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9 mars 2026Le monde d’Elodie du lundi 09 mars 2026 / Le groupe Archive de retour pour un 13e album : « Sans la France, on n’existerait pas »
Darius Keeler est d’abord un musicien anglais, leader du groupe de rock progressif et de musique électronique, originaire de Londres, Archive. Avec Danny Griffiths, il incarne la solidité de cette formation qui compte dans le paysage de la musique rock et électro. Depuis leur premier album Londinium, en 1996, le public les a adoptés et les suit dans leur recherche musicale très élaborée, avec toujours autant d’engagement, et ce, même quand ils travaillent pour les autres. Cela a été le cas avec Mylène Farmer. Le 27 février 2026, le groupe a sorti leur 13ᵉ album, intitulé Glass Minds. Ils seront en France dans le cadre de leur tournée : le 3 avril à la Seine musicale, à Paris et le 23 juillet au Théâtre Antique d’Arles.
franceinfo : Votre esprit, comme le titre de l’album l’indique, est donc en verre, mais il semble inviolable, même si vous tentez finalement de nous le livrer brut.
Darius Keeler : Je commence à croire que, d’une certaine manière, Archive est incassable et inviolable. On a eu vraiment une carrière très turbulente avec les majors, les maisons de disques, les différents membres du groupe et les ego. On a toujours essayé de se concentrer sur la musique avant toute chose.
Très tôt, vous avez été attiré, en tant qu’enfant, par les images et la littérature, avec notamment 1984, le roman dystopique. Quand on écoute la chanson Look at us, vous racontez à quel point le monde est déformé et à quel point il y a un sentiment d’urgence. Ce n’est pas négatif, ce n’est pas pessimiste, au contraire, il y a une lumière au bout du tunnel, mais vous nous invitez à reprendre notre vie en main.
« Je dirais qu’il n’y a plus trop de lumière aujourd’hui à la sortie du tunnel, c’est un peu ça le souci. »
La lumière dans le tunnel devient de plus en plus petite, les libertés, auxquelles on s’habituait, disparaissent un peu et je crois que ça devient tellement fou et tellement rapide. En termes de démocratie par exemple, je crois que tout le monde doit être concerné par ces sujets, surtout les jeunes, parce qu’enfant, le monde était si différent. Et ça fait peur parce que d’habitude, le changement arrive de manière beaucoup plus lente pour que le cerveau humain puisse absorber. Tous ces changements aussi rapides, c’est très difficile, je crois, pour la stabilité mentale des jeunes dans le monde aujourd’hui, il faut que ça change vraiment. Si on doit survivre, si la démocratie doit survivre, on ne peut pas avoir un tel niveau de corruption parce que la démocratie ne survivra pas. C’est mon opinion en tout cas.
Vous vous êtes rendu compte que, dans vos textes, vous appeliez au combat, un combat évidemment apaisé, mais que vous étiez vous-même un combattant.
Oui le truc, c’est que tout est un combat, en ce qui concerne votre esprit, quand vous essayez de gérer un changement. La folie autour de nous, la vitesse à laquelle ça va et les choses auxquelles on est confronté tous les jours. Je crois que notre musique, au travers des années, reflète depuis le premier album, d’abord le fait que les artistes ont une sensibilité pour refléter ce qui se passe dans le monde. Je crois que depuis le premier album, on a toujours été dans ce combat, en tout cas dans nos esprits, pour essayer de trouver du sens dans la folie qui nous encercle et qui nous entoure.
C’est en France que vous avez réussi à émerger avec votre groupe. Est-ce que ça a une saveur particulière de venir jouer en France dans cette tournée ?
Paris, c’est ma ville préférée dans le monde, sans aucun doute et pour Archive aussi. Comme vous l’avez dit, c’est là où on a attiré l’intérêt des gens pour la première fois.
« N’oubliez pas qu’on a fait notre premier album et que le groupe s’est déjà séparé. »
Il n’y avait plus d’Archive après Londinium parce que toutes les personnalités s’entrechoquaient. C’est seulement parce que notre label, à l’époque, a dit que les Français adoraient l’album, ils avaient acheté beaucoup de disques et ils voulaient faire de la promo et des interviews. Donc c’est là que Danny et moi, on s’est dit, ok, on recommence et on fait ces interviews. Donc, sans la France, on n’existerait pas, croyez-moi bien.
Tout ça pour dire finalement que ce qui vous constitue, c’est d’être libre et d’être romantique.
Absolument, oui, je suis un romantique, c’est sûr.

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