
L’auteur de BD Bastien Vivès face aux juges pour diffusion d’images pornographiques de mineurs
10 mars 2026
Emmanuel Macron s'est rendu sur le porte-avions Charles de Gaulle
10 mars 2026Municipales 2026 à Nantes : la droite rêve de victoire dans ce fief de la gauche, LFI vise le second tour… Tout comprendre des enjeux du scrutin
Publié
Temps de lecture : 6min
Huit listes s’affrontent pour diriger la ville d’environ 325 000 habitants, à gauche depuis 1989. La maire sortante, Johanna Rolland, est en campagne pour un troisième mandat. Elle fait face à une candidature insoumise qui pourrait lui coûter la victoire en cas de triangulaire.
La sixième ville de France est dans le viseur des Républicains (LR). A l’occasion des municipales, lors des dimanches 15 et 22 mars, la droite souhaite reconquérir Nantes, dirigée par la gauche depuis 1989. La maire socialiste, Johanna Rolland, en poste depuis 2014, doit faire face à une candidature de La France insoumise (LFI) qui, en cas de maintien au second tour, la fragilisera dans le cadre d’une triangulaire. Une défaite de la numéro 2 du parti à la rose aurait d’autant plus une résonance nationale que le patron des Républicains, Bruno Retailleau, voisin vendéen et ancien président de la région des Pays de Loire, y verrait un succès personnel en vue de sa candidature à la présidentielle de 2027.
Qui sont les candidats ?
Huit listes sont sur la ligne de départ pour diriger la ville d’environ 325 000 habitants. Johanna Rolland, en campagne pour un troisième mandat, a rassemblé l’ensemble de la gauche, à l’exception de LFI. Outre le PS, l’édile de 46 ans a en effet le soutien de dix autres mouvements politiques (dont Les Ecologistes, les communistes, le Parti radical de gauche, et Place publique). Avec ce regroupement, elle espère arriver en tête du premier tour.
Face à elle, Foulques Chombart de Lauwe conduit une liste divers droite regroupant LR, Horizons, Renaissance et le MoDem. Vainqueur surprise de la primaire locale organisée par son parti, il est ainsi parvenu à réunir autour de lui une grande partie des forces du centre. Sa numéro 2 est Sarah El Haïry, figure du parti de François Bayrou, ancienne ministre et actuelle haute-commissaire à l’Enfance. Néanmoins, il doit affronter une liste dissidente menée par Mounir Belhamiti, ancien député macroniste, battu aux législatives de 2024. « La nuance est chez nous. L’équilibre est chez nous », affirme celui-ci dans un entretien à Ouest-France.
Le conseiller régional William Aucant défend les couleurs de La France insoumise. Il doit affronter la dissidence de Margot Medkour, qui avait été soutenue par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon aux municipales de 2020. Nicolas Bazille est le candidat de Lutte ouvrière et Alexandre Gauvin celui du Nouveau Parti anticapitaliste. Enfin, Jean-Claude Hulot mène la liste du Rassemblement national, dans une ville qui n’est traditionnellement pas favorable au parti de Jordan Bardella.
Que proposent-ils ?
Le logement est un sujet central de la campagne, dans un contexte d’expansion démographique. L’agglomération nantaise gagne ainsi chaque année 8 000 habitants depuis 2010. Parmi ses propositions, Johanna Rolland fixe un objectif de 40% de logements sociaux dans les constructions neuves et souhaite encadrer les loyers. Foulques Chombart de Lauwe affirme dans son programme électoral vouloir passer « de 38% à 50% de propriétaires », tout en misant sur une « politique antisquat renforcée ».
La sécurité représente un autre thème central pour les candidats. Les différences portent notamment sur l’armement de la police municipale. William Aucant, Margot Medkour, Nicolas Bazille, et Alexandre Gauvain y sont opposés, contrairement à Foulques Chombart de Lauwe, Mounir Belhamiti et Jean-Claude Hulot. Johanna Rolland n’y est pas favorable, rappelant que les policiers sont déjà équipés d’armes non létales, les pistolets à impulsion magnétique. Elle promet d’augmenter les effectifs de la police municipale. La droite veut pour sa part tripler le nombre de caméras de vidéoprotection.
Le coût des transports publics dans la ville constitue un autre sujet de campagne. La gratuité des transports le week-end est mise en place depuis 2021. La maire sortante veut l’étendre toute la semaine pour 15 000 nouvelles personnes via un tarif de solidarité. Le candidat LFI propose une évolution similaire, mais pour les moins de 26 ans. En revanche, Jean-Claude Hulot et Foulques Chombart de Lauwe souhaitent remettre en cause le dispositif. Le leader de la liste de droite prévoit d’organiser une consultation citoyenne sur ce sujet. Les programmes des candidats sont disponibles dans cet article de France 3 Pays de la Loire.
Que disent les sondages ?
Trois sondages ont été révélés début mars, donnant des résultats différents. Dans une enquête Odoxa commandée par Les Républicains, Foulques Chombart de Lauwe (34%) est au coude-à-coude avec Johanna Rolland (35%) au premier tour. Une étude Ifop, commandée par le PS, donne au contraire une large avance au premier tour pour la maire sortante face au candidat de droite (43% contre 26%). Le dernier sondage en date, réalisé par Cluster17 pour le site Politico, crédite Johanna Rolland de 38% et son challenger de droite de 31%. Dans les trois cas, la liste LFI de William Aucant est en position de se maintenir au second tour (entre 12,5% à 13,5%).
Les intentions de vote pour le second tour, qui sont à prendre avec une grande précaution, divergent également selon les enquêtes d’opinion. Celle de l’Ifop place Johanna Rolland largement en tête, tandis que celle d’Odoxa donne une petite avance à Foulques Chombart de Lauwe dans le cadre d’une triangulaire avec LFI.
Comment se déroule la campagne ?
Si les derniers jours ont été marqués par une polémique sur les commanditaires des sondages, la campagne s’est déroulée selon les codes habituels d’un affrontement entre la gauche et la droite. Foulques Chombart de Lauwe cible la maire sortante sur la sécurité. « Johanna Rolland, pour des raisons idéologiques, avec ses alliés, apporte 5% de la réponse qu’il faut apporter », a-t-il déclaré à l’AFP.
En retour, la socialiste dépeint son adversaire comme « très à droite » et « rétrograde ». « Plus le temps passe, plus il devient un adversaire de Nantes. Je ne le laisserai pas faire : notre ville mérite d’être protégée contre celles et ceux qui veulent l’abîmer », affirme-t-elle auprès de l’agence de presse. Johanna Rolland se présente également comme une opposante à la politique budgétaire de la présidente des Pays de la Loire, Christelle Morançais (Horizons), qui a notamment coupé des subventions aux associations culturelles.
L’édile a par ailleurs dû faire face aux nombreuses attaques venues des autres listes de gauche. « Si nous sommes en rupture avec le PS, c’est que ce n’est pas par posture. C’est pour dire que ce qui a été fait depuis dix ans n’est pas convaincant », a déclaré William Aucant, invité d’ICI Loire Océan en décembre 2025.

9999999/2026/03/09/nantes-69aec829c688c847506272.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
