
il n’est pas (encore) trop tard, mais…
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Un animateur du périscolaire déjà écarté d’une école parisienne pour des signalements de violences psychologiques sur des élèves, est soupçonné de viol sur une enfant de 3 ans dans une autre école de Paris après avoir été simplement déplacé. L’avocat de la famille de la victime dénonce sur RMC le silence de la mairie de Paris et réclame une information judiciaire alors que rien ne bouge un mois après le dépôt de plainte.
C’est un nouveau scandale d’agression sexuelle dans les écoles de Paris. Une plainte a été déposée pour viols contre un animateur soupçonné de s’en être pris à une enfant de 3 ans dans une école du 15e arrondissement, l’école Volontaires.
« C’est une famille dont la vie s’est arrêtée il y a un mois quand leur enfant en petite section âgé de 3 ans leur a révélé des faits de pénétrations anales commis par un animateur du péri-scolaire », explique ce jeudi 12 mars sur le plateau des Grandes Gueules l’avocat de la famille Louis Calliez.
« Ils ont déposé plainte le 10 février et ça fait un mois que cet enfant n’a pas été auditionné par la brigade de protection des mineurs comme ça devrait être le cas. Si vous entendez un enfant de 3 ans 45 jours plus tard, les déclarations seront plus floues. Pourtant dans la douche, quand sa mère lui a demandé de lui rappeler les règles d’intimité, il a désigné nommément un animateur et explicitement des gestes constitutifs de viol », poursuit-il sur RMC Story, évoquant une « pénétration anale ».
« Cet animateur, à ma connaissance, est en liberté. Il est suspendu et prépare sa défense. On va se retrouver avec la parole d’un adulte, qui sait se préparer vu son parcours de prédation, face à la parole d’un enfant », déplore l’avocat, qui réclame une garde à vue et une perquisition.
Ca fait donc un mois que ses clients tentent de « recouper toutes les informations », tentant de comprendre le parcours de l’animateur en contactant d’autres familles inquiétes.
Un suspect connu de l’administration?
L’homme suspecté de viol venait d’être transféré de l’école Saint-Dominique dans le 7e arrondissement voisin après des signalements en septembre contre plusieurs animateurs pour des faits de maltraitance et de violences psychologiques.
« Il y a une affaire par jour (dans chaque arrondissement) et dans mon affaire, le scandale absolu c’est que le suspect a été muté, exfiltré et déplacé le 15 décembre dernier depuis une autre école, l’école Saint-Dominique. Car c’est la même CASPE, (la Circonscription des affaires scolaires, échelon local géré par la mairie centrale) qui gère le périscolaire dans le 7e et 15e arrondissement », poursuit l’avocat Louis Caillez sur RMC.
Un recasage que confirme la mairie de Paris à France Inter avec « un encadrement prévenu et renforcé »:
« On nous parle de recadrage, de seconde chance mais on ne prévient pas la deuxième école qui récupère les poubelles ! Ce n’est pas vrai qu’il y a eu un encadrement renforcé. Je sais que cet animateur est arrivé dans l’école de Volontaires sans que la direction soit prévenue », insiste l’avocat de la famille de la victime.
« Il y a deux possibilités: soit on vous refourgue un animateur et on dit à la nouvelle école ‘méfiez vous de lui’ et c’est la responsabilité de la seconde école qui le laisse au contact des petites sections. Soit on ne le dit pas à la seconde école », lance Louis Caillez.
Depuis les faits, la mairie de Paris n’est pas entrée en contact avec la famille de la petite fille: « C’est la psychose générale, les familles sont en panique. Il y a des réunions publiques, mais les institutions pratiquent la langue de bois et on ne confronte que des théories à cette maman. On dit à la mère que l’animateur ne gérait pas les petites sanctions et était toujours en binôme, force est de constater que ce n’est pas le cas. On lui confronte la théorie et elle essaye de comprendre la pratique ».
« Pour la mère, c’est l’horreur »
« Il y a un mur du silence judiciaire et un mur du silence administratif avec une opacité de la mairie. Et pour la mère de l’enfant c’est l’horreur », ajoute l’avocat.
Alors pourquoi la mairie n’agit pas ? « Je pense que c’est le phénomène classique du ‘pas de vagues’, il y a des problèmes de recrutement et manifestement un entrisme de gens déviants.
« La première école Saint-Dominique, on parle de 9 animateurs suspendus et une trentaine de plaintes. A priori, on se dirige vers un système de réseau organisé d’animateurs qui se cooptent, qui se recrutent peut-être entre eux. C’est possible. Le système de recrutement est catastrophique », clame-t-il.
« On est dans un des plus gros scandales de périscolaire de France »
Aujourd’hui, il veut briser « le mur du silence » alors que la convacation de la famille et de la victime auprès des services de police devrait arriver « fin mars ».
« Je demande l’ouverture d’une information judiciaire: on est dans un des plus gros scandales de périscolaire que Paris et peut-être la France ait jamais connu. Il faut des perquisitions immédiates, aujourd’hui c’est trop tard, le ménage a été fait ».
« Vous confiez la chair de votre chair à des gens inconnus, sans transparence, la seule manière d’apporter des gardes-fous, c’est d’apporter une vision impeccable et le principe de précaution doit être au-delà du sexuel. Juste hurler sur un enfant, ce n’est pas normal », poursuit l’avocat.
Vers une plainte collective?
« Il y a un travail titanesque mais judiciairement, il faut passer la seconde », exhorte Louis Cailliez. « Les parents des deux écoles avec qui je suis en lien discutent d’une plainte collective pour mise en danger, il pourrait y avoir une enquête judiciaire pénale » qui pourrait viser les responsables de l’affaire au niveau administratif et politique.
« C’est pour savoir comment dans les parcours, on a dit dans une réunion publique qu’il avait été décidé de prolonger la période de stage de l’animateur et que son terrain de stage était changé. Du gloubi-boulga pour dire qu’on change d’arrondissement et qu’on met la poussière sur le tapis », conclut-il.
Sophia Chikirou, députée LFI de Paris et candidate à la mairie a demandé plusieurs semaines auparavant la création d’une commission d’enquête. Interpellé sur le sujet, Emmanuel Grégoire, l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo en campagne pour la mairie aussi, se défend en assurant qu’il n’est plus aux affaires depuis deux ans. « Il faut calmer la psychose en parlant, en étant transparent », appelle Louis Caillez.

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