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FRANCK FIFE via AFP
En pleine flambée du pétrole, pourquoi le gazole coûte plus cher que l’essence (image d’illustration)
La matière première est la même, mais les prix n’évoluent très différemment. La guerre au Moyen-Orient qui fait rage depuis le 28 février a provoqué une flambée des prix du pétrole et donc des tarifs à pompe. Mais cette hausse qui préoccupe les automobilistes n’a pas la même ampleur en fonction du type de carburant utilisé.
Habituellement moins cher que l’essence, le gazole la dépasse désormais dans la plupart des stations-service, comme le relève le site carbu.com qui calcule le prix moyen des carburants en France. D’après lui, le sans-plomb coûte entre 1,869 et 1,965 € le litre ce jeudi 12 mars, contre 2,046 € pour le gazole.
La différence est très marquée dans certains points de vente recensés sur le site prix-carburants.gouv. Ce jeudi à la station Leclerc d’Argentan (Orne), le gazole atteint les 2,095 € le litre, devant les sans-plomb à 1,872 et 1,833 €. Même constat au Carrefour de Béthisy-Saint-Pierre (Oise) où le gazole culmine à 2,118 € quand l’essence ne dépasse pas les 2 €.
La hausse plus marquée des tarifs du diesel a de quoi interroger. L’essence et lui sont tous les deux issus de la même matière première : le pétrole brut. Sachant que c’est l’explosion du prix du baril qui fait s’emballer le compteur à la pompe, les automobilistes auraient pu s’attendre à ce que les valeurs au litre évoluent de la même façon.
Une histoire d’importations et de techniques de raffinage
La première cause du contraste entre essence et gazole concerne la part des carburants importés dans la consommation totale. « Le raffinage en France fournit 100 % de la consommation hexagonale d’essence, mais seulement 50 % de la consommation de gazole », souligne Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip (Union des industries pétrolières) interrogée par Ouest-France. Sur les 50 % de gazole importés, 28 % viennent du Moyen-Orient.
Cette dépendance de la France aux exportations explique en partie la hausse des prix plus marquée pour l’essence. La situation de l’Europe n’est pas plus enviable puisque 40 % de sa consommation provient du Moyen-Orient. La « forte demande » dans le Vieux continent participe aussi de l’augmentation marquée du gazole, estime Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement cité par Le Parisien. L’offre est « contrainte en raison de la fermeture de certaines raffineries en Europe ces dernières années », souligne-t-il.
Au-delà des questions d’importation, le gazole est pénalisé par rapport à l’essence du fait de ses conditions de raffinage. Il requiert un « raffinage plus intensif » et « qui consomme plus d’hydrogène et d’énergie », souligne La Voix du Nord. La production de gazole est par ailleurs plus coûteuse en pétrole – avec un gallon produit par baril de brut contre deux gallons pour l’essence – ce qui pèse lourd dans un contexte de flambée des prix.
La dernière explication à la hausse plus marquée du gazole est fiscale, souligne RMC. Si la même TVA à 20 % s’applique à l’essence et au gazole, la première est légèrement plus taxée avec 0,68 euro d’accise prélevé par litre, contre 0,61 euro pour le gazole. « Ces 7 centimes de différence ont un véritable impact », assure la radio. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le fait d’être « moins taxé » pénalise le gazole dans cette période (cela lui permet d’ordinaire d’être moins cher) puisqu’il est « davantage corrélé au prix du baril ». L’augmentation de l’essence l’a donc frappé un peu plus durement.

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