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10 mars 2026« No pasarán », guerre d’Espagne et solidarité antifasciste internationale : épisode du podcast Antifascisme, une histoire
Alors que des mouvements fascistes s’installent progressivement dans l’Europe des années 1930, la monarchie et le clergé espagnols n’y sont pas imperméables. Le parti fasciste la Phalange est fondé en 1933. Face à cette montée du fascisme et à la précarité des campagnes, les paysans espagnols organisent une grève générale lors des moissons de juin 1934. Violemment réprimés par Franco, conseiller direct du ministre de la Guerre à cette période, plusieurs milliers de paysans se retrouvent en détention. Des mobilisations et une solidarité antifasciste s’organisent alors dans le pays.
S’armer hors des frontières espagnoles
Dès les débuts de la guerre civile espagnole en 1936, des armes circulent parmi les antifascistes. Des fusils sont cachés dans des camions depuis la France et traversent la frontière, au risque d’être arrêtés. La France hexagonale devient une plaque tournante des opérations d’armement pour les antifascistes espagnols. C’est néanmoins en Belgique et en Suisse que la contrebande d’armes est la plus importante, facilitée par la législation de ces pays et l’abordabilité de leurs prix.
Les gouvernements européens ne soutiennent pas ces armements illégaux. En 1936, tandis que les brigades internationales viennent en aide aux républicains espagnols, la France et l’Angleterre adoptent une politique de non-intervention et sont rapidement suivies par vingt-cinq autres puissances. L’envoi de lait concentré pour les nourrissons est préféré à celui des armes.
Les anarchistes espagnols font la une
Dès la révolte paysanne de 1934, des journaux de gauche et d’extrême gauche européens envoient des reporters et des reportrices en Espagne pour couvrir les événements. La situation espagnole est très suivie en Europe et se fait le miroir de la montée du fascisme. Documenter les massacres et les bombardements permet de sensibiliser les puissances voisines et encourage à la solidarité avec le peuple espagnol. À partir de 1938, le ton change. Les journalistes ne font plus d’odes à la victoire antifasciste et les unes des journaux se désintéressent de la question espagnole. Certains journalistes fuient, conscients qu’une guerre (mondiale) est sur le point d’éclater.
Pour en savoir plus
Anne Mathieu est maîtresse de conférences HDR à l’Université de Lorraine, historienne du journalisme au XXᵉ siècle, spécialiste de la guerre civile espagnole. Elle est responsable scientifique du corpus « Journalistes engagés » dans le Maitron et directrice de la revue Aden.
Ses publications :
- Sur les routes du poison nazi : reporters et reportrices de l’Anschluss à Munich, Syllepse, 2024.
- Nous n’oublierons pas les poings levés. Reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne, éditions Syllepse, 2021.
- (dir. avec François Ouellet) Journalisme et littérature dans la gauche des années 1930, Presses universitaires de Rennes, 2014.
Pierre Salmon est maître de conférences en histoire contemporaine à l’École normale supérieure et membre de l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC).
Ses publications :
- (dir. avec François Godicheau et Mercedes Yusta Rodrigo) La Guerre d’Espagne 1936-1939. La démocratie assassinée, Tallandier, 2026.
- Un antifascisme de combat. Armer l’Espagne révolutionnaire (1936-1939), Éditions du Détour, 2024.

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