirme que « le danger des groupuscules d’extrême droite est bien réel » et soutient « les militants insoumis attaqués par les nervis fascistes ». En revanche, silence radio du côté de la macronie, de la droite et de l’extrême droite.

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