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12 mars 2026Ils déclaraient “l’équivalent de 30 heures de travail quotidien, 360 jours par an” : un duo d’infirmiers soupçonné d’une escroquerie massive à l’assurance maladie estimée à 1,8 million d’euros
La fraude à l’Assurance maladie prend une ampleur inédite. Deux infirmiers sont accusés d’avoir détourné 1,8 million d’euros via des actes fictifs et des visites inventées. Le verdict tombera le 27 mai.
Près de 1,8 million d’euros de préjudice : c’est le montant astronomique qu’auraient détourné deux infirmiers libéraux de la Marne, selon la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Le duo était jugé mercredi 11 mars devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour une escroquerie qui aurait duré quatre ans, entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2023.
Derrière les apparences d’une activité débordante, les enquêteurs pensent avoir mis au jour une véritable usine à fausses facturations. L’infirmier, âgé de 39 ans, affichait un rythme d’activité tout simplement invraisemblable : jusqu’à 150 visites par jour, soit « l’équivalent de 30 heures de travail quotidien, 360 jours par an », relève France 3 Grand Est. Des chiffres qui ont fini par alerter la CPAM, constatant un volume « quatre à six fois supérieur » à celui de ses confrères du secteur.
Des actes inventés et des visites fantômes
Les manipulations étaient multiples : facturations doublées pour un seul passage, interventions fictives, soins et injections entièrement inventés. Parfois, les soignants se contentaient carrément de déposer les médicaments dans les boîtes aux lettres avant de facturer une visite complète.
Sa remplaçante, une infirmière de 44 ans, est poursuivie pour complicité, soupçonnée d’avoir cautionné ou participé à ces pratiques frauduleuses. Derrière ce système bien rôdé, le parquet voit une fraude massive soigneusement déguisée sous l’apparence d’une activité libérale exemplaire.
1,8 million d’euros de préjudice
Face à l’ampleur du préjudice, estimé à plus de 1,8 million d’euros, le ministère public a requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis, et l’interdiction d’exercer à l’encontre de l’infirmier principal. Le parquet demande également la confiscation des biens et comptes saisis, pour un montant estimé à 1,8 million d’euros.
Pour l’infirmière remplaçante, la peine requise s’élève à un an avec sursis et 100 000 euros d’amende. Le verdict sera rendu le 27 mai prochain.
Ce dossier illustre une tendance inquiétante : les fraudes à l’Assurance maladie se multiplient. En juillet 2024, une infirmière du Pas-de-Calais avait été mise en cause pour de fausses déclarations et l’exercice illégal de la médecine. Quelques mois plus tard, en décembre, trois soignantes de Roquebrune-Cap-Martin comparaissaient à leur tour pour plus d’un million d’euros de fausses facturations.

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