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GABRIEL BOUYS / AFP
Les gendarmes de la section de recherches de Marseille ont mené un vaste coup de filet baptisé « Octopus » (pieuvre) contre la DZ Mafia.
Une vaste opération, préparée depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion. La justice a organisé un important coup de filet contre la DZ Mafia, organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic et a étendu ses activités bien au-delà de Marseille, a-t-on appris ce mardi 10 mars.
L’opération s’est déroulée dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, ont indiqué des sources proches du dossier. Elle a permis de placer en garde à vue 42 personnes, dont les principaux chefs présumés de l’organisation.
Le nom de l’opération, « Octopus » (pieuvre), évoque à lui seul la taille et la complexité du réseau criminel. Selon les experts, cette organisation ne fonctionne comme une structure opportuniste avec des annonces de recrutement sur les réseaux sociaux qui vont du simple guetteur sur un point de deal à la recherche de tueurs à gages.
C’est une « hydre » : « ce n’est pas une organisation avec un chef ou une hiérarchie claire mais un groupe de personnes qui s’agrègent avec des gens en prison et à l’extérieur », a indiqué une source policière. D’où la difficulté à entraver ses activités, qui tendent d’ailleurs à se diversifier au-delà du narcotrafic.
• Les « pères fondateurs » de la DZ Mafia interrogés
Trois des principaux chefs présumés de l’organisation, détenus dans des prisons de haute sécurité, font partie des personnes placées en garde à vue dans le cadre de cette opération. Ils ont été extraits de prison par les gendarmes d’élite du GIGN.
Il s’agit d’Amine O., 32 ans, alias « Mamine », de Gabriel O., 31 ans, alias « Gaby », et de Mahdi Considérés comme les trois « pères fondateurs » de la DZ Mafia, ils sont soupçonnés de piloter leurs activités criminelles depuis leurs lieux de détention.
Dans quelques jours, à partir du 23 mars, Amine O. et Gabriel O. doivent d’ailleurs comparaître dans le box des accusés lors du procès à Aix-en-Provence d’un double assassinat commis en 2019, avant l’émergence de la DZ Mafia. Selon des informations du Parisien, les enquêteurs craignaient un projet d’évasion lors de ce procès, notamment en raison d’un avocat soupçonné d’être corrompu.
• Un avocat soupçonné d’être corrompu
Cet avocat est un pénaliste, originaire de Lyon, a indiqué une source proche du dossier. En décembre, il avait été mis en cause par la presse pour avoir tenté d’introduire des objets interdits en détention dans une des prisons de haute sécurité récemment créées pour recevoir les criminels jugés les plus dangereux, ce qu’il avait fermement démenti sur sa page LinkedIn.
Parmi ses clients figure notamment Gabriel O., qu’il aurait aidé à ouvrir une ligne illicite pour passer des appels avec l’extérieur de la prison. Or ces conversations ont été écoutées par les enquêteurs, et l’avocat soupçonné d’avoir été recruté par l’organisation a été placé en garde à vue lors de l’opération « Octopus ».
Sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a estimé que « si les faits relatés par Le Parisien sont avérés et que l’enquête judiciaire vient à prouver que des avocats détournent ces droits fondamentaux au service de la criminalité organisée, le scandale serait immense ».
• La DZ Mafia dans l’affaire Kessaci
Amine O., surnommé « Mamine » doit également être jugé à l’automne pour un triple assassinat en 2020, dont une des victimes était Brahim, le grand frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, qui a perdu un autre frère, Mehdi, assassiné à 20 ans en novembre.
Sa mort, qualifiée de possible « crime d’avertissement » à son frère Amine, sous protection policière depuis l’été, avait provoqué une onde de choc et le gouvernement avait promis de mener une bataille sans merci, inspirée de celle menée contre le terrorisme, face au fléau du narcobanditisme.
À ce stade, le parquet de Marseille se borne à indiquer que 42 personnes sont en garde à vue dans le cadre l’opération Octopus. Mais une conférence de presse doit avoir lieu ce samedi matin, à l’issue des gardes à vue.

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