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Le terme « fascisme » provient des Faisceaux italiens de combat, mouvement créé par Benito Mussolini le 23 mars 1919 à Milan. En octobre 1922, près de 20 000 Chemises noires marchent sur Rome. Benito Mussolini est nommé chef du gouvernement par le roi Victor-Emmanuel III. En quelques années, l’autoritarisme du régime s’accroît et parvient à faire taire toute forme d’opposition. Après l’assassinat du député socialiste italien Giacomo Matteotti en 1924, Benito Mussolini affiche publiquement le vrai visage du régime : une dictature ultra-nationaliste qui s’appuie sur la violence et la censure pour asseoir son pouvoir.
À écouter
C’est contre l’essor de ce système politique que l’antifascisme apparaît en Italie. Il se construit principalement selon deux tendances : des groupes clandestins à l’intérieur de la péninsule – incarnés principalement par les communistes – et un antifascisme en exil en France : des socialistes, des communistes, des catholiques et des démocrates-libéraux. Les intellectuels italiens jouent également un rôle central. Le 1ᵉʳ mai 1925, le philosophe et historien Benedetto Croce rédige le Manifeste des intellectuels antifascistes, en réaction au Manifeste des intellectuels fascistes de Giovanni Gentile.
Journaux et tracts
Les antifascistes italiens ont des idées différentes quant à l’avenir politique de l’Italie. Les communistes et socialistes italiens appellent à la révolution, tandis que les catholiques souhaitent surtout rétablir la démocratie libérale. Dans les années 1920, des journaux clandestins se multiplient en Italie et en France, afin de décrire la vraie nature du régime et dénoncer les violences commises par le pouvoir. La circulation des idées passe aussi par la diffusion de tracts. En 1930, un militant du groupe antifasciste Giustizia e Libertà (Justice et liberté) survole la ville de Milan et envoie des milliers de tracts à la population lombarde.
La violence politique n’est pas centrale dans l’action antifasciste. En dehors de quelques attentats individuels, les coups d’éclat des antifascistes sont rares face à un appareil répressif puissant. L’Organisation de la surveillance et de la répression de l’antifascisme (OVRA) et le Tribunal spécial se chargent d’arrêter puis d’emprisonner les figures d’opposition, notamment Antonio Gramsci.
Face à la guerre d’Éthiopie
À partir des années 1930, l’antifascisme se solidifie sous la férule du mouvement Giustizia e Libertà, fondé un an plus tôt par Carlo Rosselli et Ernesto Rossi à Paris. Liberté, république et justice sociale sont les trois mots d’ordre du mouvement révolutionnaire. L’objectif de Giustizia e Libertà est de prendre les armes contre le régime mussolinien. En 1935, les militants antifascistes ne peuvent pas empêcher le déclenchement de la guerre d’Éthiopie. Profondément dispersés et divisés, ils restent faibles et minoritaires face à l’autoritarisme du régime mussolinien. L’antifascisme italien constitue cependant un premier exemple d’opposition politique au fascisme dans l’histoire.
Pour en savoir plus
Marie-Anne Matard-Bonucci est professeure d’histoire contemporaine à l’Université de Paris 8 et directrice de RevueAlarmer.
Ses publications :
- Totalitarisme fasciste, CNRS Éditions, 2018.
- L’Italie fasciste et la persécution des Juifs, Presses universitaires de France, 2012.
- L’Italie des années de plomb : Le terrorisme, entre histoire et mémoire, co-dirigé avec Marc Lazar, Autrement, 2010.
- L’homme nouveau dans l’Europe fasciste (1922-1945), entre dictature et totalitarisme, Fayard, 2004.

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