
Accord de composition administrative conclu le 12 mars 2025 avec la société Paref Gestion
8 mars 2026
Nouveau guide suprême, appel au dialogue du pape, près de 400 morts au Liban… Ce qu’il faut retenir de cette neuvième journée de guerre au Moyen-Orient
8 mars 2026
THOMAS SAMSON / AFP
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel et le député Francois Ruffin lors d’un meeting de la NUPES le 17 janvier 2023.
POLITIQUE – Dénominateur commun. Confinée il y a six mois encore à une niche parlementaire au beau milieu de l’hiver, la taxe Zucman est désormais brandie par toute une partie de l’échiquier politique. Absente du programme du Nouveau front populaire en juin 2024, la proposition inonde désormais les bancs de la gauche, en cette rentrée politique bousculée par la chute annoncée de François Bayrou.
Cette taxe est directement inspirée des travaux de l’économiste Gabriel Zucman qui, constatant le caractère dégressif de l’impôt pour les plus riches grâce à des mécanismes d’optimisation fiscale, propose d’assurer un impôt plancher de 2 % sur l’ensemble du patrimoine, y compris professionnel, lorsqu’il dépasse les 200 millions d’euros. En France, cela concernerait 1 800 personnes contre plus de 300 000 qui étaient concernées par l’ISF. Le tout pour des recettes estimées entre 15 à 25 milliards d’euros par an, selon l’économiste.
Si les travaux de Gabriel Zucman sur la taxation des hauts patrimoines ne sont pas récents – dès mars 2023, il appelait à une taxation mondiale des ultrariches dans Le Monde -, la mesure s’est imposée à l’Assemblée frontalement, en février dernier, à l’occasion d’une niche parlementaire écologiste. La séance s’est étirée en longueur dans la nuit mais a abouti à l’adoption de la mesure. En première lecture seulement, car lors de son passage au Sénat, en juillet dernier, elle a été largement rejetée.
Une mesure « inefficace » pour la droite et la macronie
De fait, la taxe Zucman est régulièrement balayée du revers par les macronistes et la droite qui la jugent « confiscatoire » et « inefficace », pointant ses limites constitutionnelles. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin lui préférant un mécanisme limitant la suroptimisation fiscale. Même Emmanuel Macron, en mai dernier, a refusé tout net un tel dispositif, qui outre qu’il heurte le logiciel macroniste en matière d’imposition, est jugé inopportun dès lors qu’il ne serait pas mondial.
Un effet repoussoir qui permet à l’opposition de gauche de se donner du souffle après huit années de macronisme, en capitalisant politiquement sur l’argument de la justice fiscale. Car si le budget de François Bayrou s’est montré particulièrement précis sur les mesures concernant les travailleurs et les prestations sociales (suppression de jours fériés, année blanche), il l’est moins sur la manière dont les plus riches pourraient être mis à contribution. Le Premier ministre a beau donner des gages, affirmant ces derniers jours qu’il est prêt à en discuter, l’élan est pris trop tardivement, estime Les Échos.
Dans les cénacles des économistes, l’idée aussi a fait son chemin. En juin, dans une tribune du Monde, Olivier Blanchard, ancien chef économiste du FMI et professeur au MIT et à L’École d’économie de Paris, et Jean Pisani-Ferry, ex-directeur du pôle programme et idées d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017, se sont ralliés à la taxe Zucman. Tout comme sept prix Nobel d’économie un mois plus tard.
Une mesure de ralliement pour la gauche ?
Cette potentielle manne financière figurait sur bon nombre de slides du contre-budget présenté par le Parti socialiste ce samedi 30 août à Blois. Pour les roses, qui espèrent désormais tracer leur chemin jusqu’à Matignon, elle permettrait notamment de financer un retour aux 62 ans ou une baisse de la CSG sur les bas salaires. Il faut « mettre à contribution les plus riches », a martelé le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud.
Presque au même moment, comme un écho, les formations unitaires de gauche (François Ruffin, Clémentine Autain, Génération.s) réunies à Châteaudun défendaient elles aussi la taxe Zucman. « Nous payons en moyenne 50 % d’impôts. Les riches et ultrariches, payent eux en moyenne seulement 27 %. C’est une situation inacceptable », tonnait Clémentine Autain.
En plus des écologistes qui continuent de porter cette mesure, la taxe Zucman figure également sur le programme des insoumis. Ces derniers ne manquent pas non plus de rappeler qu’ils l’avaient proposée dans un amendement – rejeté – au projet de loi de finance de Michel Barnier en octobre dernier, avant que ce ne dernier ne tombe. Suffisant pour faire l’union des forces de gauche alors que la chute de François Bayrou pourrait entraîner une nouvelle dissolution ?

9999999
