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8 mars 2026« Il ne faut pas avoir peur d’y aller » : être femme et maire, deux anciennes élues des Pyrénées-Orientales témoignent
À l’approche du scrutin municipal du 15 mars, l’Observatoire régional de la parité relève que dans les Pyrénées-Orientales, seules 68 femmes sont en tête parmi les 327 listes déposées. Si la parité est désormais obligatoire dans la composition des listes, elle est encore loin d’être atteinte pour la candidature municipale suprême. Marie Cabrera et Michèle Vert Nibet qui ont été maires de leurs communes de Bages et Le Perthus racontent leur parcours politique, en ce 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes.
Quel a été votre parcours dans la vie publique ?
Michèle Vert Nibet : J’ai été élue pour la première fois en 1984 au poste de 2ᵉ adjointe. Puis, en 1989, je suis devenue 1ʳᵉ adjointe avant d’accéder à la fonction d’édile en 1995, réélue en 2001. En 2008, j’ai décidé de ne pas me représenter et je suis, depuis, maire honoraire du Perthus.
Marie Cabrera : Après avoir longtemps refusé les sollicitations, j’ai accepté en 1995 de figurer sur une liste à Bages. Nous avons remporté les élections et j’ai été adjointe à la jeunesse, puis première adjointe, réélue ensuite jusqu’en 2020 où je suis devenue première magistrate. À ce poste depuis six ans, et vice-présidente à la jeunesse de la communauté de communes des Albères, de la Côte Vermeille et de l’Illibéris, j’ai décidé de passer la main cette année.
Qu’est-ce qui vous a décidé à vous présenter ?
M. C. : J’étais très impliquée dans la vie associative, notamment dans le basket. Je participais beaucoup aux activités de la commune. En 1995, on m’a convaincue que je pourrais faire bouger les choses pour la jeunesse, un sujet qui me tient à cœur et sur lequel j’estimais que la municipalité de l’époque n’en faisait pas assez. J’avais des idées, et j’ai pensé que c’était le bon moment.
M. V. N. : J’y suis allée en 1984 dans des circonstances familiales particulières, par loyauté. J’aimais ma commune et je voulais agir pour la faire vivre et améliorer la vie des habitants.
Être une femme n’a pas été un frein pour vous engager ?
M. V. N. : Le seul obstacle, c’est que c’est deux fois plus de travail pour les femmes. Elles savent bien que, si elles s’engagent dans un mandat, cela s’ajoutera à leurs responsabilités familiales. C’est un des freins principaux à leur engagement dans la vie publique. Je pense que celles qui se présentent cette fois n’ont majoritairement pas 30 ans avec des enfants en bas âge.
M. C. : Cela ne m’a pas posé de souci, mais je suis célibataire et sans enfant, ce qui simplifie les choses. Je comprends que, pour une mère de famille, cela puisse être plus compliqué : la vie personnelle en pâtit forcément. Peut-être qu’une partie de la solution pour voir davantage de femmes accéder aux têtes de liste incombe aussi aux hommes…
Dans l’exercice de vos mandats, cela a-t-il eu un impact ?
M. C. : Les hommes et les femmes ont des sensibilités différentes, mais nous sommes complémentaires. Je remarque cependant qu’une femme a souvent plus de mal à se faire entendre qu’un homme. C’est parfois plus complexe, même si les mentalités évoluent. Dans certaines situations de tension, on peut être davantage critiquées.
M. V. N. : Je n’ai pas souffert particulièrement de mon statut de femme. On peut parfois se demander si l’on est légitime, mais, pour ma part, j’ai été élue maire et réélue à plus de 90 %. Même si nous sommes plus jugées, parfois même sur notre façon de nous habiller, les remarques ont glissé sur moi. Les femmes sont courageuses et, lorsqu’elles s’engagent, elles y vont à fond.
Quel conseil donneriez-vous à une femme qui hésite à se présenter ?
M. C. : Je dirais qu’il ne faut pas avoir peur d’y aller. Si on veut, on peut. Ce n’est jamais simple, mais on est entourée de services compétents sur lesquels on peut s’appuyer.
M. V. N. : Si vous aimez votre commune et que vous avez envie d’améliorer le quotidien de ses habitants, on vous le rendra au centuple. On me remercie encore aujourd’hui dans la rue pour l’ouverture du fort Bellegarde. L’essentiel, c’est de ne pas avoir peur. En avant, toutes !

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