
Le temple du basket de Gravelines à nouveau touché par un incendie
12 mars 2026
une base italienne attaquée à Erbil (Irak)
12 mars 2026le corps du père Guégan retrouvé plus de deux ans après sa disparition, annonce l’évêque de Vannes
Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2024, le père Guégan avait quitté en voiture le couvent des dominicaines du Saint-Esprit, à Berné. L’ecclésiastique venait d’apprendre qu’il était visé par une plainte pour «attouchements sexuels».
Après l’attente, le dénouement. Plus de deux ans après la disparition mystérieuse du père Christophe Guégan, le corps du curé de Ploërmel a été retrouvé dans une rivière, a appris Le Figaro de l’évêché de Vannes, confirmant une information du Ploërmelais. Dans le Morbihan, la nouvelle est parvenue par un bulletin paroissial de l’évêque Mgr Centène adressé au clergé, ce 12 mars. «Ma première pensée va d’abord à sa famille et ses proches qui ont vécu 26 mois dans l’angoisse et le silence […] Je pense à vous, ses frères dans le ministère qui avaient été affectés dans cette disparition», note l’évêque dans ce document, en précisant que «les autorités judiciaires ont confirmé l’identité d’un corps retrouvé près de l’Ellé». Joint par Le Figaro, l’évêché de Vannes explique que la nouvelle leur est parvenue par la famille du père Guégan, elle-même prévenue par le parquet de Lorient.
Les circonstances exactes du décès de l’ecclésiastique – que ses paroissiens décrivaient comme un homme jovial et surmené – doivent encore être confirmées par la justice, dont l’enquête, ouverte pour «disparition inquiétante», a toujours privilégié la thèse du suicide. Contacté, le parquet de Lorient n’a, pour l’heure, pas répondu aux sollicitations du Figaro.
Dans la nuit du 17 au 18 janvier, le prêtre de 56 ans, avait quitté au volant de sa voiture le couvent des dominicaines du Saint-Esprit, à Berné, où il devait célébrer l’office tôt le lendemain. Puis il s’était volatilisé. Les investigations avaient ensuite permis de comprendre que le père Guégan avait emprunté la petite route qui s’enfonce jusqu’aux Roches du Diable, à Guilligomarc’h. Le site, très escarpé, donne sur l’Ellé, une rivière à la lisière entre Morbihan et Finistère. L’hiver, elle devient un dangereux torrent. Là, le père Guégan avait ensuite garé sa voiture sur le parking, y abandonnant son téléphone, puis descendu les marches boueuses qui mènent à la rivière. Le lendemain, l’alerte donnée par les Dominicaines du Saint-Esprit avait conduit la brigade de gendarmerie du Faouët jusqu’au lit de l’Ellé où, sur un gros rocher moussu, juste au-dessus des rapides, les chiens avaient retrouvé la dernière trace du père.
Rozenn Morgat / Le Figaro
Plainte pour «attouchements sexuels»
Lorsqu’il a subitement disparu, celui qui avait laissé dans sa paroisse de Saint-Armel le souvenir d’un «saint homme», venait d’apprendre qu’il était visé par une plainte pour «attouchements sexuels». Cette plainte, déposée à Lyon, avait été précédée d’un premier signalement à Paris pour les mêmes faits, qui se seraient déroulés sur une seule et même victime mineure, puis tout juste majeure, au début des années 2010, dans le pays d’Auray. À cette époque, le père Christophe Guégan dirigeait le foyer Jean-Paul II, un internat de garçons dédié aux vocations dans l’Église, à Sainte-Anne-d’Auray, dans le Morbihan.
Pendant deux ans, dans l’Ellé et les bâtis en aval de la rivière, jusqu’à Quimperlé, d’importantes fouilles ont été menées par les enquêteurs, avec l’appui des membres de l’association de kayak de Quimperlé. Celles-ci étaient restées infructueuses. Au cours des mois suivants, des corps ont été retrouvés dans les trous d’eau formés par les courants, mais pas celui du père Guégan, ce qui avait alimenté toutes sortes de rumeurs, et fait gonfler la contre hypothèse d’une disparition volontaire du curé. Ses obsèques seront célébrées mercredi 18 mars à la basilique de Sainte-Anne-d’Auray.

9999999
