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Crédit : fotosr52 / Adobe Stock
Quentin G., le collégien de 14 ans qui a poignardé à mort mardi une surveillante de son établissement à Nogent (Haute-Marne), a été mis en examen jeudi pour meurtre et placé en détention provisoire. Il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.
Il a été mis en examen pour « meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public », une circonstance aggravante, et placé sous le statut de témoin assisté pour des « violences aggravées » sur un gendarme lors de son interpellation immédiatement après les faits, a annoncé le procureur de Dijon, Olivier Caracotch, dans un communiqué.
Un juge des libertés et de la détention a ensuite décidé de le placer en détention provisoire « dans le quartier pour mineurs d’une maison d’arrêt », a ajouté le procureur de Dijon.
Devant le juge d’instruction, Quentin G. a « confirmé les déclarations qu’il avait faites lors de sa garde à vue », selon la même source.
L’adolescent avait dit en garde à vue qu’il avait voulu tuer une surveillante, « n’importe laquelle », avait rapporté mercredi le procureur de Chaumont Denis Devallois, dressant le portrait glaçant d’un adolescent « sans compassion », « fasciné par la violence » et « en perte de repères », mais sans « aucun signe évoquant un possible trouble mental ».
Antoine Chateau, l’avocat de Quentin G., a dit dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP se dissocier « de certaines affirmations faites » par le procureur de Chaumont, en insistant sur la nécessité de mener à bien des expertises psychologiques et psychiatriques « au plus tôt de l’enquête ».
Du fait de sa minorité, le mis en cause encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d’une peine de prison à perpétuité.
Il avait été interpellé mardi juste après les faits, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant son établissement.
Surveillante tuée à Nogent : ce qu’a dit le procureur lors de sa conférence de presse
Minute de silence
Après deux jours de fermeture, le collège Françoise-Dolto de Nogent a rouvert ses portes jeudi, mais seulement quelques dizaines d’élèves sont revenus si rapidement après le drame, a constaté l’AFP sur place.
Ils ont observé une minute de silence à midi, comme des établissements scolaires de toute la France, en hommage à Mélanie, la victime qui était âgée de 31 ans.
Thomas, 16 ans, un élève dans la même classe de 3e que Quentin G., qui a assisté à la minute de silence à Nogent, se souvient d’une surveillante « gentille et adorable », « une belle personne ». Concernant l’auteur des faits, il parle d’un garçon « plutôt sympa » mais qui « des fois, (n’)avait pas le moral ».
Ce temps de recueillement marque « l’expression collective de notre refus absolu de toute forme de violence et de notre détermination à soutenir ensemble, plus que jamais, notre école et ceux qui la font », a déclaré jeudi la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.
Voici les 3 principales mesures évoquées après la mort de la surveillante à Nogent
Marche blanche vendredi
Le président de la République Emmanuel Macron a déploré jeudi en Conseil des ministres une « désinhibition de la violence (…) pour laquelle il va falloir évidemment apporter des solutions », a rapporté la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.
« Face à la tristesse, à l’indignation, au choc que nous partageons, nous devons porter haut nos valeurs humanistes, notre fraternité, notre attention à chacune et chacun », a écrit la proviseure d’un lycée parisien dans un message destiné à l’ensemble de sa communauté scolaire consulté par l’AFP.
« On voit l’état psychologique de nos élèves se dégrader d’année en année », a alerté jeudi Chloé Juvin, 27 ans, surveillante dans un collège de Rennes interrogée par l’AFP.
« On est multi-casquette, on fait un peu l’infirmière, un peu le psy, en fait on est la première ligne qu’ils trouvent », a estimé l’une de ses collègues, Clémentine Bidaud, 29 ans.
Le drame de Nogent a eu un énorme retentissement dans les sphères éducatives et politiques.
Au-delà de l’interdiction immédiate de la vente de couteaux aux mineurs, et « l’expérimentation » de portiques de sécurité voulue par le Premier ministre François Bayrou, le camp présidentiel et la gauche préviennent que la réponse est multiple et qu’il n’y a pas de « solution magique ». La droite, elle, insiste sur « la sanction ».
Les proches de la victime ont annoncé une marche blanche au départ du collège de Nogent, vendredi à 18H00.

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