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10 mars 2026Prix plafonnés, taxes réduites, rationnement… Comment les Etats tentent d’agir face à la flambée des tarifs des carburants
Mobilisation générale pour faire « baisser les prix ». Une réunion des ministres de l’Energie des pays du G7, regroupant sept des dix puissances les plus riches du monde, se tient mardi 10 mars pour « avancer » sur l’envolée des cours de l’énergie, a annoncé la ministre déléguée à l’Energie française, Maud Bregeon, sur France 2, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
« Nous étudions tous les scénarios », avait-elle déclaré, lundi, alors que le gouvernement est pressé par les oppositions de trouver la parade face à la flambée des prix. A ce stade, l’exécutif refuse d’envisager des aides publiques, en raison du coût pour les finances de l’Etat, mais d’autres pistes sont à l’étude. A l’étranger, plusieurs pays ont déjà dégainé des mesures, suscitant parfois le désarroi des automobilistes. Comment trouver la parade ? Tour d’horizon des solutions explorées à travers le monde.
En plafonnant les prix
La Croatie et la Hongrie sont devenues, lundi, les premiers pays de l’Union européenne à décréter un plafonnement des prix du carburant. A compter de mardi, pour « protéger le niveau de vie des citoyens croates », les prix à la pompe ne pourront pas dépasser 1,50 euro pour l’essence et 1,55 euro pour le diesel, a fait savoir le Premier ministre, Andrej Plenkovic. La mesure est aussi entrée en vigueur à minuit en Hongrie, où le chef du gouvernement, le nationaliste Viktor Orban, a précisé que le « prix protégé » ne s’appliquerait qu’aux véhicules immatriculés et enregistrés dans le pays.
En Asie, la Thaïlande a plafonné le prix du diesel pour deux semaines et la Corée du Sud s’apprête à imposer d’ici la fin de la semaine un mécanisme similaire pour « alléger la pression sur les ménages ». En France, où l’essence et le gazole ont pris respectivement 6% et 15% en une semaine, « il est urgent de bloquer les prix des carburants », plaide également La France insoumise, qui a déposé une proposition de loi en ce sens, vendredi. Une mesure peu « efficace » et qui « comporte un risque de pénuries », a rétorqué le député Renaissance Marc Ferracci, ex-ministre de l’Energie, lundi, dans Les Echos.
En baissant les taxes
En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni s’apprête à annoncer, mardi, une baisse des taxes sur l’essence et le diesel, selon Les Echos. L’exécutif entend utiliser une partie de la TVA supplémentaire générée par la hausse des prix pour financer cette mesure, dont l’impact sera toutefois limité : pour chaque augmentation de 10 centimes à la pompe, seuls 2,2 centimes pourront être neutralisés par ce mécanisme, rapporte le quotidien économique. De son côté, le Vietnam a décrété la suspension immédiate des droits de douane sur les importations de carburants, tandis que Taïwan a activé des mesures de réduction des taxes et d’ajustement des prix, selon Taiwan News.
En France, le Rassemblement national réclame depuis plusieurs années de réduire la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Lundi, son président, Jordan Bardella, a de nouveau demandé au gouvernement de « baisser les taxes sur le carburant » dans une logique de redistribution des gains de TVA générés par la crise. L’exécutif a jusqu’ici repoussé ces demandes, jugées « précipitées », voire « inconcevables » pour les finances publiques.
En puisant dans les réserves stratégiques des Etats
Pour parer aux situations d’urgence, la France, comme d’autres pays, possède d’importantes réserves de carburant qui doivent lui permettre d’éviter une pénurie. Le recours à ces stocks stratégiques est « une option envisagée » par le gouvernement, qui a porté le sujet, lundi, lors d’une réunion des ministres du G7 Finances, actuellement présidé par la France. Les Etats membres du groupe y sont « prêts », mais « on n’en est pas encore là », a temporisé le ministre de l’Economie, Roland Lescure. Emmanuel Macron a défendu un tel recours aux réserves stratégiques, « faites pour ça ».
« Je pense qu’on s’oriente vers des mesures techniques de cet ordre. »
Emmanuel Macron, président françaisà bord du « Charles-de-Gaulle », lundi
Selon l’agence Kyodo, le Japon, membre du G7, envisage de puiser dans ses réserves nationales de pétrole, tandis que la Hongrie a d’ores et déjà décidé de libérer des réserves de l’Etat pour garantir l’approvisionnement du pays.
En levant les sanctions sur le pétrole russe
Aux Etats-Unis, le président Donald Trump, élu notamment sur la promesse d’une essence bon marché, a annoncé, lundi, qu’il allait « lever certaines sanctions liées au pétrole pour réduire les prix ». Cette annonce, aux contours encore flous, est intervenue après qu’il a échangé au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine. Dès jeudi, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, avait déclaré « étudier » la possibilité d’élargir la levée des sanctions sur le pétrole russe, après que Washington a autorisé l’Inde à importer pendant un mois du pétrole russe, y compris provenant de navires bloqués par des sanctions.
Lundi, le Premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, proche de Moscou, a appelé la Commission européenne à « suspendre toutes les sanctions imposées contre l’énergie russe dans toute l’Europe ». Dans la foulée, Vladimir Poutine s’est dit « prêt à travailler avec les Européens » à « une collaboration durable et stable, dépourvue de conjoncture politique ».
En imposant des restrictions de consommation
En Asie, plusieurs pays ont réagi en limitant le recours de la population au carburant, allant parfois jusqu’à ordonner un rationnement. Depuis dimanche, au Bangladesh, les ventes sont restreintes pour la plupart des véhicules, si bien que les utilisateurs de deux-roues motorisés ne peuvent plus faire de plein de plus de deux litres. Des policiers ont dû être déployés dans les stations-service pour contenir le mécontentement de la population. La fermeture des universités pour la traditionnelle pause du ramadan a été anticipée pour limiter la consommation électrique et les illuminations ont été annulées dans le pays.
Au Pakistan, pour réduire les déplacements, des vacances scolaires de deux semaines ont été décrétées à compter du 16 mars et les administrations, à l’exception des banques, sont passées à une semaine de quatre jours, en plus d’un recours accru au télétravail. Les indemnités de carburant pour les véhicules de fonction publics, à l’exception des ambulances, ont été réduites de moitié.
Aux Philippines, les services gouvernementaux sont aussi passés à la semaine de quatre jours, lundi, avec l’ordre de réduire leur consommation énergétique de 10 à 20%. La Birmanie, elle, a opté pour la circulation alternée. Depuis samedi, seuls les véhicules dont les plaques d’immatriculation commencent par des nombres pairs sont autorisés à rouler les jours pairs, et inversement.
En suspendant les exportations de pétrole
Dans certains pays producteurs, priorité à la consommation intérieure. La Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence, selon l’agence Bloomberg, qui rapporte aussi qu’au moins un raffineur au Japon a annulé ses exportations d’essence, de gazole et de kérosène pour privilégier le marché intérieur.
La Thaïlande a suspendu ses exportations énergétiques pour préserver ses réserves, tandis que la Serbie a annoncé une interdiction des exportations de pétrole et de carburants pour dix jours. Au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, la méga-raffinerie Dangote a assuré, lundi, prioriser le marché local afin d’éviter toute pénurie de carburant dans le pays.
En distribuant un chèque carburant aux plus modestes
En France, des responsables politiques de divers bords plaident pour un coup de pouce direct aux ménages. « Si le conflit devait durer (…), je suggère qu’il y ait une forme de chèque énergie, qui permettrait de cibler les ménages les plus modestes qui ont besoin d’être accompagnés », a affirmé le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, mardi, sur franceinfo. Le député Renaissance Marc Ferracci s’y était montré favorable lundi, dans Les Echos, tout comme son homologue et ancien Premier ministre, Michel Barnier, dimanche, sur France Inter, en évoquant un « soutien temporaire aux personnes les plus fragiles ».

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