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10 mars 2026Sébastien Bras perd une étoile Michelin près de dix ans après avoir rendu ses trois macarons
ROLF VENNENBERND / dpa Picture-Alliance via AFP
Près de dix ans après avoir demandé à sortir du Guide Michelin pour échapper à la pression des étoiles, le chef Sébastien Bras perd un macaron au Suquet à Laguiole.
Les sanctions sont tombées. Ce mardi 10 mars, le Guide Michelin a annoncé ses rétrogradations pour l’édition 2026. Parmi elles, une décision attire tout particulièrement l’attention : le restaurant de Sébastien Bras, le Suquet à Laguiole dans l’Aveyron, perd une étoile.
S’il s’agit là d’une sanction classique dans le monde de la haute gastronomie, le chef aveyronnais fait figure de cas à part. Depuis près de dix ans, il n’a cessé de demander à ne plus apparaître dans le célèbre guide rouge.
Pour Sébastien Bras, cette nouvelle perte d’étoile ressemble presque à un paradoxe. Car l’histoire entre le chef et le Michelin dure depuis des années et elle ressemble de plus en plus à un feuilleton.
Tout a commencé en septembre 2017. À la surprise générale, le chef Sébastien Bras avait annoncé qu’il souhaitait rendre ses trois étoiles Michelin et sortir du guide. Dans une vidéo publiée sur Facebook à l’époque, il racontait vouloir se libérer de la pression liée à cette distinction. « J’ai eu beaucoup de satisfaction, mais aussi de grandes pressions qu’occasionne inévitablement la distinction des trois étoiles », expliquait-il alors, dans des propos rapportés par Le Point. Le chef évoquait notamment le poids des inspections permanentes. « On est inspecté deux à trois fois par an. On ne sait pas quand. Chaque assiette qui sort est susceptible d’être inspectée », détaillait-il.
Fils de Michel Bras, figure majeure de la gastronomie française qui avait obtenu trois étoiles en 1999 pour la maison familiale de Laguiole, Sébastien Bras expliquait alors vouloir « clore le chapitre » et se « mettre hors compétition ».
Son objectif était alors d’« avoir l’esprit libre pour continuer sereinement sans tension », en poursuivant une cuisine profondément liée au territoire de l’Aubrac.
Le Michelin avait accepté sa demande. Et en 2018, le restaurant avait disparu de la sélection.
Un feuilleton sans fin ?
Mais le répit avait été de courte durée. Dès l’année suivante, en 2019, le Suquet était réapparu dans le Guide Michelin avec cette fois-ci deux étoiles. Une décision qui avait surpris le chef, qui avait affirmé avoir appris la nouvelle avec « étonnement ». « Cette décision contradictoire nous laisse dubitatifs », avait-il alors réagi dans les colonnes Le Figaro.
Dans ce texte, Sébastien Bras insistait sur sa position : « Nous ne nous sentons plus concernés ; ni par les étoiles ; ni par les stratégies du guide. » Malgré cette prise de distance, le restaurant reste depuis dans la sélection du Michelin.
La rétrogradation annoncée en 2026 constitue donc un nouvel épisode de cette relation pour le moins atypique entre un chef et le guide gastronomique le plus influent au monde. Selon Gwendal Poullennec, directeur international du Guide Michelin, les rétrogradations restent globalement rares cette année.
« Cette année, les évaluations à la baisse sont peu nombreuses, témoignant d’une forme de résilience au plus haut niveau qui montre que les tables de qualité trouvent leur chemin de la pérennité économique », a-t-il commenté, alors que le secteur de la restauration reste fragilisé depuis la pandémie.
La sanction la plus scrutée concerne toutefois l’Ambroisie à Paris. Institution de la place des Vosges et plus ancien restaurant triple étoilé de la capitale, l’établissement quitte le cercle très fermé des trois étoiles pour descendre à deux.

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