
Le tatoueur « plus maître de rien » à son procès pour violences sexuelles
10 mars 2026
pourquoi le maire d’Istanbul risque jusqu’à 2.430 ans de prison
10 mars 2026Pour la première fois depuis six ans, la Centrafrique entrevoit la possibilité de voir ses équipes nationales rejouer à domicile. À Bangui, la libération des abords du stade Barthélemy Boganda marque le début d’un vaste chantier de réhabilitation, mais aussi de bouleversements pour les riverains. Reportage.
Publié le : Modifié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu
Au Stade Barthélemy Boganda de Bangui, une lueur d’espoir brille pour les passionnés de football. Depuis une semaine, les abords de l’enceinte sportive sont le théâtre d’importants travaux afin de préparer la réhabilitation du site.
Fermé aux compétitions internationales depuis six ans car il ne répond plus aux normes de la Confédération africaine de Football, ce stade historique prive les sélections nationales de jouer à domicile. Les Fauves de la République centrafricaine sont ainsi contraints de disputer leurs rencontres à l’extérieur, une situation qui affecte leurs performances et réduit leurs chances de qualification pour les grandes compétitions. Le chantier engagé pourrait donc marquer la fin d’une longue période d’exil pour les Fauves, mais ce n’est pas sans conséquence pour les commerçants qui avaient élus domicile aux abords du stade.
Dans un grondement métallique, les machines entament leur travail. Les kiosques de fortune, petits bureaux improvisés et débits de boissons qui bordaient les allées du stade sont peu à peu détruits. Parmi les commerçants touchés par cette opération, Alphonse témoigne : « En un jour, tout a basculé. Cela fait trois ans que je suis là et j’avais un capital d’environ 2 millions de francs CFA. Des années de sacrifice sont parties en quelques minutes. Maintenant, comment vais-je nourrir ma famille ? »
« Deux stades aux normes…»
Un déchirement pour certains, mais un soulagement pour d’autres. Car ce stade, le plus grand du pays, ne répond toujours pas aux normes de la CAF. Ce déguerpissement est salué par de nombreux Centrafricains, à l’image de Gilbert : « Le stade n’est pas un endroit de commerce. Nous avons raté de justesse plusieurs qualifications à la CAN à cause de l’absence de stade. Il faut les déguerpir pour commencer la réhabilitation. »
En plus de la réhabilitation de cet édifice, menée en partenariat avec la Chine, la Fédération annonce la construction d’un nouveau stade. Célestin Yanidi, son président, précise : « Nous travaillons avec la FIFA pour la construction d’un nouveau stade qui puisse répondre aux normes et nous espérons que 2026 verra le démarrage de ce nouveau chantier. Aussi, nous suivons avec l’État la réhabilitation du complexe 20 000 places. Ainsi, on pourra avoir au moins deux stades aux normes. »
Pour l’heure, le délai d’exécution des travaux reste inconnu. Mais l’espoir renaît dans les tribunes vides du football centrafricain.

9999999
/2026/03/10/fotojet-1-69b06aadd070e212013865.jpg?w=960&resize=960,750&ssl=1)