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11 mars 2026« Le sol s’est dérobé sous mes pieds » : piégé par un faux Jean Reno, un ingénieur perd 350 000 euros
Derrière une publicité en ligne promettant monts et merveilles, Pascal, ingénieur lyonnais, a perdu 350 000 euros dans une escroquerie exploitant l’image de Jean Reno.
« J’ai tout perdu. » Trois ans après les faits, Pascal garde encore en travers de la gorge cette escroquerie qui a bouleversé sa vie. En décembre 2022, cet ingénieur lyonnais d’une soixantaine d’années a été piégé par une arnaque en ligne lui ayant coûté près de 350 000 euros. Le piège ? Une vidéo frauduleuse utilisant l’image de l’acteur Jean Reno pour promouvoir une prétendue plateforme de trading en cryptomonnaie.
« Je l’ai toujours apprécié, ça a capté mon attention », confie-t-il au Progrès. Intrigué, il clique sur le lien. Une interface au design léché apparaît, et un message l’invite à ouvrir un compte avec 250 dollars, somme de départ présentée comme « symbolique ».
Rapidement, un certain Laurent Bernaud le contacte par téléphone. « Certainement un faux nom », glisse-t-il avec le recul. À l’époque pourtant, tout semble crédible : ton assuré, vocabulaire précis, références économiques. « Franchement, il m’a impressionné par sa maîtrise des marchés financiers. »
Les premiers placements s’avèrent prometteurs. Sur la plateforme, les chiffres grimpent. Les 250 dollars initiaux deviennent 8 000. Puis les escrocs encouragent Pascal à retirer 4 000 euros. Quand l’ingénieur reçoit la somme sur son compte en banque, il n’y a plus aucun doute. Peu à peu, les montants engagés atteignent des sommets ; sur son tableau de bord, la courbe de ses gains s’envole, affichant virtuellement plus d’un million d’euros.
« À ce moment-là, j’ai eu envie de me pendre »
C’est alors que les premières alertes apparaissent. Lorsque Pascal tente de retirer une partie des fonds, l’accès lui est refusé. Son « conseiller » prétexte une taxe à payer en urgence pour débloquer les sommes. Le doute s’immisce. Il contacte une véritable plateforme de courtage : la sentence tombe.
« À ce moment-là, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. J’ai compris que j’avais mis toutes les économies de ma famille dans quelque chose qui n’existait pas. » En quelques mois, près de 350 000 euros se sont envolés.
Les répercussions sont immédiates. Pour faire face aux échéances, Pascal est contraint d’hypothéquer sa maison. La famille quitte son pavillon pour s’installer dans un petit appartement. « On est quatre avec une seule chambre. Les enfants dorment dans le salon. Ce n’est pas la vie que je voulais leur offrir. » Mais au-delà du choc financier, la honte l’envahit. « Ce que j’avais envie de faire à ce moment-là, c’était me pendre. »
Une plainte et un bras de fer avec sa banque
Soutenu par ses proches, Pascal décide malgré tout de se battre. Il dépose plainte auprès du procureur de la République et mandate des experts pour tenter de retracer le parcours des cryptomonnaies évaporées. Mais l’espoir est mince. Selon ses avocats, il y a « peu de chances de récupérer les fonds par la voie pénale, les escrocs opérant souvent depuis l’étranger sous de fausses identités ».
En parallèle, l’ingénieur a engagé un bras de fer avec sa banque, qu’il accuse de négligence lors des transferts massifs effectués sans contrôle. « Le client est un néophyte en matière financière ; la banque, elle, est une professionnelle. Elle a un devoir de vigilance dont elle ne peut se défausser par une simple décharge signée à la hâte lorsqu’elle soupçonne un acte malveillant », plaide son avocat.

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