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11 mars 2026Avocat au barreau de Narbonne, Nicolas Sainte-Cluque, conseiller municipal et délégué communautaire d’opposition est à la tête d’une liste de gauche : Narbonne en Grand.
Est-ce un hasard pour cet homme engagé ? Nicolas Sainte-Cluque, 54 ans, est né à Pau, un 8 mars, journée internationale des droits de la femme, dans une famille aux fortes valeurs de gauche. Sa mère était professeur d’anglais, et son père cadre à la CAF, directeur de la petite enfance, très investi dans le bénévolat, trésorier des Amis du Théâtre à Pau, conseiller municipal et adjoint à la culture.
« Aujourd’hui, à 77 ans, mon père continue à gérer bénévolement deux crèches. Mes parents ont divorcé quand j’avais 8 ans, ma sœur, qui est bergère aujourd’hui dans les Pyrénées-Atlantiques, avait 4 ans ».
Nicolas Sainte-Cluque a souffert de l’investissement de son père. « Je ne me destinais pas à la politique parce qu’il ne s’était pas beaucoup occupé de nous à cause de ça. Mais après, en grandissant, j’ai compris ».
Fortement marqué par ce divorce, Nicolas Sainte-Cluque est intarissable sur ses grands-parents aux fortes personnalités. « Mon grand-père maternel a fui le franquisme à l’âge de 8 ans avec la famille, dont une partie s’est fixée dans les Pyrénées-Atlantiques. Il a été fondeur puis salarié dans une entreprise de plomberie. Il savait tout faire. Gros bosseur, il travaillait en même temps dans les supermarchés le soir pour arrondir les fins de mois. Ma grand-mère était une érudite qui a souffert de ne pas pouvoir faire d’études. Elle était secrétaire comptable, dans une petite entreprise. Du côté paternel, mon père a perdu sa maman très tôt, à l’âge de 13 ans d’un cancer. Il s’est fait tout seul. Son père était cheminot : un homme gai, qui n’a jamais dit un mot méchant sur les autres, très généreux et gros travailleur. Mon père, qui avait deux sœurs, assumait beaucoup de choses à la maison. Puis mon grand-père lui s’est remarié. Mon père a débuté des études de médecine, abandonnées en 2 e année pour entrer à la caisse d’allocations familiales. Je pense qu’il voulait gagner sa vie ».
La valeur travail
Élevé avec des valeurs de justice sociale et de partage, Nicolas Sainte-Cluque a eu sous les yeux dès son enfance des bourreaux de travail. « Je connais la valeur travail, c’est le gage en principe de la réussite. Mais l’ascension sociale ne fonctionne que pour certains. L’école n’est plus un gage de réussite parce qu’aujourd’hui, c’est la rente, les réseaux et le patrimoine qui font la différence et ça casse toute envie de travailler ».
Le divorce a fait mûrir plus vite l’enfant qu’il était : « Ma grand-mère était très chrétienne. Moi, je ne le suis pas. Mais je suis baigné par les principes de faire le bien, de prendre soin de l’autre. Par contre, ce qui m’a choqué, c’est la différence entre le dire et le faire. Je ne me retrouvais pas dans le catéchisme, je posais trop de questions. Je ne suis pas contre les religions, ma femme est croyante. C’est bien pour les gens d’être croyants parce que ça leur permet d’affronter la mort et le décès des autres, mais je ne comprends pas les guerres de religion ».
Après le bac, il opte pour la fac de droit, « parce que j’ai toujours défendu les gens. Quand j’étais enfant, j’étais fasciné par les héros Robin des bois, Zorro. Je ne supporte pas l’injustice. C’est ça qui m’a structuré ».
Il a grandi dans un quartier caractérisé par la mixité sociale : « à l’école, quand il fallait se battre pour quelqu’un qui était plus faible, j’y allais toujours. Ensuite, je n’en ai plus eu besoin, grâce aux mots, à l’éducation. J’ai appris les codes, à m’adapter. Je savais qu’il fallait se faire respecter ».
C’est lors d’une conférence au lycée donnée par un avocat pénaliste qu’il a le déclic : « Un jour, au lycée, lors d’une conférence sur la justice j’ai entendu un avocat dire que tout le monde avait le droit d’être défendu. Et ça m’a parlé ».
Apprendre, un mot qui revient souvent dans la bouche de Nicolas Sainte-Cluque, tant lorsqu’il évoque les boulots d’été, pour des HLM, que plus tard, lors de stages aux côtés de magistrats. Installé à Narbonne en 1999 avec son épouse, il ne songe pas de prime abord à s’engager en politique. « On m’a convaincu d’aller à des réunions, c’était intéressant, ça me faisait réfléchir ». Et il prend la carte du PS en 2003.
En 2008, Jacques Bascou lui demande d’être sur sa liste. Il part, mû par la volonté de changement, « de rompre avec le copinage, rééquilibrer les quartiers, agir pour les HLM ». Après la victoire : « On avait les clés du camion, mais on n’avait pas le mot d’emploi. Les dossiers avaient disparu« . Adjoint aux affaires juridiques, il met en place la commission d’attribution des subventions, « déconnectée du pouvoir du maire » et la commission d’indemnisation des commerçants des Barques, participe avec Sabine Peyrousel à la création du centre Nelson Mandela, puis avec Michel Farnole à la transformation des Barques. « Jacques Bascou a sauvé les HLM en allant chercher 20 millions à la caisse des dépôts et consignation. Le parc était plus que vieillissant, avec 300 logements sans chauffage. Les loyers étaient si peu chers que nous remboursions 300 000 euros par an à la caisse d’allocations familiales d’APL en trop-perçus ! Bascou a augmenté les loyers de 50 à 80 euros… 6 mois avant les élections, pour pouvoir mettre en place le plan pluriannuel d’investissement sur la rénovation ». En 2026, il part à nouveau, mû par la volonté de changement, mais aussi de « transparence ! »
Le Questionnaire de Proust
Quel mot vous résume le mieux ?
L’empathie. Essayer de comprendre les autres, de se mettre à leur place, est essentiel pour prendre de bonnes décisions.
Votre principale qualité ?
Le travail. Je crois beaucoup au sérieux et à la préparation : avant de prendre position, je me documente, j’écoute et j’essaie de comprendre les enjeux dans toute leur complexité.
Votre principal défaut ?
Sans doute mon côté hyperactif. Quand je m’engage dans un projet, j’y mets beaucoup d’énergie et de passion. Cela peut parfois me rendre impatient, mais c’est aussi ce qui me pousse à faire avancer les choses.
La figure politique que vous admirez le plus ?
Jean Jaurès, pour son courage, sa vision et sa capacité à défendre au péril de sa vie ses convictions au service de la justice sociale et de la paix.
La figure narbonnaise que vous admirez le plus ?
Dans l’histoire de Narbonne, le docteur Ernest Ferroul, grand maire humaniste, homme de conviction qui n’hésitait pas à défendre ses valeurs et l’intérêt des habitants.
Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’admiration pour Maryse Arditi et Benoît Perez, deux personnalités qui sont remarquables par leurs engagements et leurs combats.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier. Ce roman revisite le mythe de Robinson Crusoé et montre combien l’être humain a besoin des autres pour rester pleinement humain. La rencontre avec Vendredi bouleverse Robinson et le transforme. C’est un livre très profond sur la condition humaine et sur ce que les autres nous apportent dans leur différence.
Le film qui vous a le plus marqué ?
Soleil vert de Richard Fleischer de 1973. Ce film d’anticipation montre un monde qui en 2022 a épuisé ses ressources, où la canicule règne et où l’on nourrit les plus pauvres avec un produit, le soleil vert, dont ils ignorent tout. C’est une mise en garde très forte : lorsque le profit devient la seule boussole, l’humanité peut basculer dans un avenir sombre.
Ce que vous ne pardonnez pas en politique ?
Le mensonge permanent, le double langage et cette tentation de masquer ce que l’on est vraiment pour plaire au plus grand nombre. La politique exige de la clarté, de la sincérité et du courage. Tromper les citoyens ou leur dire ce qu’ils veulent entendre plutôt que ce que l’on pense réellement abîme profondément la confiance démocratique.
La plus grande qualité d’un maire ?
L’écoute et le travail collectif. Un maire ne peut rien faire seul. Une ville se construit avec une équipe soudée, des élus engagés, des agents respectés et des habitants associés aux décisions. Quand la confiance et l’intelligence collective sont là, on peut transformer beaucoup de choses.
Votre plus grande fierté ?
Avant tout ma famille. Malgré mon investissement professionnel et politique, mes enfants ne m’ont jamais reproché le temps que j’y consacre, et cela compte énormément pour moi.
Sur le plan politique, je suis fier d’avoir participé, aux côtés de Jacques Bascou, à plusieurs projets importants : le réaménagement des Barques, la création du centre social Nelson-Mandela, le sauvetage de Domitia Habitat ou encore la mise en place d’une commission d’attribution des subventions fondée sur des critères objectifs et transparents.
Votre plus grand regret ?
Ne pas avoir remporté les élections municipales de 2020, notamment parce que nous n’avions pas réussi à rassembler suffisamment les forces de gauche. C’est pour cela que j’ai construit une dynamique plus large et plus collective.
Que voudriez-vous entendre le soir de l’élection ?
« On vous a fait confiance. A vous maintenant de ne pas nous décevoir ». Parce qu’une élection n’est jamais un aboutissement : c’est une responsabilité. La confiance des citoyens oblige, et elle doit se mériter chaque jour.
La question qu’on ne vous pose jamais mais que vous aimeriez qu’on vous pose ?
» Qu’est-ce qui vous motive ? » Tout simplement faire les choses bien, améliorer concrètement la vie des gens et contribuer à les rendre un peu plus heureux dans leur quotidien.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Il y a une semaine. Une colistière m’a envoyé un message pour me dire qu’elle n’avait jamais été aussi heureuse et respectée dans une campagne politique. Elle parlait de bienveillance, d’écoute et d’humour. Cela m’a profondément touché.

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