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Avec « Rural », le réalisateur Édouard Bergeon poursuit son auscultation des campagnes françaises. Dans ce documentaire, il se glisse dans les pas de Jérôme Bayle, figure du mouvement paysan dans le Sud-Ouest. Une histoire de fraternité et de transmission.
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L’agriculteur Jérôme Bayle et le réalisateur Édouard Bergeon vivent avec le même fantôme, celui d’un père qui s’est suicidé parce qu’il ne voyait pas d’avenir à son exploitation.
« Jérôme est un miroir pour moi », reconnaît Édouard qui a tout de suite été frappé par le charisme de celui qui menait la mobilisation sur les barrages, à Noël 2023. Dans le mouvement des ultras de l’A64, le cinéaste voit avant tout « un collectif ultra-solidaire, dans les valeurs de la solidarité et de l’humain ».
Ces valeurs, raconte Jérôme Bayle, elles « viennent du rugby ». Sport qu’il a pratiqué toute sa jeunesse, et dont il a été privé suite à un accident. Ces valeurs traversent aussi sa lutte politique : « On combat sur le terrain mais quand l’arbitre a sifflé c’est fini. Il faut avoir envie d’obtenir nos objectifs, mais tout le temps dans le respect. »
On voit cette attitude dans de multiples séquences du film, avec des dirigeants de tous les bords politiques. « Jérôme parle à tout le monde, explique Édouard Bergeon. Si chacun reste dans son silo et se regarde comme dans une tranchée, on n’en tire pas grand-chose. »
C’est donc un film de fraternité entre le réalisateur et le personnage qu’il accompagne, c’est aussi un film de famille et de transmission. Il y a la mère de Jérôme Bayle, avec laquelle il vit : « Elle est là tout le temps à m’engueuler et me dire que c’est pas bien, et en même temps elle dit à la voisine, tu as vu, c’est bien ce qu’il fait Jérôme ».
Et puis il y a cette maman qui arrive de Moselle avec ses deux enfants. On sent que ce coin du Sud-Ouest est une sorte de refuge pour eux et, très vite, les deux gamins appellent Jérôme Bayle leur papa de cœur. L’aîné, Evan, oublie la console de jeux vidéo pour apprendre à manier le tracteur.
« Il faut de la relève et donner l’envie à nos jeunes de perpétuer notre métier pour faire vivre le monde rural » explique Jérôme Bayle. Et quand on lui demande s’il rêve de transmettre sa ferme à cet adolescent, la réponse fuse : « Je ne suis pas encore foutu, mais je sais qu’il ne veut plus aller à l’école, il veut être à la ferme avec moi. »

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