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10 mars 2026
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10 mars 2026« C’est l’alcool qui a parlé, plus que moi » : la virée au Pas de la Case tourne mal, un homme de 54 ans condamné à 18 mois ferme par le tribunal de Carcassonne
Le 5 mars dernier, à Villalier, un refus de priorité à droite a dégénéré. Un conducteur ivre s’en est pris à un adolescent de 15 ans, a causé des dégradations à un véhicule, a insulté et menacé des gendarmes et une infirmière, a refusé de se soumettre au dépistage d’alcoolémie. Il roulait sans assurance et sans permis.
Il ne se rappelle de pas grand-chose. « Un quart à peine de ce que j’ai fait », dit-il à la barre du tribunal carcassonnais, ce lundi 9 mars. Ce qu’a fait cet homme de 54 ans : 11 infractions en l’espace d’une fin d’après-midi. Le 5 mars, vers 18 h 30, il se retrouve dans le trafic routier à Villalier. Il force une priorité à droite, se fait légèrement toucher son pare-chocs arrière et, quand il se fait doubler, dévie sa trajectoire volontairement pour percuter la voiture à sa gauche, lui endommageant le bas de caisse et la porte latérale. Alors, en bifurquant, il prend un trottoir et s’immobilise après avoir crevé. C’est là, qu’en titubant hors de sa Peugeot 206, manifestement ivre, il s’en prend à un homme qui venait de lui retirer les clefs de sa voiture pour éviter un drame de la route, et à son beau-fils de 15 ans, en l’agrippant par le cou. L’intervention des gendarmes sera également musclée. Insultes, menaces de mort, refus du contrôle d’alcoolémie, et quand il se retrouve au centre hospitalier, refus encore de la prise de sang, insultes contre le personnel, agitation. « Il faudra huit personnes pour vous attacher et pour vous empêcher de mordre. On a été obligé de vous sédater », a indiqué la présidente. Précision du prévenu, qui toutefois reconnaît l’intégralité des faits : « Je ne peux pas mordre. Je n’ai plus de dents. » Deux gendarmes font l’objet de trois jours et de quatre d’incapacité totale de travail.
Pour couronner le tout, il conduisait sans permis et sans assurance. « Je m’excuse », a-t-il avancé tout penaud ce lundi. « Je ne bois jamais d’alcool. » La dernière fois, c’était en 2024. Il avait été condamné pour conduite sous l’emprise alcoolique et des stupéfiants. Ici, c’est une histoire d’engrenage. 1,5 gramme d’alcool dans le sang en fin de parcours. « C’est l’alcool qui a parlé, plus que moi. » Une virée, dans la journée, au Pas de la Case est passée par là. « Une amie, son fils et un copain, voulaient y monter. Je me suis dit que je pourrais aller acheter du tabac. » Mais à se rendre en Andorre, il aurait été dommage de ne pas se fournir en alcool. « Ceux qui étaient avec moi, se sont mis à boire dans la voiture. J’ai pas pu résister. » Et la présidente de demander : « Et vous avez bu quoi ? » Réponse confuse : « Des despéraza. Euh non, des despérados. »
Vivant du RSA, cet ancien Limouxin, qui a vu sa caravane brûler, vit dans des conditions précaires. « Il est en détresse sociale. Son seul point d’ancrage, c’est son chihuahua », a expliqué son avocat, Me Catherine Jocteur-Monrozier. « Il a voulu sortir de son isolement, en accompagnant son amie au Pas de la Case. Puis, au moment des faits, il a eu une fausse idée de la situation. C’est pour cela qu’il s’est énervé. Sur le coup, il a pensé que c’était injuste de laisser partir les gens qui l’ont percuté par-derrière et ceux qui s’en sont pris à lui. » Le procureur a rappelé que le prévenu a fait des choix. Et pas les bons. Il a été condamné à 18 mois de prison avec maintien en détention, annulation du permis de conduire et interdiction de le repasser dans un délai de trois mois. Et à indemniser quatre victimes, de 300 à 800 € pour le préjudice moral.

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