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C’est un record historique: en 2025, plus de 61.000 entrepreneurs ont mis la clé sous la porte, victimes de l’explosion des charges et de la baisse de la consommation. Souvent sans chômage ni filet de sécurité, ces petits patrons racontent à RMC leur chute brutale.
Jamais autant de chefs d’entreprises n’ont perdu leur emploi qu’en 2025. Ce sont les résultats de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs, mené par l’association GSC (pour Garantie Sociale des Chefs d’entreprise) et la société Altares.
Et c’est un record: en 2025, 61.459 chefs d’entreprises se sont retrouvés sans emploi (+1% par rapport à 2024). Pour la deuxième année consécutive, la barre des 60.000 pertes d’emploi est franchie.
« 168 dirigeants perdent leur emploi tous les jours », souligne sur RMC le président de l’association GSC, qui protège les entrepreneurs en cas de perte d’emploi, Hervé Kermarrec. « Beaucoup de dirigeants ont lancé tout leur patrimoine dans cette aventure, engagé leur famille, leurs fonds personnels », assure-t-il.
Lorsqu’ils doivent déposer le bilan, ces entrepreneurs se retrouvent « sans ressource, dans des moments extrêmement compliqués », explique Hervé Kermarrec, et doivent « licencier leurs salariés, remercier leurs fournisseurs et fermer leur boutique ».
Certains secteurs sont particulièrement concernés, comme le bâtiment et la restauration. RMC a rencontré l’un de ces chefs d’entreprises contraint de mettre la clé sous la porte.
« En tant qu’entrepreneur, on est souvent tout seul”
Il y a quatre ans, Grégoire décide de reprendre un club de jazz à Paris. Mais, l’été dernier, tout s’arrête lorsqu’il est contraint de revendre son établissement: « Malheureusement les charges étaient trop importantes, les dettes s’accumulaient… C’est un échec personnel, financier et professionnel. »
Un échec précédé pourtant de nombreux sacrifices pendant quatre années. « On s’est jamais versé de salaire, on a payé tous nos employés et beaucoup de charges. Nos salaires passaient après, on ne pouvait pas partir en vacances, on courait systématiquement après la trésorerie. En tant qu’entrepreneur, on est souvent tout seul”, poursuit Grégoire.
Maintenant que son club a fermé, ce père de famille de 47 ans se retrouve sans rien. Sans chômage et sans courage pour se relancer dans l’entrepreneuriat, il veut redevenir salarié.
« Le contexte économique est de plus en plus compliqué »
Il faut dire que les petites entreprises comme la sienne sont les plus exposées aux faillites, explique Hervé Kermarrec, président de l’association GSC:
« Le contexte économique est de plus en plus compliqué. Une entreprise qui vient de démarrer son activité est beaucoup plus à risque. Le contexte géopolitique n’aide pas non plus. Tout cela crée un ralentissement de la consommation. Et quand on consomme moins, on produit moins et ça met des entreprises en difficulté.”
Sur 10 entrepreneurs ayant perdu leur emploi, 8 dirigeaient une structure de moins de 5 salariés, rapporte l’Observatoire.

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