
Affaire Epstein
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10 mars 2026Dans les colonnes de La Repubblica, l’envoyé spécial aux Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina décrit avec une certaine emphase l’événement auquel il vient d’assister : “Il est environ 12 h 30, le lundi 9 mars, lorsque sous le soleil de Cortina, un grand tabou du sport mondial fond tout d’un coup sous nos yeux, s’anime le reporter du journal romain. Après avoir remporté le super-G aux JO paralympiques, Varvara Voronchikhina monte sur le podium, tourne son regard vers son drapeau et commence à chanter : “Ô Russie, notre puissance sacrée / Ô Russie notre pays bien-aimé.’”
Ce n’était plus arrivé depuis les Jeux de Rio de Janeiro, en 2016, il y a dix ans, les derniers auxquels les athlètes russes avaient pu participer sous leur drapeau. Pour les Jeux paralympiques, c’était même il y a douze ans. Ces sanctions avaient d’abord été prononcées pour des questions liées au dopage, puis en conséquence de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.
Or le Comité international paralympique a autorisé le retour du drapeau et de l’hymne russes – ainsi que biélorusses – pour ces JO de Milan-Cortina. Ce n’était donc qu’une question de temps, et cela s’est produit hier, en Italie, ce qui interpelle l’écrivain Gabriele Romagnoli, qui livre ses doutes et sentiments, toujours dans les colonnes de La Repubblica.
“La Russie a réussi à briser l’encerclement européen, et elle l’a fait sur le front italien. Cela dépend de choix internationaux bien sûr, mais aussi d’une absence de résistance face à ces choix. Les faits sont là : c’est par l’Italie que passe la route de la réhabilitation russe”, déplore Romagnoli, qui rappelle également que lors de la prochaine Biennale de Venise, la Russie sera de nouveau admise, ce qui n’était plus arrivé depuis 2021.
“Russophobie injustifiée”
La méfiance de ce média de gauche tranche nettement avec la joie de la presse moscovite, qui jubile. “Des larmes sur le podium et l’hymne pour la première fois depuis douze ans”, s’enthousiasme ainsi le tabloïd russe Komsomolskaïa Pravda. “Oui, ça y est ! Aux Jeux paralympiques 2026, l’hymne russe a retenti”, renchérit le site d’information sportive Championat. Sur Sportsbox, autre portail consacré au sport, on évoque “les visages heureux de nos gars en tenue avec le drapeau russe”, une image jugée “précieuse”.
“Pas de substitut – ni drapeau blanc, ni bannière d’une fédération – mais le simple drapeau tricolore blanc-bleu-rouge”, poursuit Championat. Une scène, reconnaît le site, “qu’honnêtement, nous nous étions habitués à ne plus voir”, et qui provoque “des frissons dans le dos”. La cérémonie en l’honneur de l’athlète russe, écrit Sportsbox, “n’a pu laisser aucun compatriote indifférent”. Le média souligne que “les tentatives de gâcher les Jeux ont échoué”, malgré les appels au boycott de la cérémonie d’ouverture, et dénonce “une tendance à la russophobie injustifiée” chez les responsables occidentaux.
“La communauté sportive mondiale est prête au retour complet des athlètes russe sur la scène internationale”, estime désormais le ministre des Sports et président du Comité olympique russe, Mikhaïl Degtiarev, cité par le tabloïd Moskovski Komsomolets. Selon lui, la compétition et la remise des médailles se sont déroulées “sans hostilité, sans conflits et sans appels au boycott” à l’égard des sportifs russes. C’est peut-être le signe, espère Championat, que “le sport finira par être plus important que la politique”.

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