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12 mars 2026A Roubaix, LFI lâche ses dernières forces dans la bataille pour faire gagner David Guiraud
La ville la plus pauvre de France pourrait être la plus grande commune à tomber dans l’escarcelle des insoumis le soir du second tour des municipales. Parti en campagne depuis près de deux ans, David Guiraud laboure le terrain sans relâche. Ses adversaires misent désormais sur une éventuelle alliance entre le PS et la droite pour le faire battre.
Roubaix, une ville dirigée par la droite depuis 2014 mais dans laquelle Jean-Luc Mélenchon a atteint 52% au premier tour de la dernière présidentielle, son plus gros score national. De quoi susciter les appétits des troupes insoumises qui pourraient décrocher leur première grande victoire locale depuis la fondation du parti.
Dans les starting-blocks pour conquérir la ville de 98.000 habitants, à quelques encablures de Lille: David Guiraud. Élu député en 2022 sur ce territoire le plus pauvre de France métropolitaine, ce très proche du fondateur de La France insoumise, qui n’a pas répondu à nos questions, a été réélu en 2024 aux législatives avec plus de 65% des voix au second tour.
Sur le papier, donc, le fils d’un ancien ponte socialiste de Seine-Saint-Denis joue sur du velours. Mais ses ambitions municipales agacent toute une partie de la gauche roubaisienne qui l’accuse de faire cavalier seul, après avoir lancé sa candidature dès 2024 sans le soutien officiel des socialistes et des communistes, pourtant unis depuis des années sur la ligne de départ aux élections locales.
« Pour lui, on devait se ranger derrière lui de façon très naturelle mais ça n’a pas fonctionné », explique ainsi à BFM le socialiste Mehdi Chalah, finalement rallié à la liste de gauche concurrente de David Guiraud menée par Karim Amrouni.
« Il a un vrai projet »
Pour contrer cet argument, les soutiens du député insoumis rappellent que sur une liste de 53 candidats, une vingtaine seulement sont des LFI pur sucre. Certains membres du PS ont même rejoint l’insoumis dans sa conquête de l’hôtel de ville à l’instar de l’ancien maire Pierre Dubois.
Il faut dire qu’au-delà des scores de Jean-Luc Mélenchon, l’insoumis a labouré patiemment ces dernières années le territoire, apprenant à connaître la ville qui ne compte même pas un seul conseiller municipal LFI.
« Ce n’est pas du tout mon bord et jamais je ne voterai pour mais je dois reconnaître qu’il connaît bien la ville et qu’il a un vrai projet. C’est un bon candidat mais un extrémiste de gauche », lâche un élu LR du département.
De porte-à-porte en tractage en passant par les marchés, David Guiraud ne manque jamais de rentrer dans le très concret: repenser l’aménagement d’un couloir de bus, lancer une maison des devoirs dans une ville où le décrochage scolaire est important, rendre les cantines des écoles gratuites. Bref, de quoi battre en brèche l’étiquette de « parachuté » lors de son arrivée à Roubaix en 2021, quand il promettait ne pas être intéressé par la mairie.
Controverses et polémiques
Mais ce travail programmatique – près de 270 pages de propositions chiffrées – ne convainc pas le sénateur socialiste Patrick Kanner, patron de la fédération du Nord, et farouche contempteur de LFI.
« La question, ce n’est pas ce qu’il veut faire de Roubaix mais bien ce qu’il a dit après le 7-octobre », grince ainsi l’ancien ministre de François Hollande.
Les adversaires de David Guiraud manquent rarement d’évoquer ses déclarations polémiques. En janvier 2024, quelques mois après les attaques du Hamas contre Israël, le député avait fait référence dans un tweet aux « dragons célestes ».
Personnages du célèbre manga One Piece, ces derniers sont devenus une expression sur les réseaux sociaux pour publier des messages à caractère antisémite, tout en évitant d’être repéré par les outils de modération automatique,
L’élu insoumis avait finalement supprimé son tweet, assurant ne vouloir « heurter personne », assurant encore que les dragons célestes n’étaient « ni une religion ni une race ».
« Un candidat TikTok »
Une autre phrase a fait bondir une partie de l’écosystème politique local. Lors d’un meeting à Roubaix de Jean-Luc Mélenchon en janvier dernier, le tribun insoumis a commenté une phrase du candidat divers gauche, Karim Amrouni, qui disait préférer se « préoccuper de notre voisin que notre lointain ». « Ca me rappelle quelque chose » avait alors raillé Jean-Luc Mélenchon, citant le « fasciste Le Pen ». La phrase a choqué une partie de la gauche et la référence a été jugée délétère.
Le cofondateur du Front national avait lancé en 1996 lors d’un meeting dans la ville « On vous a rendu l’Algérie, rendez-nous Roubaix » alors que la commune compte une importante communauté algérienne.
Autre angle d’attaque utilisée cette fois-ci par le tout nouveau maire Alexandre Garcin (divers centre), devenu édile en décembre dernier après la condamnation définitive de son prédécesseur (LR) dans une affaire de fraude fiscale: son usage des réseaux sociaux.
« Il a une image de sniper de l’Assemblée nationale qu’il met en scène sur les réseaux. C’est un candidat TikTok. Est-ce vraiment ce que veulent les Roubaisiens? Je n’en suis pas sûr », raille le centriste Alexandre Garcin, tête de liste divers droite.
« Tout ça donne envie à nos électeurs de se mobiliser », veut croire son colistier et maire-adjoint. Pierre-François Lazzaro. Suffisant pour faire perdre David Guiraud? Rien n’est moins sûr. « Pas grand-monde ne me parle de ça sur le terrain », reconnaît d’ailleurs le candidat socialiste Medhi Chalat.
Vers une alliance entre socialistes et droite?
Selon un sondage Ifop pour La Voix du Nord paru en début de semaine, l’insoumis arriverait largement en tête au premier tour avec 44% des voix, largement devant la liste divers gauche de Karim Amrouni (23%) et du maire sortant (18%).
Au second tour, il est également donné largement gagnant dans tous les scénarios possibles. Ce sondage reste cependant à prendre avec précaution tant l’abstention à Roubaix est forte. En 2024, seulement la moitié des électeurs avaient pris la peine de se rendre aux urnes. Aux municipales de 2020, en pleine crise du Covid-19, l’abstention avait même dépassé les 77 %.
À droite, on veut encore croire en la défaite de David Guiraud en misant notamment sur l‘éventuelle fusion dans l’entre-deux-tours entre la liste divers gauche et la liste du maire sortant.
« On devrait à tout prix se rassembler de façon très large pour éviter la victoire d’un extrême », exhorte le sénateur centriste du Nord Olivier Henno.
« Moi, je n’y crois plus vraiment. On se bat trop tard et trop mal », juge, défaitiste, un élu LR du Nord.

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