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12 mars 2026Édito. Face à la flambée du carburant, les politiques jouent les pompistes et oublient la transition énergétique
L’inquiétude provoquée par la hausse des prix des carburants illustre-t-elle l’enterrement des préoccupations environnementales ? La fin du mois, et même la fin de la semaine, avant la fin du monde ! Cette fois encore, dans le débat public, au rayon angoisses, le pouvoir d’achat supplante nettement l’urgence écologique. Le gazole à deux euros le litre, et c’est le branle-bas de combat !
Tous les partis s’y mettent : un vrai concours Lépine pour voler au secours des automobilistes, avec des propositions ultra-coûteuses pour le budget de l’État, comme la baisse des taxes sur l’énergie et les produits pétroliers réclamée à l’extrême droite par le Rassemblement national et Reconquête, ou le blocage des prix de vente des carburants que prône La France insoumise. Le PS réclame un chèque énergie conditionné aux revenus pour les catégories les « plus vulnérables ». Le bloc central et la droite récusent tout retour du « quoi qu’il en coûte », mais promettent de lutter contre les abus. Tout le monde rivalise d’ingéniosité et de volontarisme pour faire baisser le prix de l’essence.
L’écologie reléguée au second plan
Il est légitime que les politiques se préoccupent du pouvoir d’achat des Français, surtout celui des plus modestes. Ce qui pourrait justifier, si la crise dure, un dispositif ciblé vers les bas revenus, mais sûrement pas une baisse des taxes ou un blocage des prix pour tous. Toutes ces mesures visent néanmoins à inciter les automobilistes à rouler davantage. Même à gauche, quand une crise menace de nous faire le coup de la panne d’essence, tout le monde se transforme en pompiste et personne n’en profite pour faire la pédagogie de l’indispensable réduction de notre dépendance aux énergies fossiles. Mercredi 11 mars, seule la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, a publié un long communiqué pour prôner la sobriété énergétique, le développement des énergies renouvelables et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
L’écologie n’a pas pesé dans la campagne municipale qui s’achève. Les enjeux environnementaux ont été engloutis par les préoccupations sécuritaires, et désormais par le pouvoir d’achat. La campagne avait même commencé par un premier recul spectaculaire : les zones à faibles émissions des grandes métropoles supprimées par un premier vote à l’Assemblée. Le vote définitif a été repoussé après le scrutin. Alors mercredi, Emmanuel Macron aussi a rappelé l’importance de réduire notre dépendance et de mener à bien la transition. Mais « c’est un chemin au long cours », a souligné le chef de l’État.
Sans doute. Mais, comme dit Alain Souchon, « on n’a plus assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens ; alors, faut qu’on avance. »

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