
Fumée noire au Vatican, pas de pape après le premier jour du conclave
9 mars 2026.avif)
2 morts et 559 interpellations en France pour les célébrations en marge de la Ligue des Champions
9 mars 2026Guerre au Moyen- Orient: le G7 et l’UE à l’épreuve de la hausse des prix du pétrole et du gaz
Dans les pays du Golfe, les installations comme les voies de Transport sont quotidiennement ciblées par l’ Iran. Et dans toute la région. Le détroit d’ Ormuz bien sûr où transitent 25 % du transport maritime mondial de pétrole. Mais aussi, le terminal pétrolier de Fujaïrah aux Emirats Arabes Unis a été endommagé par un incendie dû à la chute de débris d’un drone sans oublier les tensions qui ont conduit à l’arrêt des exportations du gaz du Qatar, le Qatar auquel l’on doit 20% de la production de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) au monde.
Le baril a flambé hier de 25%, dépassant les 110 dollars, du jamais vu depuis 2022. Ce matin, c’est le gaz européen qui a lui bondi de 30%. Même l’invasion de l’Ukraine par l’armée du Kremlin n’avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
L’UE craint la stagflation
Les ministres des Finances de l’Eurogroupe sont réunis en ce moment à Bruxelles avec à l’ordre du jour la question de l’énergie. Un débat prévu de longue date mais les conséquences sur les hydrocarbures de la guerre au Moyen-Orient lui confèrent une urgence absolue. Le Commissaire européen à l’économie avertit au début de cette rencontre du danger d’un un choc stagflationniste majeur » combinant à la fois stagnation et inflation. Pierre Bénazet est à Bruxelles.
« C’est le commissaire européen à l’économie Valdis Dombrovskis qui le dit, s’il s’éternise ce conflit pourrait provoquer un « choc stagflationniste majeur sur l’économie mondiale et européenne » entre perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et attaques contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe
Juste auparavant, le ministre français des Finances avait convoqué une réunion d’urgence de ses homologues du G7 (que la France préside actuellement). Ils se sont dits prêts à agir sur les stocks stratégiques pour faire retomber la fièvre des prix. Roland Lescure:
‘ Nous sommes d’accord pour suivre la situation de très près sur les marchés, l’impact évidemment sur la situation macroéconomique de nos pays, mais aussi l’impact au quotidien pour nos concitoyens qui sont affectés de manière directe, notamment, évidemment, par la hausse du prix de l’essence. Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans la réserve de stocks stratégiques de manière à stabiliser les marchés.’
Selon lui, ce sont les approvisionnements vers l’Asie qui sont actuellement bouleversés mais il n’existe pour l’instant aucun problème d’approvisionnement de pétrole ou de gaz, ni vers les États- Unis, ni vers l’Europe »
Le détroit d’Ormuz transporte normalement entre 17 et 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés. Ainsi, une libération des réserves stratégiques compenserait environ deux à trois semaines de flux normaux transitant par le détroit d’Ormuz s’il reste effectivement fermé. Quand ont-elles été utilisées en France ces réserves stratégiques ? Eléments de réponse avec Annabelle Grelier :
» La constitution de stocks stratégiques remonte à 1974 lors de la création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) après le choc pétrolier de 1973. Il s’agit d’un système mutualisé entre ses trente États membres parmi lesquels figurent notamment les membres de l’Union européenne, d’Amérique du Nord, mais aussi le Mexique, le Chili, la Colombie, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Chacun de ces trente pays a l’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes et d’être prêt à répondre collectivement à de graves perturbations de l’approvisionnement affectant le marché mondial du pétrole. Ce qui correspond clairement à la situation actuelle.
En France, ces réserves de carburant sont gérées par la Société anonyme de gestion de stocks de sécurité. Cet organisme dispose de près d’une centaine de sites de stockage un peu partout sur le territoire : des dépôts commerciaux, des raffineries et même un site de cavité saline, des grottes souterraines situées à Manosque au sud de la France. Depuis la fin des années 1990, la Sagess a multiplié par 5 ses stocks stratégiques.
Bercy n’a pas communiqué de chiffres récents mais la totalité de ces réserves stratégiques représentait, en 2020, environ 18 millions de tonnes de pétrole brut, de gazole et d’essence soit plus d’une centaine de jours de consommation.
Alors il y a deux manières de les débloquer. De façon collective, depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, ce fut le cas au moins trois fois. Soit chaque pays peut en décider individuellement. Le gouvernement français a par exemple pioché dans ses stocks stratégiques en 2016, lors du blocage des raffineries au moment des manifestations contre la loi Travail. Mais aussi à l’automne 2010, lors du mouvement social contre la réforme des retraites. «
Financièrement la séquence est favorable à Moscou
Le chancelier allemand Friedrich Merz se dit « préoccupé » par l’augmentation des prix de l’énergie . La Croatie plafonne les prix des carburants, tout comme le Premier ministre hongrois Viktor Orban.Par ailleurs, si ce scénario venait à se prolonger, la question se pose déjà de savoir s’il ne pourrait avantager la Russie, qui justement exporte principalement son pétrole à prix réduit vers l’Asie. Les circonstances actuelles sont favorables à Moscou qui condamne l’ intervention mais aussi qui profite dans une certaine mesure de la situation. C’est une correspondance de Moscou, Sylvain Tronchet : Vladimir Poutine a été l’un des rares dirigeants à adresser un message de félicitations à Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien.’ Je tiens à vous confirmer notre soutien indéfectible, la Russie restera un partenaire fiable ‘ a écrit le chef du Kremlin pour qui Téhéran reste un allié, même fragilisé. Pour autant la guerre que subit le régime iranien n’est pas qu’une mauvaise affaire pour Moscou, qui ne l’affiche pas. Mais la brutale hausse des cours du pétrole va impliquer une hausse de ses recettes d’exportation qui étaient en berne ces derniers mois. Mieux encore, pour éviter de trop déstabiliser le marché mondial, les Etats Unis viennent de lever les sanctions qui visaient à interdire à l’Inde d’acheter du pétrole russe. Quant à la Chine, qui était le principal acheteur de pétrole iranien, elle pourrait augmenter ses importations de brut russe. Financièrement la séquence est donc favorable pour Moscou. Elle l’est aussi diplomatiquement. La guerre en Iran a un effet de diversion vis à vis du conflit en Ukraine. Et le Kremlin a beau jeu de dire que dorénavant le droit international n’existe plus. Ce qui lui permet de continuer à bombarder l’Ukraine tout en appelant au cessez le feu en Iran.
Il n’y a pas de risque de « pénurie imminente d’approvisionnement en pétrole en Europe » a tempéré la Commission européenne .
Moyennant quoi, il est troublant de constater qu’au fil des crises, on ne change jamais le système de fixation des prix. Nous avons sollicité à cet égard Francis Perrin, directeur de recherche à l’ IRIS et chercheur associé au Policy Center for the New South ( Rabat- Maroc)
« Le système pétrolier mondial, on ne le change pas facilement. Il fonctionne depuis plusieurs décennies pour le moins. Il ne fonctionne pas d’ailleurs si mal d’une certaine façon. Parce que, en terme d’approvisionnement, si l’on se pose la question à quel moment le monde a -t- il vraiment manqué de pétrole au sens de pénurie physique, insuffisance de l’offre par rapport à la demande? Je ne parle pas seulement de forte hausse des prix, il y en a eu plusieurs, mais de pénurie physique ? Il faut remonter à fin 1973, ce qui n est pas tout à fait hier, alors que entre 1973 et aujourd’hui, il n’y a pas eu le calme plat au Moyen-Orient, il y a eu des crises, il y a eu des guerres, etc. Et pourtant, les approvisionnements pétroliers mondiaux ont été assurés dans les dernières décennies, ce qui montre que ce système pétrolier mondial, il n’est pas parfait comme tous les systèmes, mais évidemment, mais il ne fonctionne pas si mal. Par contre, évidemment, dès que les choses vont mal au Moyen-Orient et qu’elles ont un lien avec le pétrole, ce qui est le cas bien sûr de ce conflit contre l ‘ Iran, forcément les prix du pétrole flambent et ça, on ne peut pas l’éviter. Tant qu’on sera dans un système de prix du pétrole, cotée sur des marchés avec des prix cotés, sur des places boursières sur lesquelles on ne cote pas des actions, il y a évidemment des bourses pour les actions, mais on code des matières premières telles que le pétrole. »
Ne faudrait-il pas s’en affranchir?
« Alors, dans la logique de l’économie de marché, pourquoi s’affranchirait-on d’une logique de marché pour une matière première pétrole en en gardant pour tout le reste de l’économie une économie de marché? Ça nécessiterait alors une remise en cause plus fondamentale . Il n’y a pas évidemment un certain nombre de forces politiques qui poussent, mais elles ne sont pas, et de loin, majoritaires, elles s’inscrivent plus sur la gauche, voire à l’extrême gauche. Elles ne sont pas forcément au pouvoir, ou même assez rarement. On entend bien ce fait sur la place de Paris, des forces politiques , le Rassemblement National et La France Insoumise qui disent pour le premier, il faudrait réduire les taxes pour faire baisser les prix des carburants. Le second dit: il faudrait bloquer les prix des carburants à la pompe. Mais ces forces- là ne sont pas au pouvoir. Pour l’instant en tout cas. Et ceux qui sont au pouvoir en France, au niveau de l’Union Européenne, au niveau d’autres pays occidentaux et d’autres d’ailleurs, y compris la République populaire de Chine, ne sont pas des dirigeants qui sont prêts à renoncer à ce qu’ils estiment être les bienfaits – et ça ne veut pas dire qu’il n’y a que des bienfaits- de l’économie de marché. Et ça vaut aussi pour le secteur pétrolier. Jusqu’à aujourd’hui en tous cas. »
L’Union européenne dit être prête à renforcer ses missions de protection du trafic maritime en raison de la guerre au Moyen-Orient.
L’UE est disposée « à adapter et à renforcer davantage » ses missions de protection, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l’issue d’une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

9999999
