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7 mars 2026Sébastien Lecornu peut-il vraiment chuter à cause des mécontents du budget, hors RN et LFI ?
ARTHUR N. ORCHARD / Hans Lucas via AFP
Sebastien Lecornu, à la tribune de l’Assemblée le 20 janvier 2026.
• Les Républicains expriment leur mécontentement face aux dépenses publiques, mais ne vont pas jusqu’à sanctionner l’exécutif
• Malgré quelques dissidences, le gouvernement Lecornu ne devrait pas chuter, sauf surprise.
Qui dit 49.3 dit motion de censure. Ce vendredi 23 janvier, Sébastien Lecornu affronte deux motions déposées par le Rassemblement national et la France insoumise en réaction à son activation de l’article contesté de la Constitution pour la partie recette du projet de loi de finances 2026. Les chances de les voir adopter sont faibles, le Premier ministre ayant obtenu la bienveillance du groupe socialiste en accédant à plusieurs de leurs demandes. Mais quelques turbulences ne sont jamais à exclure.
Pour être adoptées, les motions de censure doivent recueillir la majorité des voix de l’Assemblée nationale, soit 288 votes. Une partie de l’hémicycle est déterminée : 111 élus, issus des bancs des Écologistes, du groupe GDR et de la France insoumise sont signataires de la première motion. S’y ajouteront les 138 voix des élus d’extrême droite (Rassemblement national et son allié Union des Droites Républicaines). Soit un total d’au moins 249 voix.
Ce chiffre reste cependant insuffisant pour atteindre la majorité requise, à 39 voix près. Mais la France insoumise ne part pas vaincue pour autant. Au micro de franceinfo le 20 janvier, la cheffe de file insoumise Mathilde Panot estimait encore possible d’« avoir une majorité » pour la censure : « il suffit qu’il y ait quelques députés socialistes, quelques députés des Républicains qui ne soient pas d’accord », a-t-elle fait valoir.
Encore trop de dépenses pour les LR
De fait Les Républicains sont mécontents. « Tout le monde dit “cocorico, nous allons être à moins de 5 %” mais il y a un an, l’objectif était d’être à 4,7 % », a rappelé Philippe Juvin (LR), le rapporteur général du budget, se disant « très inquiet ». Face aux inquiétudes exprimées par la droite, le chef du gouvernement s’est donc voulu rassurant : « Conformément à l’engagement du gouvernement, le déficit public sera de 5 % en 2026, contre 5,4 % en 2025 », a-t-il assuré.
Pour y parvenir, la ministre des Comptes Publics Amélie de Montchalin a détaillé plusieurs sources d’économies à l’issue du Conseil des ministres : 1, 5 milliard issus de la suppression de la réserve budgétaire des ministères – une sorte d’épargne qui permet de revoir à la hausse le budget en dernière minute – sauf « crise ou besoin exceptionnel » ; 2 milliards d’euros d’économies sur les agences et les opérateurs de l’État (les universités, France Travail, Météo France, le CNRS par exemple) ; 1 milliard d’euros d’économies sur les achats publics…
Malgré ces gages, les troupes de Laurent Wauquiez font la grimace. La ligne politique choisie par Matignon vis-à-vis des entreprises, avec notamment la reconduction de la taxe sur les bénéfices des plus grandes, ainsi que la baisse jugée insuffisante des dépenses publiques ont du mal à passer. « J’avais fait plusieurs propositions de baisses des dépenses publiques en tant que rapporteur général du budget et elles n’ont pas été retenues. C’est très dommage », a regretté Philippe Juvin sur Radio J le 21 janvier.
Des dissidences à prévoir, sans risque pour le Premier ministre
Le groupe dans son ensemble partage le même constat : la copie budgétaire du gouvernement est « imparfaite ». Mais le chef de file a tranché. Au vu du « contexte international », il ne serait « pas sérieux de faire tomber le gouvernement et de laisser la France sans budget », a déclaré Laurent Wauquiez deux jours avant le vote devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP).
La consigne est passée. Les précédents scrutins ont montré qu’elle était généralement suivie… à quelques exceptions près. En octobre, trois élus LR avaient soutenu la motion de censure du RN après la démission-renomination de Sébastien Lecornu à Matignon. Le 14 janvier, alors que l’ordre international se trouvait déjà mis sens dessus dessous par Donald Trump, un seul s’y était risqué. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ? Au moins une élue a annoncé faire acte de désobéissance : la députée des Alpes-Maritimes Alexandra Martin, qui porte les couleurs du parti de David Lisnard, maire de Cannes, qui juge « impensable » pour « un député de droite » de ne pas censurer un budget « socialiste. »
Cette voix supplémentaire ne sera cependant pas suffisante pour faire tomber le gouvernement Lecornu. Côté socialiste, le groupe suivra « dans sa quasi-unanimité » la consigne de non-censure, anticipe une source parlementaire sondée par Le HuffPost. « Il y aura peut-être quelques députés, notamment apparentés, qui voteront la censure. Mais ça ne sera pas de nature à changer l’issue du vote », analyse-t-elle. Les 22 élus du groupe LIOT, susceptibles en cas de scrutin serré de faire basculer le résultat, ont en effet annoncé dès le 20 janvier à TF1 qu’ils ne voteraient pas la censure, leurs demandes ayant été entendues. C’est donc serein que Sébastien Lecornu abordera la séance de ce vendredi matin. Il lui faudra cependant se plier à l’exercice encore deux fois, le temps que l’ensemble du budget soit soumis à la procédure de 49.3. Une marche après l’autre.

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