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11 mars 2026La mini-série « L’Affaire Laura Stern » sur France 2 puise dans plusieurs féminicides bien réels
Raoul Gilibert/France Télévisions
Valérie Bonneton incarne une femme traumatisée par un féminicide et révoltée par l’inaction de la police et de la justice, au point d’user elle-même de violence pour protéger celles qui l’entourent.
C’est la mini-série française à ne pas rater cette semaine. Diffusée sur France 2 ce mercredi 11 mars à 21 h 10, L’Affaire Laura Stern s’empare du sujet des violences conjugales et des féminicides en France. Des thèmes forts, pour lesquels la mini-série est allée puiser dans le réel, sans jamais le citer frontalement.
Déjà disponible sur la plateforme de HBO Max et celle de France Télévisions, L’Affaire Laura Stern est portée par l’actrice Valérie Bonneton et retrace en quatre épisodes l’histoire de Laura, pharmacienne et témoin impuissante du féminicide d’une membre de sa propre association d’aide aux victimes de violences. La série retrace alors le combat de cette mère de famille traumatisée mais surtout révoltée face à l’impuissance et l’inaction de la police et de la justice. Quitte à rendre elle-même la justice pour aider les femmes qui trouvent régulièrement refuge dans son arrière-boutique.
Purement fictionnelle, la série assume de ne pas être « adaptée d’un fait divers » précis, comme l’avaient indiqué ses auteurs lors de sa présentation au Festival de la Fiction de La Rochelle, d’où elle était d’ailleurs repartie avec le prix de la meilleure série 52’ dramatique. Pour autant, difficile d’ignorer les liens avec plusieurs affaires de féminicide qui ont marqué le débat public français ces dernières années, au point, parfois, de faire bouger les lignes.
Le constat d’échec de L’Affaire Laura Stern
Des inspirations indirectes qui permettent de brasser un certain nombre de sujets entourant la gestion de ce fléau : entre signalements répétés mais sans conséquences, drames punis malgré un constat d’échec du côté de la protection des victimes ou encore question de la légitime défense.
Comme le souligne Canal+ dans un article dédié à cette mini-série, les échos avec la mort de Chahinez Daoud sont évidents. En 2021, cette mère de trois enfants avait été brûlée vive par son mari à Mérignac. Une affaire qui avait illustré les nombreuses défaillances judiciaires et policières pour protéger cette femme de 31 ans. La conclusion judiciaire de cette affaire a eu lieu en mars dernier. Le mari de Chahinez Daoud a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans.
Autre féminicide indissociable de ce récit fictif, celui de Nathalie Debaillie. Elle aussi avait connu un destin tragique, malgré trois mains courantes et une plainte déposées dans le même commissariat lillois. Le 27 mai 2019, à Lille, elle avait pourtant été enlevée sur son lieu de travail par des hommes de main, avant d’être conduite chez son ancien compagnon pour que ce dernier l’égorge. Un acte pour lequel il a écopé de 30 ans de réclusion criminelle en 2024.
Dans cette deuxième affaire, la justice avait toutefois reconnu la responsabilité de l’État en le condamnant pour faute lourde. Il y a eu « un dysfonctionnement traduisant l’inaptitude du service public de la justice à remplir la mission qui lui était confiée », avait d’ailleurs reconnu le tribunal civil de Paris en juin dernier. D’autant que l’ancien compagnon de Nathalie Debaillie était déjà visé par une plainte et une main courante déposées par deux anciennes compagnes.
Inversion des rôles
Poussé à s’engager au-delà de son rôle au sein de son association d’aide aux victimes, le personnage de Valérie Bonneton questionne les limites de la justice en cherchant à la rendre elle-même, en usant de violence quand les services de l’État ne régissent pas, ou plus. Là encore, les échos de L’Affaire Laura Stern avec notre réalité sont nombreux.
Surtout avec l’histoire de Jacqueline Sauvage, responsable de la mort de son mari, tué de trois coups de fusil dans le dos en 2012. D’abord condamnée par la justice française à 10 ans de réclusion en première instance, comme en appel, Jacqueline Sauvage avait finalement été graciée par François Hollande et totalement libérée en fin d’année 2016 face au tollé provoqué par son emprisonnement. Cette affaire, comme celle de Valérie Bacot qui avait, elle, été condamnée à 4 ans de prison pour avoir tué son mari violent, avait eu pour conséquence de questionner les limites de la justice. Dans les deux cas, ces femmes avaient subi des années de violences sexuelles, physiques et psychologiques au sein de la cellule familiale.
Comme le souligne Le Parisien, cette série marquante se démarque d’autant plus en refusant de prendre parti ou d’apporter des réponses trop évidentes. Tout en montrant de manière frontale la réalité des violences conjugales et l’invisibilisation de celles qui tentent de parler quand il est encore temps. Des enjeux plus contemporains que jamais, à l’heure où les autorités publiques prennent enfin toute la mesure du problème à travers notamment la multiplication des actions de prévention, mais sans réussir à endiguer le nombre de féminicides. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 107 femmes ont perdu la vie en 2024 dans le cadre de féminicides, une hausse de 11 % par rapport à 2023. Au total, « 1 283 femmes victimes de (tentatives de) féminicides au sein du couple, directes ou indirectes » ont été recensées en 2024, selon les chiffres de l’État.

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