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10 mars 2026À quelques jours du scrutin, une nouvelle ingérence étrangère dans les municipales mise au jour : les candidats La France insoumise (LFI) à Marseille et Toulouse ont été la cible d’une campagne numérique de dénigrement dont l’origine géographique n’a pas encore été déterminée par les autorités.
Cette opération de manipulation fait suite à une autre opération contre le candidat de centre droit à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, attribuée vendredi par Viginum – le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne – à un réseau lié à la Russie.
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Mardi, une source sécuritaire a indiqué à l’AFP qu’une opération de manipulation a été repérée contre les deux députés Sébastien Delogu et François Piquemal, candidats respectivement à Marseille et Toulouse, confirmant une information du Monde.
Viginum a « récemment détecté plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux qui présentent des caractéristiques d’inauthenticité », avec notamment des « photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes ».
Des « marqueurs techniques étrangers » ont été identifiés dans les « métadonnées des sites et des comptes », ajoute Viginum. Les « investigations sont toujours en cours pour (en) préciser la provenance », a précisé à l’AFP la source sécuritaire.
Une enquête ouverte pour diffamation
Cette campagne malveillante n’a eu, « à ce stade des analyses, qu’une faible visibilité », précise Viginum.
Le parquet de Marseille a annoncé mardi à l’AFP avoir ouvert une enquête pour diffamation, faisant suite à une plainte déposée par Sébastien Delogu pour des « faits de diffamation à l’égard d’un particulier par image ou communication par voie électronique », selon son avocat Yonès Taguelmint.
Cette campagne a pris la forme d’un faux site baptisé « Blog de Sophie », se présentant comme celui d’une ancienne collaboratrice écrivant sous pseudo et assurant avoir pour objectif de décrire « comment Sébastien Delogu m’a fait du mal et a détruit ma vie ».
Il contient notamment des insinuations pouvant laisser penser à des violences.
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Des affiches avec un QR code permettant d’accéder à ce site ont été placardées dans plusieurs endroits de la ville, selon des photos prises par l’équipe de Sébastien Delogu et transmises à l’AFP.
Le site du blog, comme ses déclinaisons sur Facebook ou X, n’étaient plus accessibles mardi, a constaté l’AFP.
Selon les informations du Monde, ce blog est lié à « un tissu de faux comptes sur le réseau social » X, qui cible également le candidat LFI à la mairie de Toulouse, François Piquemal.
L’équipe de campagne de François Piquemal a indiqué de son côté à l’AFP que le candidat entendait déposer plainte « cette semaine » sur ces faits.
Engagés contre la guerre à Gaza
Selon Le Monde, cette nébuleuse de faux comptes serait « utilisé(e) pour promouvoir des messages d’Elnet (…), lobby pro-israélien installé en Europe et enregistré en France (…), en conflit ouvert avec LFI ».
Sébastien Delogu et François Piquemal sont tous deux très engagés dans l’opposition aux opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza.
« Je suis la cible depuis le début de ma campagne d’accusations indécentes et diffamatoires », a réagi Sébastien Delogu mardi en marge d’une conférence de presse. « Deux gouvernements d’extrême droite me ciblent, les États-Unis et Israël, ils ciblent un jeune des quartiers populaires de Marseille qui veut un changement radical pour sa ville et qui dénonce le génocide en cours en Palestine », a-t-il ajouté.
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Le coordinateur national de LFI et député de Marseille Manuel Bompard a demandé « que les autorités (…) fassent respecter l’intégrité du processus électoral ».
« Le commanditaire et l’exécutant de cette opération doivent être mis hors d’état de nuire », a écrit sur X le parlementaire, qui figure en 29e position sur la liste de Sébastien Delogu, ajoutant : « Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et autres agences d’influence. »
Outre les deux attaques visant des candidats, les autorités ont également détecté fin février une autre ingérence numérique visant les municipales, dans une opération à visée lucrative cette fois. Un réseau de faux sites pilotés depuis l’Asie du Sud avait ciblé plusieurs candidats à la mairie de Paris.
Avec AFP

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