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11 mars 2026Des primes pour inciter à travailler le week-end ? « Il faut compenser ce désagrément par plus d’argent »
La RATP a proposé mardi à ses salariés de revaloriser les primes de week-end dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). En France, un salarié sur quatre est amené à le faire. « Pas normal de l’imposer sans contrepartie », juge ce mercredi dans Estelle Midi Fred Hermel
La RATP a proposé mardi de revaloriser certaines primes liées au travail le week-end dans le cadre de ses négociations annuelles obligatoires (NAO). Ces discussions concernent uniquement les 45.000 salariés de l’établissement public et non ceux de ses deux principales filiales. L’objectif : rendre plus attractifs les horaires atypiques dans un contexte de difficultés de recrutement.
Selon Jean Agulhon, directeur des ressources humaines du groupe, les mesures visent prioritairement les agents « les plus exposés à des horaires et des jours de travail atypiques ». Si l’accord est validé, la prime pour travail du samedi, créée en 2025 à hauteur de 10 euros brut, serait progressivement augmentée. Elle passerait à 25 euros brut par samedi travaillé à partir du 1er juillet, puis à 30 euros brut en fin d’année.
La prime pour travail le dimanche et les jours fériés – actuellement de 51,46 euros brut – serait, elle, versée dès le premier dimanche travaillé, alors qu’elle ne s’applique aujourd’hui qu’à partir du 12e dimanche travaillé.
La convention collective joue sur la rémunération
En France, plus d’un salarié sur quatre sont amenés à travailler le week-end, selon une étude Eurostat, relayée par BFMTV en 2025. Le débat s’est invité ce mercredi sur l’antenne d’Estelle Midi. Pour certains, ces horaires font partie intégrante du métier mais restent peu reconnus. Jonathan, équipier chez McDonald’s dans l’Aisne, explique ainsi travailler tous les week-ends depuis sept ans sans rémunération supplémentaire.
« Moi ça fait 7 ans que je travaille tous les week-ends donc… », raconte-t-il. Interrogé sur une éventuelle majoration salariale, il répond : « Non ». Autrement dit, « si vous travaillez le mardi, vous gagnez la même chose que quand vous travaillez le dimanche ».
Selon lui, cette situation est connue dès l’embauche mais les conventions collectives n’ont pas suivi l’évolution du travail. « On savait très bien que les week-ends, on serait susceptibles à travailler de toute façon », explique-t-il, tout en estimant que « l’évolution du travail et l’évolution de la vie personnelle n’a jamais été revalorisée ».
Allier « métier passion » et travail le week-end
Dans d’autres secteurs, une rémunération supplémentaire pourrait au contraire encourager les volontaires. Mathieu, ambulancier dans la Meuse, travaille régulièrement le dimanche sans compensation spécifique.
« Nous on n’a rien de plus le week-end », explique-t-il. Pourtant, son métier implique de longues amplitudes horaires, parfois « de 11h30, 12h, voire des fois 13h ». Malgré tout, il affirme continuer parce qu’il s’agit d’un « métier passion ». Mais il reconnaît qu’une prime pourrait faire la différence : « Après on me dirait encore même 40-50 euros net pour tous les dimanches travaillés, ça motiverait les gens peut-être de travailler 2 ou 3 dimanches dans le mois ».
« Si on peut compenser ce désagrement par plus d’argent, je trouve ça bien »
L’éditorialiste Jérôme Lavrilleux estime que ces mesures relèvent d’une logique de marché : « Tu n’arrives pas à recruter, il faut augmenter le salaire pour que ton poste devienne attractif ». Fred Hermel souligne quant à lui la réalité du travail le week-end dans de nombreux métiers : « La France travaille beaucoup. Les gens qui bossent le week-end, ils bossent beaucoup ». Selon lui, la compensation financière reste légitime : « Si on peut compenser ce désagrément par plus d’argent, moi je trouve ça très bien ». « Ce n’est pas normal de l’imposer sans contrepartie! »
D’autres rappellent aussi l’impact sur la vie personnelle. La journaliste Juliette Briens, qui a travaillé dans la restauration, se souvient que son « rêve ultime » était « de ne pas travailler le week-end et les soirs ». Avec le temps, reconnaît-elle, « mon week-end est un peu devenu sacré ».

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