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10 mars 2026Dix jours après l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient, l’un des enjeux déterminants pour l’avenir de la région est celui du sort du programme nucléaire iranien. L’administration Trump et son allié israélien vont-ils atteindre leur objectif de le neutraliser ?
Sur ce point, le journal sud-coréen Hankyoreh a interrogé Jim Walsh, chercheur au sein du programme d’études sur la sécurité de l’Institut de technologie du Massachusetts. Il est l’un des rares Américains à s’être rendu en Corée du Nord et en Iran pour s’entretenir du nucléaire avec les autorités locales. Les médias sud-coréens sont particulièrement sensibles à ces questions, du fait de la proximité géographique avec la Corée du Nord. Selon l’Institut coréen d’analyse de la défense, affilié au ministère de la Défense du pays, Pyongyang détiendrait jusqu’à 150 têtes nucléaires, rapporte le quotidien japonais Yomiuri Shimbun.
Dans son interview à Hankyoreh, Jim Walsh balaie d’un revers de main l’ambition de l’administration Trump de mettre un terme au programme nucléaire iranien par des frappes aériennes. Celles-ci permettront de détruire une partie des installations, mais “cela ne veut pas dire [qu’elles] pourront anéantir la capacité de Téhéran de développer des bombes atomiques”, souligne-t-il.
Risques de surenchère nord-coréenne
“Les frappes aériennes ne peuvent rien contre les connaissances et le savoir-faire des scientifiques qui, depuis vingt ans, fabriquent des dizaines de milliers de centrifugeuses”, observe-t-il aussi à propos de ces machines essentielles pour enrichir l’uranium. De plus, les attaques américano-israéliennes ont pu être anticipées par Téhéran. “Ils ont probablement démonté les centrifugeuses et caché leurs composantes” dans leur vaste territoire, d’après l’expert. Si les autorités iraniennes étaient en mesure de récupérer de l’uranium enrichi à 60 % et stocké à Fordo, dans le centre du pays, ou en conservaient ailleurs, elles “n’auraient pas besoin de beaucoup de temps pour atteindre 90 %”, seuil nécessaire pour fabriquer une arme nucléaire, poursuit Jim Walsh.
Sans compter que le changement de régime tant espéré par Donald Trump ne signifierait pas forcément la fin du programme nucléaire iranien. Cela “ne va rien changer à la situation géopolitique du pays”, ajoute le chercheur.
Surtout, Jim Walsh souligne les conséquences de cette guerre pour le régime nord-coréen, qui pourrait se montrer “encore plus fermé à l’idée de la dénucléarisation” en voyant Téhéran attaqué par les États-Unis et Israël. Quelques jours après le déclenchement de la guerre en Iran, le dirigeant suprême nord-coréen, Kim Jong-un, s’est d’ailleurs félicité de voir sa marine s’équiper d’armes nucléaires.
“Le deuxième mandat de Trump pourrait marquer le début de la crise du régime de non-prolifération nucléaire”, conclut Jim Walsh.

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