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10 mars 2026« Victor comme tout le monde » : Fabrice Luchini comme un poisson dans l’eau dans la peau d’un amoureux d’Hugo
Ce film, écrit par Sophie Fillières et réalisé par Pascal Bonitzer, s’empare de la figure de Victor Hugo avec la complicité de l’un de ses plus grands admirateurs et serviteurs, Fabrice Luchini.
Pascal Bonitzer met en scène le film imaginé et écrit par Sophie Filière, disparue en 2023 avant d’avoir eu le temps de le réaliser elle-même. Victor comme tout le monde, un film singulier sur la paternité empêchée, racontée sous la double houlette de Victor Hugo et de Fabrice Luchini dans la peau d’un acteur obsessionnel, sort dans les salles le 11 mars 2026.
Robert Zucchini (Fabrice Luchini) est un acteur passionné par Victor Hugo. Chaque soir, il dit ses textes et le raconte sur scène, puis en parle encore quand il n’y est plus. En dehors de cette passion, Robert a des angoisses, qu’Annabelle, sa compagne (Chiara Mastroiani), qui voyage beaucoup, tempère. Un jour qu’il va acheter son pain, la boulangère, qui le connaît bien, lui tend un journal.
Une jeune femme qui n’a pas laissé son nom l’a déposé à la boulangerie pour lui, avec pour consigne de consulter la chronique nécrologique. Il y apprend que la mère de sa fille est morte. La jeune fille porteuse du message est sa fille Lisbeth (Marie Narbonne), aujourd’hui âgée d’une vingtaine d’années. Cet événement marque le début d’un rapprochement avec cette enfant qu’il a toujours négligée.
Presque en même temps que la sortie de Maigret ou le Mort amoureux, une adaptation d’un roman de Simenon, Pascal Bonitzer signe ce film qui consacre un autre monument de la littérature. Le projet a été imaginé et écrit par Sophie Filière, disparue le 31 juillet 2023. Après Ma vie ma Gueule, sorti en 2024 après la mort de la réalisatrice, cet autre projet qu’elle n’a pas eu le temps de réaliser, a été repris en mains par Pascal Bonitzer, avec qui la réalisatrice a partagé sa vie.
Fabrice Luchini y incarne une sorte de double de lui-même, légèrement décentré. Un acteur amoureux des mots et surtout de ceux d’Hugo, qui l’obsèdent. Il connaît chaque ligne qu’il a écrite, et aussi les moindres détails de son existence. Il passe tout son temps, outre les moments où il joue sur scène le spectacle qui lui est consacré, à le citer, à réciter ses poèmes, à revenir sur le drame de la mort de sa fille… Il saoule son entourage avec cette obsession, qui frise la vénération.
En enquêtant sur sa fille, il croise trois jeunes femmes qui ont un autre regard sur cet écrivain qu’il célèbre sans bémols. Les trois jeunes femmes ont monté au Toucan Blanc, le théâtre de son ex, un spectacle sur Hugo, mais du point de vue des femmes qui ont partagé sa vie. Une discussion s’ouvre. Là où Zucchini encense le génie, les filles parlent d’Hugo comme d’un « queutard ». « L’un des thèmes du film est en effet la contestation féministe du personnage de Hugo. Contestation incarnée par les trois actrices que jouent Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro et Iris Bry. Sans oublier Sarah Touffic Othman-Schmitt la magnifique actrice qui joue la petite boulangère », explique Pascal Bonitzer.
Ainsi le film propose un regard d’aujourd’hui sur Hugo, une manière de déconstruire gentiment, « sans hargne », le mythe du géant. Ses mots, une langue littéraire, se frottent dans les dialogues à celle d’aujourd’hui. Cette juxtaposition a un effet comique qui permet en plus de la magnifier, de la faire mieux entendre, de la désacraliser pour mieux la ramener à nous.
Après s’être courus après, le père et la fille finissent par se retrouver et entament un beau voyage dans les pas d’Hugo. Un voyage qui ne manquera pas d’ouvrir à Robert un nouveau chapitre de son existence., moins focalisé sur son métier d’acteur, plus ouvert au monde qui l’entoure.
« J’ai imaginé le portrait d’un acteur célèbre (Fabrice, donc), dont le quotidien routinier, partagé entre ses représentations théâtrales et sa vie conjugale, établie dans la complicité et l’intelligence mais peut-être un peu terne, se verrait bousculer par l’apparition d’une fille longtemps inconnue. Hugo [titre de travail de Victor comme tout le monde] est ainsi l’histoire d’un acteur qui aurait consacré son existence à son métier, au risque de s’y perdre, et qu’un accident heureux du destin ramènerait à la vie, à la tendresse, à l’ouverture à l’autre », expliquait Sophie Fillières.
La filiation est au cœur de ce film. Celle entre un père et sa fille – Robert et la sienne, en écho à celle, tragique d’Hugo et de Léopoldine, noyée. Les mots du poète résonnent avec cette histoire plus contemporaine d’un père privé de sa fille non pas par accident, mais par maladresse, par pudeur, de sa part. Cette jeune fille, incarnée avec justesse et retenue par Marie Narbonne, saura lui apprendre à devenir un père.
« C’est un film en trompe-l’œil, un feuilleté temporel et imaginaire, dans lequel je multiplie les régimes de fiction et m’amuse de leur porosité. Entre passé et présent, fantasmes et réalité, je m’attache à ces hommes paumés, chacun à leur manière, à la fois drôles et mélancoliques, tendres et âpres. » expliquait Sophie Fillières.
La filiation est également celle d’une auteure, réalisatrice, dont les enfants ont porté ce projet pour qu’il puisse voir le jour entre les mains de Pascal Bonitzer et Fabrice Luchini.
Victor comme les autres nous offre autant le portrait d’Hugo que celui de Luchini, qui donne ici sans en faire trop une interprétation sensible, à la fois de lui-même, mais aussi de ce père déficient en séance de rattrapage. Il donne aussi à entendre cette magnifique langue de Victor Hugo, servie par un Luchini coutumier et magistral artisan de cet exercice, même si quand l’idée du film est née, il n’avait pas encore créé son spectacle sur Victor Hugo. Trois représentations, captées au Théâtre de la Porte Saint-Martin ont été intégrées au film.
Si Fabrice Luchini est au centre de cette histoire, en compagnie d’Hugo, les personnages secondaires ne sont pas négligés, des trois copines « féministes » (Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro et Iris Bry) au chauffeur Mabrouk (David Ayala), à la jeune nièce de la boulangère, prénommée Eponine (Sarah Touffic Othman-Schmitt), en passant par Cosima l’assistante de Robert Zucchini (Naidra Ayadi), chacun et chacune a droit à une belle partition.
Toute cette histoire est déployée avec une grande tendresse, et de l’humour. Une patte de la réalisatrice disparue, qu’ont su fidèlement faire revivre Pascal Bonitzer et Fabrice Luchini.
Genre : Comédie dramatique
Réalisation : Pascal Bonitzer | Par Sophie Fillières
Avec : Fabrice Luchini, Chiara Mastroianni, Marie Narbonne
Pays : France
Durée : 1h 28min
Sortie : 11 mars 2026
Distributeur : Les Films du Losange
Synopsis : Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vu grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?

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