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11 mars 2026Municipales 2026 à Perpignan : postes de police municipale, entrée de ville, parc des sports… après six ans de mandat, quel bilan pour Louis Aliot ?
Le maire Rassemblement national de Perpignan, Louis Aliot, est candidat à sa propre succession lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Mais quel est le bilan de son premier mandat six ans après ? L’Indépendant fait le point sur les 6 grandes promesses de sa campagne 2020.
Sécurité : du renfort et quelques pas de recul
C’était l’axe central de la campagne de Louis Aliot en 2020 : la sécurité. Une délégation que le maire a d’ailleurs voulu assurer lui-même durant tout son mandat. Avec des ambitions qui ont connu quelques marches arrière. Plus précisément, le vice-président du Rassemblement national annonçait l’ouverture de 5 postes de police. Celui du Palmarium a été inauguré trois mois après sa prise de fonctions avant de tirer subitement le rideau en janvier 2025. Même chose pour le poste de la place Rigaud ouvert en novembre 2022 et fermé en août 2025. L’ancien hôtel-restaurant la Cigale près de Saint-Jacques a, lui, fait l’objet de travaux de rénovation mais n’a jamais accueilli que des agents de la brigade propreté, en raison d’un bras de fer juridique interminable entre la commune et le Département.
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Quand l’objectif affiché était une présence « 24 h/24, 7 J/7« , les quatre postes créés avenue de la gare, au Moulin-à-Vent, au Bas-Vernet et finalement rue de l’Argenterie sont bien toujours en fonctionnement (du lundi au vendredi de 9 h à 17 h) et sur rendez-vous jusqu’à 20 h. Le tout renforcé par la mise en place de deux brigades de nuit assurant la permanence de 20 h à 6 h.
Louis Aliot promettait également une généralisation de la vidéoprotection. Elles étaient au nombre de 340 en 2021. La ville en recense 406 à ce jour, sans compter les dispositifs nouvellement placés dans les établissements publics comme à Saint-Charles ou au stade Aimé-Giral. Le renfort des effectifs prévu est, lui, d’une quarantaine d’agents supplémentaires en 6 ans (de 160 à 200).
Coup de frein sur l’entrée de ville
C’était le projet majeur qui devait changer la physionomie du centre-ville de Perpignan : la réfection de l’entrée de ville, à hauteur du pont Arago. La municipalité voulait repenser la circulation sur le pont Arago avec, dans les deux sens, une voie réservée aux véhicules, une autre dédiée aux bus, une piste cyclable et une allée piétonne. Avec, pour finir, un rond-point au niveau des avenues Grande-Bretagne et Général Leclerc. Le cours Lazare Escarguel devait être requalifié et longé d’une esplanade. Le tout accompagné d’un parking de 400 places à l’ancienne gare des bus. Seulement voilà, le pont Arago est la propriété du Département. Tout comme la voie sur berges en direction de Prades. Celle allant vers Canet, est détenue par Perpignan Méditerranée Métropole. Conséquence, sans maîtrise foncière, le projet a connu un coup d’arrêt avant même d’avoir débuté.
Le grand parc à thème attend encore
La possible création d’un gigantesque parc à thèmes sur le cinéma a agité toute l’année 2024 à Perpignan. Un investisseur nommé Bruno Granja, directeur de Studios Occitanie Méditerranée, portait l’idée d’un parc à thèmes sur l’industrie cinématographique, qu’il a proposé à plusieurs villes du sud de la France. En vain. Mais à Perpignan Louis Aliot s’est montré très favorable au projet. Le maire RN a proposé un terrain de 60 hectares au Mas Bresson pour l’installation de ce parc prévoyant 6 univers thématiques (arena et e-sport), un espace catalan, 1 000 chambres thématiques, 400 chambres familiales, des espaces publics, des services. Mais aussi toute une partie dédiée aux professionnels avec des studios. Le tout nécessitant un investissement pouvant aller jusqu’à 750 millions d’euros. Un projet pharaonique, rejeté dans plusieurs villes, arrivé trop tard pour être inscrit dans le Schéma de cohérence territoriale (Scot) et dans le règlement d’urbanisme intercommunal (PLUId) de PMM. Donc à l’arrêt complet.
La relance de la rue des Augustins
Pour redynamiser le centre-ville, Louis Aliot a voulu s’attaquer à l’artère commerciale peut-être la plus symptomatique de la désertification des commerces en ville : la rue des Augustins. Un projet qui s’inscrivait dans une volonté plus large de redonner des couleurs à cette partie du centre-ville en réaménageant les rues allant de la Fusterie jusqu’à la rue Emile Zola, en passant par la place Rigaud. Après réfection totale des rues, la Ville a donc racheté 25 locaux commerciaux dans la rue des Augustins pour les remettre à neuf avant de lancer des appels à manifestations d’intérêts pour trouver des repreneurs. La Ville ayant en tête l’idée d’y attirer des antiquaires et brocanteurs, dans l’esprit de ce qu’il se fait à L’Isle-sur-la-Sorgue. In fine, c’est l’artisanat qui est mis en exergue dans cette rue. Depuis 2024, des commerçants ont commencé à s’emparer des lieux. À ce jour, sur l’ensemble des locaux préemptés, encore une bonne douzaine reste vacante. L’activité reprend vie.
Le Parc de sports bloqué, l’USAP a son centre d’entraînement
C’était l’engagement de la politique sportive de Louis Aliot en 2020 : un Parc des sports repensé et agrandi. Six ans après, le dessein est à l’arrêt. Le projet était pourtant écrit, pensé et chiffré : création d’un centre d’entraînement et de formation multisports, dont celui de l’USAP ; construction d’une tribune, de bureaux et de lieux réceptifs sur le terrain où évolue le club de foot américain des Grizzlys, pour boucler un stade de 3 000 à 5 000 personnes ; repositionnement du club de tennis et création d’une salle de sports de 1 000 à 1 500 places ; réaménagement du stade d’athlétisme… Au final, peu a abouti. La non-maîtrise d’une partie du foncier n’explique pas tout. En fait, le tournant dans la politique sportive de la ville a été effectif entre 2022 et 2023. L’accent a été mis sur le sport professionnel et moins sur le sport amateur, cheval de bataille de l’adjoint aux sports Sébastien Ménard. La Ville a joué un rôle moteur dans la création du centre d’entraînement de l’USAP, attendu depuis des années. Elle a assumé la majorité de l’investissement supérieur à 4 millions. La municipalité a également fini par lancer le chantier de nouvelle tribune à Gilbert-Brutus. Un projet à quelque 15 millions d’euros, soutenu par le Département et la Région.
Infrastructures culturelles : une médiathèque au Vernet, toujours pas de Pôle muséal
Louis Aliot avait fait des infrastructures culturelles un de ses axes de campagne de 2020. Six ans plus tard, le bilan de ses promesses apparaît contrasté. Le parc des expositions illustre ce bilan nuancé. Profondément modernisé, avec un Grand Hall modulable de 3 999 places assises, il reste toutefois éloigné des 5 000 sièges annoncés. La médiathèque Salvador‑Dalí du Vernet, inscrite dans le Nouveau programme national de renouvellement urbain, est bien sortie de terre pour une ouverture prévue au printemps 2026. À l’inverse, la promesse de « réactiver » une école municipale des beaux‑arts reste, à ce stade, un serpent de mer. Quant au projet de « Pôle muséal », destiné à regrouper musée des monnaies et médailles Joseph‑Puig, Casa Pairal et Muséum d’histoire naturelle, il s’est limité à une coordination administrative placée sous la Direction de la culture, sans grand musée unique. Le projet culturel a lui été porté par des expos majeures au musée Rigaud, à l’image de l’expo Maillol-Picasso de l’été 2025, et la création du festival de la liberté d’expression, très marqué à la droite de la droite. À l’inverse, certaines subventions pour les acteurs culturels de la proximité ont été réduites.

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