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8 mars 2026Au Liban, l’opération d’Israël pour retrouver un pilote disparu en 1986 a fait plus de 40 morts
ADRI SALIDO / Getty Images via AFP
Des bâtiments détruits après une frappe aérienne israélienne le 7 mars 2026 à Nabi Chit, au Liban.
Immeubles effondrés, toits arrachés, munitions éparpillées au sol… C’est le chaos dans les rues après une opération israélienne pour tenter, en vain, de retrouver les restes d’un aviateur israélien, Ron Arad, capturé au Liban en 1986. Les autorités libanaises ont fait état d’un lourd bilan de 41 morts dans un bastion du Hezbollah pro-iranien.
L’immense cratère qui perfore le centre de Nabi Chit, village ciblé par le commando israélien héliporté durant la nuit, témoigne de la violence des combats. Le souffle d’une explosion a aussi projeté une voiture au deuxième étage d’un bâtiment éventré. Un peu plus loin, les lambeaux d’une affiche des leaders du Hezbollah gisent sur une façade.
« C’était digne d’un film », raconte à l’AFP un habitant de 55 ans, Mohammed Moussa, lors d’une visite organisée pour la presse par le mouvement chiite libanais : « ils ont commencé à bombarder et ont mené environ 20 frappes » avant l’arrivée du commando. « On sentait que quelque chose clochait (…) on a compris par la suite qu’une opération commando était en cours quand nous avons entendu les hélicoptères », ajoute-t-il.
« Aucun reste » trouvé
Israël a émis un avertissement concernant trois villages, dont Nabi Chit, vendredi midi. « Nous étions préparés et avons évacué les enfants », explique le maire, Hani Moussaoui. « Le prix à payer est terrible : infrastructures détruites et le sang de nos enfants », ajoute-t-il. Mais « tant qu’Israël existera, nous continuerons à lui résister ».
Bilan de l’opération à Nabi Chit et dans les environs : 41 morts dont trois soldats et 40 blessés, a annoncé samedi le ministère de la Santé libanais. Il a aussi fourni un nouveau bilan, de 300 morts, des frappes israéliennes menées depuis lundi sur le Liban en riposte à une attaque du Hezbollah.
L’armée israélienne a, de son côté, indiqué que ses « forces spéciales » avaient mené vendredi soir une opération « pour localiser des restes liés au pilote disparu Ron Arad ». « Aucun reste ou objet lié à Ron Arad n’a été trouvé », a-t-elle ajouté, précisant que l’opération n’a fait « aucune victime » côté israélien.
L’armée a indiqué qu’elle « continuerait à mener ses opérations sans relâche » pour « ramener tous les fils d’Israël, les soldats tombés au combat et ceux portés disparus, dans leur patrie. »
Une tombe fouillée
Le Hezbollah a confirmé samedi avoir combattu l’armée israélienne dans la plaine de la Békaa, près de la frontière avec la Syrie. Dans un communiqué, le mouvement chiite a indiqué que ses combattants avaient « observé l’infiltration de quatre hélicoptères » israéliens en provenance de Syrie vendredi vers 22 h 30 locales.
À leur atterrissage, « un groupe » de combattants a « engagé » le combat avec les soldats israéliens au niveau d’un cimetière de Nabi Chit, a-t-il dit, affirmant que les troupes israéliennes s’étaient ensuite repliées.
Les images filmées par l’AFP montrent un trou creusé dans la terre brune du cimetière, apparemment une tombe ouverte et fouillée. Un responsable du Hezbollah a indiqué à l’AFP que le cimetière visé appartenait à la famille Shoukr.
En janvier, la justice libanaise a engagé des poursuites contre quatre personnes accusées d’avoir enlevé pour le compte du Mossad – le service de renseignement extérieur israélien – le frère d’Hassan Shoukr, suspecté d’avoir participé à la capture de Ron Arad.
Un « devoir national » pour Israël
Cet officier de l’armée de l’air s’était éjecté en 1986 de son appareil, abattu au-dessus du Liban, au cours d’une mission contre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il avait été capturé par des groupes chiites pendant la guerre civile libanaise (1975-1990).
Il a pu envoyer des lettres à sa famille au début de sa captivité, incitant Israël à entamer des pourparlers avec ses ravisseurs, mais les négociations ont échoué et définitivement cessé en 1988.
Détenu par des groupes chiites, possiblement par le Hezbollah, Ron Arad est aujourd’hui présumé mort, ses restes n’ayant jamais été restitués. Son sort préoccupe depuis des décennies Israël, où le rapatriement des soldats disparus ou capturés est considéré comme un devoir national.

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