
Pour Marine Le Pen, «l’objectif c’est de rassembler les Français, pas la droite»
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Au douzième jour de la guerre au Proche et Moyen-Orient, qu’il semble encore difficile d’en deviner l’issue. Il faut dire que l’aventurisme sans aucun garde fou des Etats-Unis et d’Israël (totalement improvisé chez les uns, déchaîné chez les autres) n’aura pas tardé à provoquer une véritable déstabilisation chaotique de toute la région, avec des conséquences humanitaires, politiques et économiques mondiales. Mais aussi géostratégiques, dès-lors que le seul vrai gagnant a priori jusqu’à présent se nomme Vladimir Poutine. Quoi qu’il en soit, personne ne sait aujourd’hui où mènera ce conflit. Escalade incontrôlée ? Ou nouvelle guerre d’usure ? A moins que chacun soit à même, pour une fois, de revoir ses ambitions afin d’entamer de nouvelles négociations.
En attendant, les bombardements se poursuivent. En particulier sur la capitale Téhéran. La journée d’hier aura été l’une des pires en Iran, depuis le début de la guerre. De son côté, la République islamique a répliqué dans la nuit en lançant sa vague de frappes la plus violente et la plus lourde, notamment, contre des cibles militaires américaines. Mais aussi en ciblant un champ pétrolier en Arabie saoudite. Enfin, le Liban continue, lui aussi, à être systématiquement pilonné. Au total, plus d’un demi-millier de personnes ont déjà trouvé la mort. Et près de 800 000 hommes femmes et enfants ont du être déplacés. C’est le cas, en particulier, des habitants d’un village chrétien, évacués hier par les casques bleu de la FINUL. 83 personnes y étaient confinées depuis plus d’une semaine dans une église. Signe que la situation ne cesse de se détériorer dans le Sud du Liban.
Au-delà des conséquences humaines de cette guerre, les cours du pétrole dans un marché plus que jamais volatil restent, aujourd’hui encore, au centre de toutes les attentions. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié s’impose désormais comme un enjeu stratégique majeur. Son blocage menace d’asphyxier l’économie mondiale. Ce matin encore, un navire marchand y a été pris pour cible. A présent, les Américains menacent l’Iran de « conséquences militaires sans précédent » si Téhéran décidait de miner ce goulet d’étranglement maritime. Ce qui est certain, c’est que bien davantage encore sans doute que l’utilisation de ses missiles balistiques, le contrôle de ce détroit constitue plus que jamais aujourd’hui la carte maîtresse des mollahs dans ce conflit.
En France, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a demandé au Premier ministre Sebastien Lecornu de convier à Matignon les chefs des partis et des groupes représentés à l’Assemblée et au Sénat, ainsi que les présidents des deux Assemblées, pour les informer des répercussions de la guerre que ce soit sur le plan diplomatique et militaire, mais aussi en matière énergétique et de sécurité. Il faut dire que le Parlement, en congés du fait de la campagne des municipales n’a pas eu l’occasion, jusqu’à présent, de débattre de ce conflit. La réunion autour de Sebastien Lecornu est prévu à 15h00. Selon son entourage, il devrait se contenter d’un « rapide point de situation » avant d’évoquer plus longuement les conséquences pour le gouvernement, sans grandes marges de manœuvre financières.
Et parmi les secteurs qui se disent, d’ores et déjà, directement affectés par les conséquences de cette guerre sur la hausse des prix du carburant, on trouve bien entendu le transport routier. Il concerne plus de 400.000 salariés dans l’Hexagone. L’essence représente le deuxième poste de dépense des société de transports après les salaires. Et, forcément, après une augmentation de 20% des prix à la pompe en seulement 10 jours, beaucoup de professionnels se disent inquiets.
Et c’est dans ce contexte, toujours et encore, que le président Emmanuel Macron a réuni, hier à Paris, une vingtaine de pays au deuxième sommet du nucléaire. L’occasion d’appeler à mobiliser des financements publics comme privés pour investir dans cette technologie qui connaît, c’est vrai, un certain retour en grâce du fait des enjeux de souveraineté énergétique, sans oublier la nécessité de décarboner l’énergie. Alors cette relance de l’atome pour une énergie présentée comme « sûre et accessible à tous » intervient, en effet, dans un contexte très particulier. Géopolitique, tout d’abord, avec la guerre au Moyen-Orient et la flambée des cours du pétrole. Preuve que les hydrocarbures peuvent rapidement se transformer en instrument de déstabilisation. Mais pas seulement puisque l’année 2026 marque le 40eme anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Et le 15eme anniversaire de l’accident de Fukushima.
Or, après toutes ces années, une question demeure : comment redonner une apparence de normalité ? Alors s’agissant des vestiges de la centrale nucléaire aujourd’hui à l’arrêt en Ukraine, la question ne saurait se poser en ces termes en raison de la guerre. Mais s’agissant du Japon, malgré les efforts de décontamination, malgré les incitations financières, il semble encore difficile d’effacer les traces d’un drame désormais vieux de quinze ans.
L’invitée de la rédaction : Sophie Houdart, anthropologue, membre du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative de l’Université Paris Nanterre.
A quatre jours du premier tour des municipales en France, les enjeux de politique local ont parfois vite fait de rejoindre le débat national. C’est le cas, par exemple, s’agissant de la dispersion des votes. Mais aussi de la question des alliances. Et c’est ainsi qu’après que le président des Républicains, Bruno Retailleau, a dénoncé la semaine dernière ce qu’il nomme les « accords de la honte » au premier tour de scrutin entre LFI et les autres formations de gauche, traitant leurs dirigeants de « bande de tartuffes », le Parti Socialiste par la voix de son secrétaire général, Pierre Jouvet avait choisi de répliquer, ce matin, en dénonçant les alliances entre la droite et l’extrême droite. Plus exactement, le PS qui dit assumer aujourd’hui ses alliances locales avec les Insoumis reproche à la droite de ne pas jouer la carte de la transparence.

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