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9 mars 2026Municipales 2026 à Marseille : le RN en embuscade, rien n’est joué pour Benoît Payan… Tout comprendre aux enjeux du scrutin
Dans la cité phocéenne, l’élu divers gauche va tenter de conserver son siège, mais la liste du Rassemblement national, menée par le député Franck Allisio, croit en ses chances et bénéficie d’une forte dynamique dans les sondages.
L’heure du choix pour Marseille. La deuxième ville de France et ses 880 000 habitants vont devoir choisir entre la continuité incarnée par le maire divers gauche sortant Benoît Payan et une alternance politique. Le mieux placé pour battre l’équipe sortante, selon les sondages, se nomme Franck Allisio, le candidat du Rassemblement national. Mais la gauche vante son bilan, après avoir bénéficié des investissements de l’opération « Marseille en grand », et reste bien placée pour garder les clefs de la ville.
Qui sont les candidats ?
Le maire sortant Benoît Payan, à la tête de la liste divers gauche « Pour Marseille », va tenter de conserver son siège. Il a succédé en décembre 2020 à Michèle Rubirola et fait campagne au nom de nombreux partis, dont le PS, le Parti communiste, Les Ecologistes, Place publique, Génération·s ou encore le Parti animaliste. L’adjointe au maire de Marseille Christine Juste, évincée de la liste du maire sortant après son exclusion temporaire de EELV, a monté in extrémis une liste écologiste.
Franck Allisio, figure locale du Rassemblement national, mène la liste « Marseille en ordre », avec le soutien de l’UDR et de Reconquête. La présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, battue il y a six ans, retente sa chance à la tête de la liste « Marseille, je t’aime », avec le soutien des partis Les Républicains, Renaissance, Horizons, UDI et Les Centristes.
En embuscade, Sébastien Delogu, député des Bouches-du-Rhône de La France insoumise, est à la tête d’une liste regroupant divers partis de gauche radicale ou d’extrême gauche, comme le Parti ouvrier indépendant, le parti Révolution écologique pour le vivant ou le collectif citoyen et écologiste Vaï.
L’ex-haut fonctionnaire (et ancien élu des Républicains) Erwan Davoux a monté une liste centriste appelée « Marseille pour tous ». Enfin, Rémy Bazzali conduit la liste de Lutte ouvrière et l’enseignante Coralie Raynaud mène la liste du Parti des travailleurs.
Que proposent-ils ?
Benoît Payan met en avant son bilan, avec la construction d’écoles, la lutte contre l’habitat précaire ou encore le doublement de la police municipale. Dans l’optique d’un nouveau mandat, le maire sortant propose dans son programme la lutte contre le logement vacant, le recrutement de 800 policiers supplémentaires, le doublement de la fréquence de la collecte des ordures ménagères là où c’est nécessaire, ou encore la hausse de la valeur du kit scolaire de 100 à 150 euros. A sa gauche, Sébastien Delogu souhaite, selon son programme, récupérer les compétences de la métropole, réquisitionner les logements vides, créer une régie publique de l’eau, remunicipaliser les cantines scolaires, rendre les transports gratuits pour les jeunes de moins de 26 ans ou encore offrir des protections menstruelles dans un centre féministe.
Franck Allisio a fait de la sécurité l’axe principal de sa campagne. Dans son programme, le candidat d’extrême droite propose notamment de tripler le nombre de policiers municipaux, de créer des brigades antistups, de doubler le nombre de caméras de vidéoprotection et de réclamer « l’instauration d’un état d’urgence » face aux narcotrafiquants. Il porte également une proposition de mise en place du « Pass famille-minots-séniors », également appelé « Pass antiracailles« , pour ouvrir un accès exclusif à certaines plages et à certains horaires aux familles avec enfants et aux personnes âgées.
La candidate de droite Martine Vassal, qui n’a pas mis en ligne son programme, souhaite également le recrutement de nouveaux policiers municipaux, mais aussi la création d’une « BAC municipale » et l’installation de nouvelles caméras de surveillance avec l’aide de l’intelligence artificielle. Elle propose la création ou le prolongement de quatre lignes de tramway et un élargissement des horaires de métro jusqu’à 1 heure du matin. Enfin, elle défend la construction de nouvelles écoles, la récupération des logements vacants pour les étudiants et une baisse de la taxe foncière.
Le centriste Erwan Davoux propose également dans son programme le recours à la vidéosurveillance, la création d’un Observatoire du logement ou encore la gratuité des transports pour tous les Marseillais. La liste de Christine Juste souhaite ériger en priorités l’environnement et de la propreté de l’espace public. Interrogé par La Provence, Rémy Bazzali revendique un programme national, avec notamment « l’augmentation des salaires ». Enfin, Coralie Raynaud axe sa campagne sur la défense des services publics.
Que disent les sondages ?
Plusieurs sondages ont été réalisés dans la dernière ligne droite de la campagne. Dans le sondage Elabe pour BFMTV, La Provence et Le Figaro publié le 18 février, Benoît Payan est crédité de 31% des intentions de vote, devant Franck Allisio (29%) – un écart néanmoins compris dans la marge d’erreur. La candidate de droite Martine Vassal est distancée (21%), tout comme Sébastien Delogu (12%). Loin derrière, Erwan Davoux (2%) et Rémy Bazzali (1%) ferment la marche.
Un sondage Opinionway pour CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche annonce des résultats encore plus serrés entre la liste de gauche du maire sortant et celle du Rassemblement national, toutes deux mesurées à 34%. Derrière, Martine Vassal tombe à 14%, au même niveau que Sébastien Delogu. Dans les deux cas, les sondages annoncent donc une possible quadrangulaire si tous les candidats décident de se maintenir au second tour.
Dans le sondage Cluster17 réalisé pour Politico, publié le 26 février, Benoît Payan (34%) et Franck Allisio (33%) font jeu égal. Martine Vassal décroche (15%) et se retrouve à hauteur de Sébastien Delogu (15%). Enfin, dans un sondage Ifop pour La Provence, publié le 1er mars, le candidat RN est mesuré à 32%, toujours proche du maire sortant (35%). La candidate LR est donnée à 18% et le candidat LFI à 13%. Attention néanmoins : un sondage est une photographie, pas une prévision, et comporte une marge d’erreur.
Comment se déroule la campagne ?
L’ambiance est tendue dans cette campagne marseillaise, à l’image du débat organisé par BFMTV entre les principaux candidats, où les invectives ont succédé aux passes d’armes. Lors des échanges, Martine Vassal a déclenché une polémique en faisant sien le triptyque pétainiste « travail, famille, patrie ». Cinq jours plus tard, la permanence de la candidate a été dégradée avec une inscription « A mort Vassal ». Sur le réseau social X, elle accuse « l’ultragauche » de lui avoir mis « une cible dans le dos ».
« C’est une démarche de plus dans cette escalade à la fois d’agression, mais aussi d’intimidation. »
Martine Vassal, candidate divers droitelors d’une déclaration à la presse
En vue du second tour, les déclarations des uns et des autres sont scrutées par les observateurs. Sébastien Delogu a ainsi martelé qu’il « fera tout pour faire barrage » au Rassemblement national. Benoît Payan a également annoncé son retrait au second tour si jamais le candidat insoumis terminait devant lui. Ce rapprochement n’a pas plu au Parti radical de gauche, jusque-là allié au maire sortant, qui a décidé de se retirer de sa campagne. Des cadres du Printemps marseillais assurent néanmoins qu’« il ne se trame rien avec LFI » et que leur liste compte les battre au premier tour puis leur demander « de prendre leurs responsabilités » au second.
De son côté, le Rassemblement national tend la main à Martine Vassal. Franck Allisio a appelé lors du débat à une « union » avec la candidate divers droite lors du second tour, pour faire « barrage à l’extrême gauche ». « Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare », a déclaré le candidat d’extrême droite. Martine Vassal lui a adressé une fin de non-recevoir. « J’ai toujours combattu le Rassemblement national, je continuerai toujours à le combattre », a déclaré la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence.

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