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Après l’évasion incroyable de « Ganito », 21 ans, un détenu dangereux qui a pu quitter la prison de Villepinte par la grande porte grâce à de faux policiers et des faux documents de sortie, l’avocat Charles Consigny pointe le manque de modernité des procédures. Et un ex-surveillant pénitentiaire explique qu’il faut respecter la procédure et ne pas faire de double vérification par risque de se faire « taper sur les doigts » par l’administration.
À défaut d’être spectaculaire, c’est une évasion audacieuse. « Ganito », un dangereux détenu de 21 ans, s’est évadé ce samedi de la prison de Villepinte grâce à de faux policiers. Ces derniers ont profité de l’absence de greffe, le service dédié aux formalités administratives disposant d’outils de vérifications, le week-end dans cet établissement pénitentiaire.
Les agents pénitentiaires n’ont ainsi pu vérifier la validité de la réquisition judiciaire soi-disant signée de la main d’un magistrat. « Ganito » et les deux faux policiers ont ainsi pu quitter la prison sans éveiller de soupçons.
Pourtant, ce spécialiste des vols et des séquestrations ultra violentes, avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements sur sa dangerosité, signalements transmis quelques semaines avant son évasion.
Des complicités au sein de la prison?
Car même incarcéré, Ilyas Kherbouch de son vrai nom, était soupçonné d’organiser des exactions particulièrement violentes depuis sa cellule multipliant menaces et coups de pression à distance. Selon les enquêteurs le jeune homme de 21 ans aurait même commandité le home-jacking de Donnarumma, l’ancien gardien du PSG, depuis son lieu de détention.
« C’est une affaire sidérante et il faut voir déjà s’il n’y a pas des complicités dans la prison », note ce mercredi 11 mars sur le plateau des Grandes Gueules l’avocat Charles Consigny. « Il faut se déguiser en policier mais il faut encore être crédible, ne pas bafouiller, ne pas transpirer », ajoute-t-il assurant qu’il est « très facile » de produire de faux documents juridiques pour intoxiquer les services de justice.
« L’administration est à l’âge de pierre administratif »
« La justice n’est pas très moderne, pas très numérisée, il n’y a pas de reconnaissance faciale et très souvent, en tant qu’avocat, on doit se déplacer physiquement pour déposer des dossiers. Ça s’est un peu amélioré, mais beaucoup de choses restent dans la démarche physique », poursuit Charles Consigny sur RMC.
« Et que la chose soit toujours très papier, très physique, rend en fait la chose moins sécurisée », croit-il savoir.
« L’administration est à l’âge de pierre administratif », déplore de son côté Jérôme Lavrilleux, chroniqueur et ex-élu UMP. « C’est comme le casse du Louvre, le plus beau musée du monde à la merci d’une fenêtre pas protégée parce qu’il manquait un coup de tampon sur un plan de prévention de sécurité ».
« Ici un simple coup de tampon encreur, et deux brassards police (en vente à 10€99 sur Amazon) vous permettent de vous évader de prison », ajoute-t-il.
« La même administration qui traque grâce à l’IA et les images satellite le moindre de vos abris de jardin qui aurait échappé à sa folie taxatrice, qui force ses administrés à entrer en contact avec elle par internet, reste en interne bloquée à l’âge du tampon encreur. On croit rêver », poursuit Jérôme Lavrilleux, lui-même condamné à 2 ans d’emprisonnement dans le cadre de l’affaire Bygmalion, peine effectuée sous bracelet électronique.
« Si on dérange un magistrat le week-end, on se fait engueuler »
Peut-être que les gardiens de la prison de Villepinte n’ont pas voulu déranger leur hiérarchie un week-end: « Il ne faut pas faire de vagues, c’est vrai que si on dérange un magistrat pour vérifier, on va se faire engueuler donc on ne vérifie pas », déplore sur RMC Sébastien Piteau, ancien surveillant pénitentiaire.
« Il faudrait avoir des coups de fils de confirmation mais si on embête un magistrat, on va se faire taper sur les doigts », ajoute-t-il, n’estimant cependant pas que la théorie de la corruption d’un surveillant à l’intérieur de la prison soit évidente dans ce cas précis.
« On doit toujours envoyer un mail en avance avec notre mail pro et arrivé à la prison, il y a toujours plusieurs barrages à passer et on attend 1h », explique de son côté Philippe, policier. « C’est hallucinant, je ne comprends pas comment ils ont pu extraire quelqu’un de prison comme ça ».
« J’ai déjà fait des extractions à Villepinte, c’est hallucinant. Les prisonniers se baladent, se promènent », déplore le policier.
Une enquête a été ouverte par l’Inspection générale de la justice et de nouvelles mesures pour renforcer les contrôles ont été prises.

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