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7 mars 2026L’inégalité femmes-hommes existe aussi face au risque de disparition des métiers à cause de l’IA
Pexels / Andrea Piacquadio
Selon le rapport de l’OIT, 9,6 % des emplois exercés par des femmes sont voués à être remplacés par l’IA, contre 3,5 % pour les hommes.
INÉGALITÉS – Non seulement elles sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes, mais les femmes ont aussi plus de risque de perdre leur emploi qu’eux si l’intelligence artificielle (IA) poursuit son développement comme aujourd’hui.
C’est ce que mettent tristement en lumière l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Institut national de recherche (NASK) de Pologne dans un rapport publié le 20 mai. Alors que le monde du travail a entamé une mue durable sous l’impulsion de l’IA, certaines professions risquent de disparaître, en particulier dans les pays à revenu élevé. Et ces professions sont majoritairement occupées par des femmes.
Se basant sur l’Indice mondial d’exposition professionnelle à l’IA générative (GenAI) développé par l’OIT en 2023, le rapport s’est attelé à déterminer quelles tâches professionnelles risquent d’être automatisées dans les années. Résultat, 9,6 % des emplois exercés par des femmes sont voués à être remplacés par l’IA, contre 3,5 % pour les hommes.
Les emplois administratifs en première ligne
Comment expliquer ce chiffre ? Parce que, pointe l’OIT, les emplois administratifs et de bureau comme le secrétariat sont les plus exposés au développement de l’IA. Or, ces postes sont plus susceptibles d’être occupés par des femmes. Au total, 25 % des emplois mondiaux sont potentiellement exposés à l’IA générative, et ce pourcentage atteint même 34 % dans les pays à revenu élevé.
Selon le rapport, même si l’implication humaine reste nécessaire dans ces emplois, les missions des personnes qui les occupent risquent d’être profondément bouleversées. Avec, à terme, le risque de disparition de ces emplois.
« Nous insistons sur le fait qu’une telle exposition n’implique pas l’automatisation immédiate d’une profession entière, mais plutôt la possibilité qu’une grande partie de ses tâches actuelles soient effectuées à l’aide de cette technologie », détaille le rapport qui liste, outre les emplois administratifs, d’autres secteurs risquant d’être les plus exposés au développement de l’IA : les médias, les logiciels et la finance.
Améliorer la qualité des emplois, pas les remplacer
Pour Rembrand Koning, professeur associé d’administration des affaires à la Harvard Business School, il est important de prendre dès aujourd’hui la mesure des avantages à tirer de l’IA générative, mais aussi du danger qu’elle peut représenter dans certains secteurs professionnels. « On peut considérer cela comme une menace, car elle va automatiser une grande partie des emplois administratifs qui pourraient être davantage occupés par des femmes. D’un autre côté, on peut considérer l’IA comme une automatisation d’une grande partie de ce travail, en permettant aux travailleurs d’assumer des tâches potentiellement mieux rémunérées ou susceptibles d’engendrer une concurrence accrue », explique-t-il au magazine américain Fortune.
Un constat que rejoint l’OIT, qui en appelle à la responsabilité des gouvernements, des syndicats et des employeurs pour réfléchir à une meilleure intégration de l’IA qui doit non pas menacer les emplois, mais plutôt en améliorer la qualité et en renforcer la productivité, « en particulier dans les secteurs les plus exposés ».

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