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10 mars 2026Vrai ou faux. Guerre au Moyen-Orient : la France est-elle dans une meilleure situation qu’en 2022 sur le plan des énergies, comme l’affirme Maud Brégeon ?
En pleine guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, lundi 9 mars au matin, le prix du baril de WTI (référence américaine) était de 115 dollars; le Brent de Mer du Nord (référence en Europe) est à 116 dollars, avant de redescendre un peu. Dans les deux cas, c’est une hausse autour de 30%, du jamais vu depuis 2022 suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le conflit a donc des conséquences sur les prix à la pompe en France. Plusieurs responsables politiques appellent alors le gouvernement à prendre des mesures fiscales pour limiter cette hausse, comme ça avait été le cas en 2022, au début de la guerre en Ukraine. Pourtant, il n’en est pas question pour le moment, répond la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Brégeon. « Nous sommes dans une situation très différente de celle de 2022 puisque le parc nucléaire fonctionne à plein et donc joue ce rôle de tampon, d’amortisseur », affirme-t-elle.
**En effet, la France est moins dépendante énergétiquement aujourd’hui qu’en 2022. Il y a quatre ans, ce qu’on appelle le taux d’indépendance énergétique de la France, c’est-à-dire le ratio entre notre production et notre consommation d’énergie, était de 50,6% seulement. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2024, ce taux est remonté à 61%. C’est dû majoritairement, comme le dit Maud Brégeon, à la remontée de notre production d’électricité nucléaire. Il faut dire qu’en 2022, cette production était à son plus bas niveau depuis 1988, car de nombreuses centrales étaient à l’arrêt pour des réparations. Deux ans plus tard en 2024, la production nucléaire avait rebondi de près de 30%.
Une forte dépendance pour le pétrole et le gaz
Pour autant, la France est encore loin de l’indépendance totale sur le plan des énergies. Aujourd’hui, le pétrole et le gaz représentent 56% de ce qu’on appelle le mix énergétique, c’est-à-dire ce que nous consommons en énergie. L’électricité n’en représente que 27%. Or, la France importe quasiment l’intégralité des hydrocarbures qu’elle consomme. Pour le pétrole, nos principaux fournisseurs sont les pays de l’Opep à 40%, dont l’Arabie saoudite, l’Iran, le Koweït ou les Émirats arabes unis, directement touchés par la guerre actuellement. Les États-Unis arrivent loin derrière avec 23%. Quant au gaz, il vient principalement de Norvège. Arrivent ensuite les États-Unis et la Russie, encore aujourd’hui.
Mais, même si la France décidait d’importer son pétrole plutôt des États-Unis, par exemple, cela ne changerait rien sur les prix. D’abord, le pétrole est un marché mondial, fixé par l’offre et la demande, donc moins il y en a, plus il coûte cher et ce peu importe d’où il vient. Ensuite, comme l’explique Emmanuel Ampaud, président de la FF3C, Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, parce que ce qui nous manque actuellement, c’est surtout du pétrole raffiné : de l’essence qu’on peut directement mettre dans les voitures. Or, les États-Unis ne vendent que du pétrole brut à l’Europe. Il existe bien un pays qui a les infrastructures pour exporter du pétrole raffiné : la Russie, mais l’Europe a décidé de s’en passer depuis 2023.

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