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10 mars 2026Municipales 2026 à Strasbourg : la maire écologiste en danger, une élue socialiste de retour… Tout comprendre des enjeux du scrutin
Victorieuse en 2020, l’écologiste Jeanne Barseghian se retrouve face à une dizaine de candidats. Alors que la gauche avance divisée, la socialiste Catherine Trautmann pourrait reprendre l’hôtel de ville.
L’écologiste Jeanne Barseghian parviendra-t-elle à conserver la mairie de Strasbourg ? C’est la question qui agite les habitants de la huitième ville de France, alors que le parti de Marine Tondelier avait célébré, en 2020, la prise de la capitale alscacienne. Les électeurs strasbourgeois sont invités, lors des municipales des 15 et 22 mars, à lui renouveler leur confiance ou à lui désigner un successeur. La ville de 290 000 habitants aiguise les appétits avec pas moins de dix de candidats, dont l’ancienne maire socialiste, Catherine Trautmann, qui espère bien réaliser un come-back triomphant. Franceinfo vous résume tout ce qu’il faut savoir sur le scrutin strasbourgeois.
Qui sont les candidats ?
Ils sont très nombreux. La maire sortante écologiste, Jeanne Barseghian, a annoncé dès juillet 2025 son envie de repartir pour un second mandat afin de « continuer à se battre pour faire face à l’urgence écologique et sociale ». Elle ne pourra pas compter sur une gauche unifiée derrière elle puisque chacun y va de sa candidature. A 74 ans, la socialiste Catherine Trautmann tente un grand retour après avoir dirigé la ville de 1989 à 1997, puis de 2000 à 2001. « Je m’engage aujourd’hui à être candidate pour que Strasbourg redevienne cette ville qui prend soin, élève, innove et émancipe », a annoncé l’ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin lors de l’officialisation de sa candidature en octobre.
Conseiller d’Alsace, Florian Kobryn sera lui candidat pour La France insoumise, tandis que les cheminots Clément Soubise et Louise Fève représenteront respectivement le NPA-Révolutionnaire et Lutte ouvrière.
Au centre et à droite, le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz, encarté à Horizons, est soutenu par Renaissance, mais pas par le MoDem. Le parti de François Bayrou soutient le candidat des Républicains, Jean-Philippe Vetter, également conseiller municipal d’opposition. Du côté de l’extrême droite, c’est Virginie Joron, eurodéputée du Rassemblement national et ex-conseillère régionale du Grand Est, qui sera tête de liste pour son parti mais aussi pour l’Union des droites d’Eric Ciotti.
Fahad Raja Muhammad, étudiant en ingénierie informatique et militant associatif, sera lui candidat pour le Mouvement populaire indépendant qu’il a lui-même lancé. Enfin, Mohamed Sylla, cadre syndicaliste, sera tête de liste du parti Utiles, notamment fondé par Bertrand Pancher, ex-président du groupe Liot à l’Assemblée.
Que proposent-ils ?
A gauche, Jeanne Barseghian propose notamment d’encadrer les loyers des logements et des commerces, mais aussi toute une série de mesures écologistes comme la création de nouveaux parcs, la limitation de la vitesse à 30 km/h sauf pour les grands axes, l’extension du réseau de pistes cyclables, la création d’un service public du stationnement vélo ou la garantie de bus roulant 24h/24, détaille Actu.fr. La socialiste Catherine Trautmann, qui veut redonner du « pouvoir de vivre » aux Strasbourgeois, selon le journal Dernières nouvelles d’Alsace, propose la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans, l’encadrement des loyers et la gratuité des 15 premiers m3 d’eau. Elle veut aussi interdire la circulation à vélo dans plusieurs rues du centre, selon Actu.fr. L’insoumis Florian Kobryn, qui veut « rendre Strasbourg fière », entend lui faire de la lutte contre les discriminations son étendard et annonce que la ville se « portera partie civile dans toutes les affaires judiciaires liées aux discriminations », rapportent les Dernières nouvelles d’Alsace.
Au centre et à droite, Pierre Jakubowicz souhaite lui enterrer l’autoroute M35, qui sépare la ville de ses quartiers ouest. « Strasbourg doit se reconnecter à elle-même », explique-t-il au site Rue89. Le candidat propose aussi la création de dix nouvelles mairies de quartier ainsi que le recours au référendum local d’initiative partagée, avec l’organisation d’un référendum par an, rapporte le média local Pokaa.fr. Jean-Philippe Vetter axe lui sa campagne sur la libéralisation de l’économie et souhaite créer une « task force » de patrons et un interlocuteur unique en mairie, selon Actu.fr. Du côté de l’extrême droite, Virginie Joron propose un grand plan de stationnement, le recrutement de 50 policiers municipaux supplémentaires ou encore le gel des impôts et la baisse de la taxe foncière.
Que disent les sondages ?
L’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann peut nourrir de sérieux espoirs de reprendre Strasbourg, plusieurs enquêtes la plaçant en tête. Un sondage Elabe paru le 10 décembre et commandé par le parti Horizons la crédite de 29% des voix au premier tour, tandis que Jeanne Barseghian fait jeu égal avec Jean-Philippe Vetter à 16%. Les candidats suivant sont dans un mouchoir de poche : Florian Kobryn est crédité de 12% des voix, Virginie Joron de 11% et Pierre Jakubowicz de 10%.
Selon un sondage Ipsos pour le groupe Ebra publié cette fois le 4 février, la socialiste arrive en tête avec 31% des voix, devant la maire Jeanne Barseghian (22%) et le candidat LR Jean-Philippe Vetter (19%). Suivent ensuite la liste RN de Virginie Joron (11%), puis celle LFI de Florent Kobryn (9%) et celle du centriste Pierre Jakubowicz (6%).
Un sondage Cluster 17 pour Politico a confirmé cette tendance le 16 février. Catherine Trautmann est de nouveau créditée de 31% des voix au premier tour, tandis que Jeanne Barseghian est à 20%, Jean-Philippe Vetter à 19%, Virginie Joron à 11%, Florian Kobryn à 10% et Pierre Jakubowicz à 5,5%. Ces sondages ont néanmoins été réalisés avant le retrait de la candidature de Cem Yoldas, qui menait jusque-là la liste du Nouveau parti anticapitaliste.
Comment se déroule la campagne ?
Comme dans toutes les campagnes, l’opposition s’unit au moins sur une chose : haro sur la maire sortante. « Strasbourg va mal », a déclaré la socialiste Catherine Trautmann à l’AFP. L’élue cible notamment la mairie sortante sur son bilan sur les mobilités. « Ils ont fait de l’antivoiture une sorte de marque et ils ont pensé qu’ils effaceraient ce que j’avais fait à l’époque pour réduire la circulation automobile, plaide-t-elle. Mais ils ont été incapables de faire un plan de circulation valable. » « On voit que Strasbourg s’est dégradé, c’est pour ça j’ai appelé ma liste : ‘Sauvez Strasbourg », a assuré Virginie Joron sur BFM Alsace. Strasbourg « étouffe », a de son côté estimé Jean-Philippe Vetter dans les Dernières nouvelles d’Alsace.
« Chaque conférence de presse de l’opposition est l’occasion de dire que la ville a été très mal gérée, notamment sur le plan économique », rapporte le journaliste Jules Scheuer, qui couvre la campagne pour le média Pokaa, contacté par franceinfo. Selon lui, les rumeurs vont bon train dans la ville sur les tractations qui auront lieu dans l’entre-deux-tours. « Aura-t-on une quadrangulaire ? Une pentagulaire ? » interroge-t-il, tout en posant la question des alliances et des désistements éventuels.
La campagne restait cependant « assez fair play » sur le terrain, sans événement notable entre les candidats. Jusqu’au mercredi 25 février au soir, date à laquelle Cem Yoldas a annoncé le retrait de sa candidature. En cause : son ancienne fonction de porte-parole de la Jeune Garde antifasciste, le mouvement mis en cause dans la mort du militant identitaire Quentin Deranque. « Les menaces de l’extrême droite sont aujourd’hui trop grandes. C’est pourquoi nous avons pris la lourde décision de nous retirer des élections municipales afin de protéger les colistières, colistiers et leurs familles », a-t-il déclaré. L’ex-tête de liste NPA a annoncé vouloir porter plainte contre les auteurs des menaces à son encontre. Mais aussi contre Virginie Joron, candidate du RN, à qui il reproche d’avoir publié sur les réseaux sociaux l’adresse de son lieu de travail.
Autre fait marquant : le local de campagne de Jeanne Barseghian a été tagué dans la nuit du 26 au 27 février, avec des slogans comme « ici c’est la France » et « à mort les traîtres », a annoncé son équipe, qui compte porter plainte. Ces slogans « s’inscrivent clairement dans le registre de l’extrême droite et constituent des menaces de mort », a relevé l’équipe de campagne dans un communiqué.

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