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9 mars 2026Le buste de Dalida à Montmartre recouvert d’une « armure » pour la Journée des droits des femmes
Le 8 mars, l’artiste Luz, militante féministe radicale, a placé un corset sur la sculpture parisienne de l’interprète avec Alain Delon de Paroles…Paroles. Elle voulait ainsi empêcher les mains des hommes de toucher sa poitrine comme un signe de porte-bonheur érotique.
À Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, la place Dalida rend hommage à la chanteuse franco-italienne (1933 – 1987), qui vivait à quelques pas, rue d’Orchampt. Un buste en bronze a été érigé pour marquer les 10 ans de sa disparition, le 3 mai 1987. Chaque jour, une trentaine de touristes s’y rassemblent, attendant leur tour pour toucher les seins de bronze, un geste considéré comme symbolique du bonheur en amour. À force d’être touchée, au fur et à mesure du temps, la poitrine de la sculpture s’est patinée au point de ressembler à une sorte de soutien-gorge doré.
Dimanche 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’artiste Luz a décidé de protéger le buste de Dalida d’une armure, en le recouvrant d’un corset blanc, qu’elle a elle-même conçu. Elle voulait ainsi protéger la statue et empêcher les gestes incongrus des touristes.
Sur ses réseaux sociaux, l’artiste Luz, de son vrai nom Lucie Lesterlou Tarride, a partagé un message : « J’ai posé une armure sur le buste de Dalida ». Il attaque ainsi une mauvaise habitude devenue une tradition qui consiste à toucher les seins statufiés de Dalida pour soi-disant pour être protégé par l’esprit de cette vénus du XXe siècle. Selon l’artiste, ce geste banaliserait les agressions sexuelles. « Des milliers de mains touchent ses seins, elles les lustrent jusqu’au doré, la poitrine est si éclatante, qu’elle a l’air de crier, écorchée par l’agresseur. » « Ça n’est pas qu’une statue qui est touchée, ce sont toutes les femmes qui sont humiliées », explique-t-elle dans sa vidéo.
Déposée dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mars, l’artiste a installé le corset blanc, orné de deux miroirs placés sur la pointe des seins de l’armure, avec l’inscription autour : « Regarde ce que tu fais. Regarde-toi ». Le but est de confronter l’agresseur à ses gestes qu’elle estime déplacés : « Cette armure a été réalisée dans les draps de leurs aïeules, les premières guerrières, dont les trousseaux deviennent aujourd’hui notre protection. Il y a désormais deux miroirs brodés, comme des clous, en allant les toucher, l’agresseur perçoit son reflet, face à lui-même le choix lui appartient, prendre conscience ou ignorer ».
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Fétichisme déplacé ou agression sexuelle ?
Son action militante vise à dénoncer la banalisation des agressions sexuelles : « Chaque jour elles sont attaquées, et elles aussi, comme Dalida, elles sont touchées, elles sont insultées, dénigrées, agressées, violées, tuées.» L’artiste Luz conclut en offrant cette armure à « toutes les femmes, celles qui se sont forgé une carapace pour leur survie, celles qui doivent faire plus pour rêver d’égalité, celles qui sont terrifiées et qui ne peuvent plus sortir le soir sans bouclier, celles qui sont enragées, qui se battent contre l’ennemi et qui pour mener le combat, ont besoin d’être protégées ».
Pour les élus écologistes et les élues féministes radicales, toucher les seins de la statue de Dalida est une provocation, un scandale. En novembre 2025, au conseil municipal, leur chef de file, Émile Meunier, suivi par Frédéric Badina-Serpette, Raphaëlle Rémy-Leleu, Douchka Markovic et Fatoumata Koné, s’était emporté : « Ces gestes relèvent d’une forme de banalisation du contact non consenti avec la représentation du corps féminin et traduisent une persistance symbolique d’appropriation du corps des femmes dans l’espace public. Ces mises en scène d’actes mimant une agression sexuelle participent à la culture d’impunité ». Et d’exiger que la ville de Paris aménage un socle plus élevé, mette des barrières et ajoute un panneau pédagogique pour « garantir l’intégrité » de l’œuvre.

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