
suivez la 5e étape entre Cormoranche-sur-Saône et Colombier-le-Vieux en live
12 mars 2026
Le choix du chef suprême reflète le défi de l’Iran, disent les experts, rendant improbable un changement de régime
12 mars 2026Ils sont des as du pilotage en mer : sans eux, l’entrée des cargos dans les ports maritimes serait impossible
Gérald Planques a la mer chevillée au corps. Après avoir navigué sur quasiment toutes les mers du globe, à 52 ans il est aujourd’hui pilote professionnel rattaché à la station de pilotage Port-Vendres/Port-La Nouvelle. Une mission d’assistance en équipe, hypertechnique pour sécuriser, l’entrée et la sortie du port, des cargos mesurant jusqu’à 158 mètres, de luxueux yachts (plus de 45 m) ou encore de paquebots de croisière !
Ce sont peut-être ses origines siciliennes maternelles et son amour pour la mer, qui font que Gérald Planques garde son sang-froid en toutes circonstances. Car avant de devenir pilote, l’homme qui a grandi à Port-Vendres a beaucoup appris auprès des pêcheurs. D’abord filetier (réparateur de filets) sur les chalutiers familiaux, celui qui n’aimait pas l’école, rejoint ensuite le lycée de la mer à Sète pour décrocher brillamment des diplômes de commandant et de mécanicien.
Il effectue ensuite son service militaire… dans la Marine nationale, puis embarque sur un navire océanographique du CNRS basé à Toulon en qualité de Bosco de pont, comprenez Maître d’équipage. Une fonction très formatrice, qu’il va exercer durant 15 ans, ponctuée par un mois de mission et autant de repos. Puis à la quarantaine, Gérald souhaite se poser, à Port-Vendres bien sûr ! C’est alors qu’il rejoint le syndicat professionnel des pilotes et la station de Port-Vendres – Port-La Nouvelle qui compte cinq personnels.
Tout est question de traction, et de pression
Un métier qui demande de l’expérience et de l’anticipation pour réaliser trois actions principales. À commencer par le pilotage de l’Ataulf, une vedette de 12 mètres 600 chevaux, qui va permettre à Gérald de déposer son collègue jusqu’à l’échelle du bateau demandeur (sous le vent). Celui-ci va monter à bord, discuter avec le capitaine des spécificités de son navire, pour orchestrer son entrée dans le port. « Des tas de facteurs sont à prendre en compte, tels la hauteur d’eau dans le port (recueillie par un marégraphe) et évidemment le vent et les courants, c’est là que l’adrénaline fait effet. Tout est question de traction, et de pression en fonction des éléments » explique le pilote. Dans le cas d’un cargo par exemple, la pilotine va se positionner à l’arrière pour tendre une aussière (amarre) qui permettra de déplacer le navire qui peut mesurer jusqu’à 158 m, avoir 14 000 tonnes de charge et un tirant d’eau de 8,5 m.
Près de deux heures
Généralement ce type d’opération, sur un cargo débute à 2 miles nautiques (3,7 km) avant l’entrée dans le port catalan et, la manœuvre complète, sans complication, dure près de deux heures. Cette assistance est payante (tarif géré par l’État), et se déroule, généralement pour les cargos de ligne régulière, au lever du jour : « C’est plus sécurisant. Chaque navire à ses particularités, l’entrée dans ce port est compliquée, elle demande de la prudence. » C’est pourquoi la station de pilotage dispose d’un second bateau, nommé Massane qui peut offrir 12 tonnes de traction, avec ses 1 000 chevaux, et dispose également d’un canon d’eau de mer en cas d’assistance incendie.
Les pilotes n’ont pas droit à l’erreur : « il faut être concentré, très attentif, répéter les ordres transmis, et être en capacité de les exécuter à l’aveugle, c’est un travail d’équipe qui nécessite d’être à 100 %. Et lorsque tout s’est bien déroulé, nous sommes fiers du devoir accompli ». Ce que Gérald adore c’est voir les spectateurs assister à la manœuvre : « Port-Vendres avec son port commercial inséré dans la ville est unique. Lors des entrées, on jette un œil (vite fait) et l’on voit les gens sur les quais ou aux terrasses en train de regarder ce spectacle, on nous prend même en photo, c’est sympa ! ».
Les futurs pilotes doivent avoir de l’expérience en mer
Pour être complet sur l’activité de la station de pilotage, à Port-Vendres il y a aussi : le lamanage. Une technique très particulière qui consiste à récupérer et placer l’amarre du bateau assisté sur la bite d’amarrage (le bollard), une action dangereuse qui, là encore nécessite une grande technicité.
Enfin, si le salaire des pilotes est selon Gérald « très correct », il conseille : « les futurs pilotes doivent avoir de l’expérience en mer, le hauturier (haute mer) pour acquérir de bons réflexes, et une vie saine. Il y a une visite médicale annuelle obligatoire auprès d’un médecin de la Marine, et l’on peut poursuivre au-delà de 55 ans (âge légal de départ dans la marine marchande) ». Et lorsqu’il n’y a pas d’assistance, le pilote s’occupe de l’entretien des bateaux, avec parfois des astreintes qui implique qu’il soit opérationnel en moins de 2 heures. Ce qui n’est pas un problème pour Gérald, qui ne supporte pas d’être loin de la « grande bleue » !
Des métiers pas comme les autres
De clown en passant par gardien de phare ou encore maître cordonnier, ils n’ont pas des métiers dits classiques. L’Indépendant est allé à leur rencontre pour qu’ils nous racontent leurs parcours.

9999999
