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10 mars 2026ville sale, police, caméras… les propositions des candidats Allisio, Delogu, Payan et Vassal avant le premier tour
La parole était donnée aux principaux candidats à la mairie de Marseille ce lundi 9 mars sur France 3 – Ici Provence-Alpes. Les questions de la sécurité, de la propreté, du logement et des alliances au second tour sont évoquées par les candidats favoris des sondages : Benoît Payan, Franck Allisio, Martine Vassal et Sébastien Delogu.
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A quelques jours du premier tour des élections municipales 2026 à Marseille, chacun des quatre principaux candidats répond aux questions de Thierry Bezer et Philippe Boccara sur les thèmes clés de leur campagne. Sécurité, logement, propreté, alliances au second tour… Voici ce qu’il faut retenir de ces échanges.
La sécurité : policiers, caméras et même couvre-feu pour mineurs
C’est l’un des thèmes majeurs de cette campagne, et aucun des candidats ne sous-estime cette question. « c’est plus que la première préoccupation des marseillais, c’est l’urgence », « c’est la priorité des Marseillais, je ne veux plus entendre j’ai peur », renchérit Martine Vassal. Tous proposent, chiffres à l’appui, plus de policiers municipaux et plus de caméras de surveillance.
Pour Franck Allisio (RN) : la promesse est martelée : deux fois plus de policiers municipaux (passer à 2000 agents) et le double de caméras de surveillance ( arriver à un parc de 4000) , « Perpignan, Nice, Cannes, je peux en citer plein ont beaucoup plus de caméras de vidéosurveillance par rapport au nombre d’habitants, beaucoup plus de policiers municipaux au nombre d’habitants. » Il propose aussi un couvre-feu pour les moins de 16 ans à partir de 22 heures sur toute la ville. Ce qui implique une police patrouille et des brigades mixte policiers municipaux et police nationale
Pour Sébastien Delogu ( LFI) : il n’y a pas de tabou. « Nous souhaitons aujourd’hui apporter des moyens supplémentaires à cette police, nous allons faire donc des unités de police municipales dans tous les secteurs et quand les personnes auront un problème c’est pas une caméra où il y a un agent qui va sauter pour pouvoir leur venir en aide, ce sera des agents sur le terrain qui pourront justement renforcer la sécurité et surtout la prévention dans nos quartiers. » Pour le candidat LFI, il faut une brigade de police municipale supplémentaire qui, elle, sera désarmée pour venir faire de la médiation et de la prévention dans les quartiers
Sébastien Delogu, candidat LFI à la mairie de Marseille
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Pour Benoît Payan ( DVG) : il faut des caméras en plus, des policiers municipaux aussi (même si leur effectif a doublé depuis 2020, ils sont passés de 400 à 800). « Quand on arrive en 2020, on a 1500 caméras. Et sur ces 1500 caméras, un tiers ne fonctionnaient pas, soit n’ont jamais été allumées, soit étaient en panne ou elles avaient été installées dans des endroits qui ne servaient à rien. » Le candidat a sa succession le répète : les caméras n’empêchent pas les délits mais elles servent à l’enquête. Benoît Payan veut en rajouter 500 aux 2000 déployées actuellement, placées en priorité devant les écoles de Marseille. « Elles aident la police judiciaire, elles aident la police scientifique. Elles aident dans la lutte contre le narcotrafic. » Remonter les effectifs de la police nationale reste aussi une priorité, un dossier à défendre. « On regagne 100 policiers par an depuis 2021. »
Pour Martine Vassal (DVD et Centre) : la présidente de la Métropole candidate à la mairie de Marseille place la sécurité en avant et veut doubler voire tripler, elle-aussi, le nombre de policiers municipaux. Et pour la candidate de la droite, il faut s’équiper de moyen à haute technologie : des drones pour la police, des caméras de surveillance avec IA et « il faut mettre des points d’appel pour qu’on puisse justement dans la rue pouvoir appuyer sur un bouton et puis déclencher des caméras. » Le tout avec une police proximité dans tous les quartiers au service des commerçants et des habitants, qui travaille avec la police municipale. Il est aussi question de la création d’une « bac municipale ».
La propreté, Marseille doit changer
Pour Franck Allisio (RN) : « Marseille est l’une des villes les plus sales d’Europe. » Selon lui, « il y a une responsabilité de la métropole. »
Ce dernier souhaite que le nombre de bacs de collecte soit augmenté : « Marseille a moins de moyens que le hors-Marseille alors qu’il paie davantage. »
Outre la responsabilité de la Métropole, dont dépend cette compétence, le candidat prévoit de créer « une police de la propreté », qui va « verbaliser avec une caméra nomade ».
« Le principe est tout simple, détaille Franck Allisio. Tu salis : tu paies, ou tu nettoies. Ceux qui ne pourront ou ne voudront pas : ils nettoieront ce qu’ils ont fait. Comme des travaux d’intérêt propreté. »
Le candidat d’extrême droite souhaite davantage discuter avec la présidente ou le président de la métropole pour trouver des solutions que reprendre la compétence. « Les résultats sont plus rapides ainsi ».
Le candidat LFI Sébastien Delogu estime de son côté que Martine Vassal « se venge de l’élection qu’elle a perdue la dernière fois ». Ainsi, selon lui, elle aurait laissé sciemment la saleté s’accumuler à Marseille.
« Nous avons déposé une proposition de loi pour récupérer la compétence de la propreté. Je veux être un maire qui ne veut pas regarder sa ville sale », déclare-t-il.
L’ancien chauffeur de Jean-Luc Mélenchon se prononce en outre en faveur de nouvelles poubelles fermées, pour éviter les attaques de gabians notamment. Il est pour la création de déchetteries locales, par ailleurs. Pour lui, « la délégation de service public, c’est terminé ».
Pour le maire sortant Benoît Payan (DVG) récupérer la compétence, « ça ne marche pas ». « J’ai testé, ça prend 24 mois, je ne perdrai pas 24 mois. Je veux récupérer la gouvernance à partir de la métropole », déclare-t-il.
Benoît Payan souhaite « revenir aux cantonniers ». « Nous payons la taxe ménagère la plus élevée de France. L’argent des Marseillais, il va où ? Pourquoi j’ai moins de cantonniers ? Pourquoi il y a moins de tournées [que dans les autres villes de la métropole] ? »
Quant aux chiffres, le candidat DVG estime qu’il en faudrait « 8 000 de plus ».
En tant que présidente de la Métropole, Martine Vassal, candidate DVD et Centre était donc ces dernières années aux commandes de la propreté à Marseille. Elle ne parle cependant pas d’échec.
« On peut toujours faire mieux », glisse-t-elle sobrement, avant de parler de sa volonté si elle était élue maire de la cité phocéenne : « Moi ce que je souhaite, c’est récupérer la compétence complète et entière de la propreté. (…) Je veux mettre les balayeurs qu’il faut sur l’espace public. (…) Et puis derrière, ceux et celles qui ne respectent pas, on les verbalisera aussi grâce à la police municipale, mais aussi grâce à la vidéo. »
Martine Vassal égratigne au passage son adversaire : « Monsieur Payan a fait un permis de salir sur cette ville qui est inacceptable. Et aujourd’hui, si on a une montée du Rassemblement national, c’est bien parce qu’il n’a rien fait sur aucun mandat ».
« Un maire, il fait tout pour que sa ville soit la plus belle du monde », estime Martine Vassal. « Pas du Marseille bashing ».
Bâtir de nouveaux logements, réhabiliter les anciens
« Il n’y aura pas d’augmentation de la taxe foncière, je m’y engage », assure Franck Allisio. Dans son programme, le candidat RN s’engage à « protéger les propriétaires ». Aujourd’hui, estime-t-il, « un propriétaire marseillais est surtaxé, tagué, squatté. »
Franck Allisio promet une « brigade anti-squat », ainsi qu’une « brigade anti-tag ». « À partir de là, la confiance revient, et vous pouvez avoir des investisseurs », estime Franck Allisio.
Franck Allisio est le premier candidat à être interrogé par Thierry Bezer et Philippe Beccara. L’émission parole aux candidats accueillera aussi Sébastien Delogu, Benoît Payan et Martine Vassal.
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Le candidat promet de réhabiliter et de construire de nouveaux logements. Mais selon lui, l’objectif de 25% de logements sociaux « sur l’entièreté de la ville », comme le préconise la loi SRU, ne sera « jamais atteignable ». Il préfère « le logement étudiant, le logement senior, le logement intergénérationnel. »
Le candidat LFI Sébastien Delogu prévoit dans son programme la création de 30 000 logements, dont 70% de logements sociaux. Pour cela, il envisage de « surélever » des bâtiments, en réhabiliter d’autres et de réquisitionner les logements vides. « Tout le monde doit avoir un toit sur la tête. C’est un droit fondamental », insiste le candidat.
Malgré les difficultés légales qui freinent la réquisition de logements vacants, il tient à cette mesure. « Il y a 57 000 logements vides, vous avez actuellement plus de 50 000 familles qui attendent un logement. 16 000 familles ont connu la rue. Je ne détournerai pas le regard sur ces problèmes parce que ça amène aujourd’hui à une insécurité grandissante », insiste le candidat. Selon lui, la mesure de réquisition n’atteindra pas les petits propriétaires mais seulement les « gros fonds de pension, qui ne sont là que pour spéculer dans notre ville. »
Sébastien Delogu envisage la réquisition comme une réponse au problème de squats : « Est-ce que vous pensez que des personnes vont aller squatter des appartements s’ils ont un maire à leur côté ? [pour trouver un logement, ndlr]. » Lui aussi envisage la création d’une « brigade », mais celle-ci sera chargée de « traquer les marchands de sommeil ».
Benoît Payan propose la construction de 4500 logements par an, dont 2300 logements sociaux. Selon lui, l’urbanisme à Marseille est « complètement à revoir » : « tout a été bétonné pendant des années. Toute la ville est imperméabilisée. Dès qu’il pleut, on est inondé. » Le maire sortant propose de « repenser une ville qui va vers le haut et désimperméabiliser le bas. » En bâtissant 2300 logements sociaux par an, le maire sortant pense que l’objectif des 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU est atteignable. « On va très vite y arriver », assure-t-il. Benoît Payan se dit favorable à l’encadrement des loyers, mais « empêché » par le préfet.
La candidate LR-Renaissance Martine Vassal prévoit la construction de 5000 logements par an, notamment autour de la gare Saint-Charles, dont le quartier sera sécurisé. La candidate espère faire de Marseille « une ville de propriétaires ». En s’appuyant sur des dispositifs tels que « le prêt à taux zéro pour la primo-accession ou le bail réel et solidaire : on est propriétaire des murs, pas du terrain, cela coûte 40 % moins cher, et cela évite la spéculation. » La candidate se dit favorable à l’instauration d’un permis dans toute la ville, comme cela a été fait à Noailles et à la Belle-de-Mai.
Des alliances incertaines au second tour
Une alliance droite, Centre et extrême droite
En décembre dernier, Martine Vassal avait laissé entendre sur les ondes de Sud Radio qu’une alliance avec le Rassemblement n’était pas exclue. La présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence avait glissé cette phrase ambiguë : « On verra à ce moment-là ». Elle était finalement revenue sur cette déclaration.
Interrogé sur cette potentialité, Franck Allisio reste évasif : « Je continuerai à tendre la main, à tout le monde », déclare-t-il sur le plateau de France 3 Ici Provence-Alpes. Ce dernier en profite pour évoquer le risque d’anomalies le jour du vote : « Je veillerai à la sécurité dans les urnes. Il y a beaucoup d’alarmes, nous ne laisserons certains voler leur élection aux Marseillais ».
Une alliance à gauche
Jean-Luc Mélenchon était invité au meeting de Sébastien Delogu, à Marseille le 7 mars. Il a proposé une « fusion technique » entre listes de gauche au second tour des élections municipales. Une alliance pour contrer « la vague brune », le Rassemblement national, selon les termes du leader de la France insoumise.
Benoît Payan bat en brèche cette possibilité : « Il n’y aura pas de fusion. Je ne fais pas d’arrangement. Pas de magouille. »
Huit listes à Marseille
Il y a quatre autres candidats à la mairie de Marseille. L’ancienne adjointe au maire, Christine Juste, est à la tête d’une liste écologiste. L’ancien élu Les Républicains Erwan Davoux, a monté une liste centriste baptisée « Marseille pour tous ». Rémy Bazzali est tête d’une liste Lutte ouvrière et Coralie Raynaud, mène la liste du parti des travailleurs.

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