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11 mars 2026À Gaza, Amnesty International alerte sur une crise sanitaire qui frappe les femmes et les filles
OMAR AL-QATTAA / AFP
Une femme palestinienne marche sur des débris au café Al-Baqa, qui a été dévastée par une frappe israélienne sur le front de mer de la ville de Gaza, le 30 juin 2025.
Dans la bande de Gaza, certaines femmes accouchent aujourd’hui dans des tentes surpeuplées, sans médicaments ni suivi médical. D’autres doivent partager une seule couveuse pour plusieurs nouveau-nés. Pour Amnesty International, la situation est désormais si critique que les Palestiniennes sont « au bord du précipice ».
Dans un rapport publié mardi 10 mars, l’organisation de défense des droits humains décrit l’impact particulièrement brutal de la guerre sur les Palestiniennes, après 29 mois de conflit dans l’enclave.
Selon Amnesty, les femmes et les filles subissent des préjudices « aggravés et potentiellement mortels », dans un contexte marqué par les déplacements massifs de population, les pénuries alimentaires et les restrictions sur l’acheminement de l’aide humanitaire.
La secrétaire générale de l’ONG, Agnès Callamard, dénonce une « érosion systématique » de leurs droits. Elle accuse Israël de mener un « acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles », qu’elle inscrit dans la continuité du « génocide » dénoncé par l’organisation dans la bande de Gaza.
Pour établir ce constat, Amnesty s’appuie notamment sur des entretiens menés en février avec 41 femmes déplacées, dont plusieurs enceintes ou atteintes de cancers, ainsi qu’avec 26 professionnels de santé. Leurs témoignages décrivent un système médical proche de l’effondrement.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 60 % des structures de santé de Gaza sont aujourd’hui hors service. Dans les maternités encore opérationnelles, les unités néonatales fonctionnent jusqu’à 170 % de leurs capacités, poussant parfois les équipes médicales à installer plusieurs nourrissons dans une seule couveuse.
Les pénuries aggravent encore la situation. Près de la moitié des médicaments essentiels ne sont plus disponibles, ce qui oblige les soignants à réutiliser du matériel pourtant conçu pour un usage unique ou à employer des anesthésiants périmés.
La guerre affecte aussi directement la santé des femmes enceintes. Selon les Nations unies, 37 000 femmes enceintes ou allaitantes pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici octobre 2026.
Les patientes souffrant de maladies chroniques sont elles aussi confrontées à une impasse médicale. Plus de 18 500 personnes requièrent aujourd’hui une évacuation sanitaire urgente, mais quitter l’enclave est devenu presque impossible.
« Aucun hôpital de Gaza n’offre actuellement de radiothérapie », témoigne une infirmière citée dans le rapport. Le système d’évacuation médicale est « complètement arrêté » depuis la fermeture des principaux points de passage, notamment celui de Rafah, après l’offensive menée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Dans le même temps, plusieurs organisations humanitaires voient leur présence menacée. Au total, 37 ONG pourraient perdre leur autorisation d’opérer, dont Médecins sans frontières, dont l’agrément n’a pas été renouvelé.
Pour Amnesty International, ces différentes crises s’additionnent et aggravent la situation sanitaire dans l’enclave. Face à ce que l’organisation décrit comme des « catastrophes en cascade », elle appelle la communauté internationale à exercer une pression diplomatique et économique sur Israël afin de lever « entièrement » le blocus et de garantir l’accès aux soins pour la population de Gaza.

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